Chaque cycle de sommeil, d’une durée d’environ 90 minutes, comprend 5 phases. La dernière, le sommeil paradoxal, est caractérisée par un relâchement musculaire
total mais une activité cérébrale très intense.
C’est la phase où nous rêvons, et elle est primordiale pour la mémoire mais elle reste encore très mystérieuse.
On sait qu’elle prend naissance dans la partie la plus ancienne du cerveau, le tronc cérébral. C’est dans une région restreinte de ce tronc cérébral qu’une
chercheuse de l’équipe de Pierre-Hervé Luppi (CNRS, Université Claude-Bernard Lyon 1), Emilie Sapin, vient de localiser précisément une population importante de neurones GABAergiques qui
sont susceptibles de déclencher le sommeil paradoxal ou de l’empêcher d’apparaître.
Ces travaux pourraient aider à mieux comprendre les épisodes de chute brutale du tonus musculaire (cataplexie) qui se produisent chez certains patients atteints de
narcolepsie.
Source: un lien génétