Mécanismes

bebe-rat.jpg On distingue habituellement l’état de sommeil de celui de l’éveil par des critères électro-encéphalographiques tout à fait spécifiques. Chez les individus somnolents on a pu décrire des moments de « micro-sommeil » où la personne peut sombrer en stade 1 ou 2 de quelques secondes à quelques minutes.

 

Avec les travaux de l’équipe de Guilio Tononi  de l'Université Wisconsin-Madison,  qui ont étudié les effets de la privation de sommeil chez le rat, on découvre que les neurones ont la capacité de se déconnecter quelques fractions de secondes  pour récupérer. Lors de ces « siestes » neuronales  l’activité des cellules ressemble à celle enregistrée dans la phase de sommeil lent. Pourtant les rats étaient par ailleurs « bien réveillés » et continuaient à avoir une activité globale importante.


Ce travail montre pour la première fois que chez les mammifères le cerveau dispose de moyens pour récupérer sans pour autant sombrer dans le sommeil.


La question qui se pose, bien évidemment, est savoir si lorsque que ces neurones se déconnectent les performances de l’animal ou de l’individu diminuent. 

 

Local sleep in awake rats - Vladyslav V. Vyazovskiy, Umberto Olcese, Erin C. Hanlon, Yuval Nir, Chiara Cirelli & Giulio Tononi. Nature 472, 443–447, (28 April 2011)

 

 

 

 

Lundi 16 mai 2011 1 16 /05 /Mai /2011 11:07
- Par S Royant-Parola - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

 

La lumière est fondamentale dans la régularisation de nos rythmes biologiques et donc de notre sommeil.  C’est la lumière naturelle apportée par le soleil qui, en agissant sur la rétine,  nous donne une information sur le « temps qu’il est »  permettant aux rythmes de notre corps de se synchroniser avec les rythmes de la vie qui nous entourent. 


Un meilleur sommeil est favorisé par des rythmes de coucher et de lever régulier. De cette manière, nos horloges internes peuvent anticiper la survenue du sommeil et le système de régulation physiologique des mécanismes du sommeil fonctionne d’une manière plus fluide.

 

L’électricité et la découverte des systèmes d’éclairage par des lumières artificielles sont venues chambouler nos rythmes de vie réglés par l’alternance naturelle des jours et des nuits.

Non-LED.jpgAvec l’arrivée des écrans, et particulièrement des écrans d’ordinateurs,  un pas de plus  a été franchi dans l’ interaction entre les systèmes lumineux et nos rythmes biologiques.  On a pu constater que le sommeil des personnes utilisant des écrans le soir se modifie avec un retard progressif des horaires de sommeil.


Un laboratoire de  recherche suisse qui travaille depuis plus de 30 ans sur les rythmes biologiques  vient de publier 2 articles scientifiques qui nous permettent de mieux comprendre les effets de la lumière artificielle sur nos rythmes.


Cet effet se joue via la suppression de la sécrétion de la mélatonine.  Il est  maximum pour des longueurs d’onde lumineuse de 460nm, c’est à dire dans le spectre de la lumière bleue. La lumière augmente le niveau d’éveil et les performances, la mémorisation. Pour toutes ces fonctions la lumière bleue est toujours plus efficace que la lumière verte  ou la lumière violette. La température de la lumière intervient aussi. On distingue des lumières « chaudes » ou des lumières « froides ».  Ces dernières même pour une intensité lumineuse faible (40 lux  qui arrive à la rétine, ce qui correspond à l’éclairage standard d’une pièce) ont un effet bloquant plus marqué sur la mélatonine, augment plus la vigilance et donnent un confort visuel plus important que les lampes plus « chaudes ».

Sachant qu’actuellement de plus en plus de personnes passent du temps sur des écrans, il est tout à fait fondamental de savoir quel est le type de lumière délivrée, avec  quelles conséquences sur l’organisme.

 

L’équipe de chercheurs suisses a comparé les effets d’un écran d’ordinateur équipé d’un éclairage par diodes (LED : technologie de plus en plus fréquemment proposée pour éclairer les écrans) à ceux  d’un écran non LED. Il s’avère que ces écrans LED ont une longueur d’onde autour de 460 nm, c’est à dire dans le spectre des bleus. Les sujets de l’expérience, des hommes de 19 à 35 ans sont restés à 60 cm d’écrans de 24’’ pendant 5 heures le soir. hp-LED.jpgIls n’avaient pas d’activité sur l’ordinateur mais devaient répondre à des tests de vigilance et d’attention entrecoupés par des périodes de pause et de détente (dont une vidéo relaxante de 20 mn). Chaque sujet  refaisait la même expérience mais sur l’autre écran une semaine plus tard.  Pour ceux qui sont soumis aux écrans LED, il y a une franche suppression de la mélatonine, une diminution des indicateurs de la somnolence et globalement une augmentation de l’attention et des performances lors des tests pratiqués.

 

Ces études confirment que la lumière, et plus spécifiquement la lumière bleue, froide, a un rôle tout à fait intéressant pour maintenir l’attention en conditions monotones. Cet effet souligne l’importance de l’éclairage pour améliorer les performances lors de certaines tâches professionnelles, ou en conditions de travail posté.  En revanche ces résultats renforcent la nécessité d’informer sur les risques pour le sommeil et la santé de l’utilisation des écrans  le soir (insomnie, dépression, troubles métaboliques). En particulier la population la plus à risque est celle des adolescents qui multiplient les loisirs (internet, console, vidéos) ou le travail, sur ordinateur ou console le soir. Les jeunes ont déjà une propension biologique à retarder leurs rythmes et  avec ces nouvelles interfaces le décalage de phase risque d’être encore majoré.

hp-LED

 

1- Evening exposure to a light emitting diodes (LED)-backlit computer screen affects circadian physiology and cognitive performance. - Cajochen C, Frey S, Anders D, Späti J, Bues M, Pross A, Mager R, Wirz-Justice A, Stefani O - J Appl Physiol. 2011 Mar 17 

 

2- Non-Visual Effects of Light on Melatonin, Alertness and Cognitive Performance: Can Blue-Enriched Light Keep Us Alert? Sarah Laxhmi Chellappa, Roland Steiner, Peter Blattner, Peter Oelhafen, Thomas Go¨ tz, Christian Cajochen

 

 

Dimanche 3 avril 2011 7 03 /04 /Avr /2011 17:10
- Par S Royant-Parola - Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires

 

Conférence dans le cadre du Forum Universitaire de l’Ouest Parisien

Du 25 novembre 2011

Espace Landowski, Boulogne


 

Mercredi 26 janvier 2011 3 26 /01 /Jan /2011 23:56
- Par Sylvie royant-Parola - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

heismanhamster.jpg 4 fois par semaines pendant 4 semaines les chercheurs de Berkeley ont soumis des hamsters (précisément des femelles hamsters) a un décalage de 6 h, soit l’équivalent  d’ un vol Paris –New York. Les 2 dernières semaines, et un mois après la fin du décalage ils ont mesuré les performances du hamster par des tests d’apprentissage et de mémoire.

 

Pendant la période de décalage, les hamsters ont plus de difficultés que le groupe contrôle à apprendre des tâches simples. Ce qui est plus surprenant est que ce trouble persiste alors que les hamsters, un mois plus tard, sont revenus à un rythme normal.

 

Visiblement c’est dans l’hippocampe (une petite zone du cerveau en rapport avec la mémoire) que ça se passe mal. Le jet lag entraine une diminution du nombre de nouveaux neurones créés normalement par l’apprentissage. Il y a un trouble de la maturation de ces neurones.

 

D’où les interrogations… Les travailleurs de nuits, les personnes qui travaillent en 3x8, le personnel naviguant qui sont soumis à des décalages de phase répétés réagissent-ils comme les petits hamsters ? On connaît les perturbation des performances et de la mémoire concomitante du jet-lag, mais si ces troubles persistent au delà, il faudrait savoir pendant combien de temps, et si c’est un facteur qui pourrait faciliter l’apparition de troubles  chroniques de la mémoire.

 

Le jet- lag n’est donc pas anodin…    

 

Source:

 

Dimanche 19 décembre 2010 7 19 /12 /Déc /2010 23:49
- Par S. Royant-Parola - Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires

 

cafe.jpgLe titre parait un peu provocateur pour un blog qui parle du sommeil et qui prodigue des conseils pour mieux dormir, mais des études montrent qu'il augmentent les performances chez les personnes âgées. La newsletter de l'actualité scientifique sur le café fait un point intéressant que je vous transmets:


Pour la majorité des individus, les effets stimulants de la caféine sont indépendants de l'âge et concernent l'attention, l'apprentissage, la mémoire.

Toutefois, les sujets âgés sont souvent plus sensibles aux effets de la caféine que les sujets jeunes, en particulier dans le maintien de la performance sur la durée (1,2). Une étude comparant des sujets jeunes (18-37 ans) et âgés (60-75 ans) recevant 225 mg de caféine, soit l'équivalent de 2 grandes tasses de café montre que la caféine améliore la performance dans les tâches simples chez le sujet jeune et, à l'inverse, dans le traitement des tâches complexes nécessitant une attention soutenue chez le sujet âgé (tâches souvent plus perturbées dans cette population).

Ces résultats confirment l'hypothèse selon laquelle la caféine permettrait d'augmenter les ressources disponibles chez les sujets âgés (3).


1. Swift CG, Tiplady B. The effects of age on the response to caffeine. Psychopharmacology 1988 ; 94 : 29-31.
2. Rees K, et al. The influences of age and caffeine on psychomotor and cognitive function. Psychopharmacology 1999 ; 145 : 181-8.
3. Lorist MM, et al. Aging, caffeine, and information processing: an event-related potential analysis. EEG Clin Neurophysiol 1995 ; 96 : 453-67.

Lundi 12 juillet 2010 1 12 /07 /Juil /2010 19:19
- Par S. Royant-Parola - Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires

Vous avez un syndrome d'apnées,  votre ami(e) s'arrête de respirer, vous avez pris du poids et vous ronflez d'une manière importante,  vous êtes fatigué(e) dès le réveil sans cause évidente et sans dépression associée?


En 5mn 44s le professeur Patrick levy vous parle du dépistage du syndrome d'apnées:

 

Cliquez ici

 

 

 

Mercredi 28 avril 2010 3 28 /04 /Avr /2010 17:47
- Par Morphee - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

 

La somniloquie est le fait de parler au cours de son sommeil. C’est un parasomnie.

 

Selon les études épidémiologiques elle survient chez 5 à 18 % de la population. Elle existe souvent depuis dès l’enfance. Elle est favorisée par la fièvre, le stress , les changements de lieu ou d’habitudes. Le dormeur n’a pas conscience qu’il parle et n’en a pas souvenir le matin au réveil. Néanmoins, l’épisode peut être provoqué  par une conversation avec le dormeur. La somniloquie survient dans n’importe quel stade de sommeil, habituellement au cours du sommeil lent léger et parfois au cours du sommeil paradoxal ou du sommeil lent profond. Le contenu des épisodes survenant en sommeil lent est en relation avec des événements de la vie quotidienne, alors que ceux qui surviennent en sommeil paradoxal ont un lien direct avec le contenu du rêve en cours.

 

Le mécanisme de mise en jeu de la somniloquie est d’ailleurs différent selon le stade de sommeil au cours duquel elle survient. D’après le Dr Hélène Bastuji *, « au cours du sommeil lent, il s’agit d’un éveil incomplet avec possibilité d’une certaine interaction avec l’environnement, mais conscience et mémorisation font défaut » alors que  « la parole émise au cours du sommeil paradoxal survient en raison d’un défaut de maintien du système de paralysie et les propos sont en relation directe avec le contenu onirique ».

 

Ce qui veut dire qu’on ne maîtrise pas ses propos au cours de son sommeil, ce qui peut engendrer des situations gênantes comme celle que m’a rapporté un des mes patients qui, au cours de son sommeil,  a décrit par le menu sa liaison avec son ancienne secrétaire. Le matin sa femme lui a demandé des explications et il s’est trouvé bien ennuyé et tout contrit de revenir sur une histoire vielle de 30 ans.



Un exemple de somniloquie:

L'élocution est par moment un peu ralentie et pâteuse mais les mots sont bien compréhensibles (en anglais!)

 

 

* Les comportements moteurs complexes au cours du sommeil
Annales Médico-psychologiques, revue psychiatrique, Volume 163, Issue 2, March 2005, Pages 196-201
H. Bastuji

Dimanche 11 avril 2010 7 11 /04 /Avr /2010 09:27
- Par S.Royant-Parola - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Fatigué en hiver, sommeil un peu plus long (on dort en moyenne 1/2h à 1h de plus les mois d'hiver),  ne seriez-vous pas en train d'hiberner, enfin d'hiverner, comme l'ours polaire?

Un chercheur toulousain Christian Bourbon, médecin spécialiste du sommeil au CHU de Toulouse soutient cette hypothèse.

L’explorateur Stéphane Lévin s’est prêté à cette étonnante expérience : muni de capteurs avant et après son expédition, il a dû passer 5 mois en Arctique  seul, dans l’obscurité, trois mois et demi sans soleil à des températures de -40°C.

Les données récoltées lors de cette expéditions montrent, plus encore que le facteur solaire, que la température ambiante agit sur notre sommeil. "Elle est capable de déclencher une réponse conduisant à des nuits de seize à dix-huit heures de sommeil et à une augmentation de 75 % de la somnolence pendant la journée" explique Christian Bourbon. Comme l’ours polaire, pendant l’hibernation, Stéphane Lévin alterne de nombreuses phases d’éveil et de sommeil.

Source l'article de Maxiscience

Déjà en 1931,  Le professeur Jean Lhermitte rapportait dans son petit ouvrage « Le sommeil » une observation faite par un médecin russe le Dr Volkov qui décrivait le sommeil hibernal des paysans russes où pendant 4 à 5 mois lors de l’hiver le plus rude,  le paysan et sa famille se mettaient « en couchée ». « La maison est  plongée dans l’obscurité et le silence… Le sommeil ne s’interrompt que pour des motifs impérieux ; aussitôt que les dormants ont satisfait  à leurs besoins les plus immédiats, tout se replonge dans un silence de mort ».

 

Ce comportement a été également rapporté dans d’autres régions polaires, où les habitants n’avaient guère le choix pour survivre. Ainsi ils  essayaient de tromper leur faim et d' éviter de souffrir du froid.  Il est bien évident qu’on s’éloigne du sommeil normal pour se rapprocher du sommeil hibernal de l’ours qui se met en situation d’économie pour survivre au manque de nourriture lié à la saison hivernale.

Ce qui confirme l’adage « qui dort dîne ». (nb: en fait cette adage n'a rien à voir... C'était l'obligation faite aux clients des auberges de prendre un repas s'ils souhaitaient dormir sur place 

 

Lundi 30 novembre 2009 1 30 /11 /Nov /2009 06:26
- Par S.Royant-Parola - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires


Ted Abel et ses collègues du Département de biologie de l'Université de Pennsylvanie à Philadelphie ont identifié une enzyme impliquée dans les troubles cognitifs dus à la privation de sommeil...

Lire la suite sur Pour la Science.fr



Mardi 24 novembre 2009 2 24 /11 /Nov /2009 08:49
- Par Morphee - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires


La Télévision Suisse Romande (TSR) vient de mettre en ligne un reportage sur la Chronobiologie auquel plusieurs équipes françaises ont participé.

L’étude du Département de Chronobiologie de l’Inserm a été choisie pour évoquer l’importance de la lumière dans la synchronisation de l’horloge biologique chez l’Homme, celle de Laure Pain (Inserm Strasbourg) pour décrire les effets de l’anesthésie sur l’horloge, et celle de Francis Levi (Inserm Paris) pour la chronothérapie du cancer.

Le reportage a été tourné en mai, monté au cours de l’été et diffusé le 30 septembre 2009 dans le cadre de l’émission scientifique 36.8° de la TSR, il est maintenant accessible en ligne avec le lien suivant (la partie chronobiologie démarre à 14:45):


 


Il faut remercier tous les acteurs de la recherche : infirmières, médecins, chercheurs – et surtout, tous les participants et participantes avec qui nous avons eu la joie de partager nos nuits biologiques (les études avaient lieu de nuit) !

 


Dr Claude Gronfier

Vendredi 9 octobre 2009 5 09 /10 /Oct /2009 13:16
- Par Dr Claude Gronfier - Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
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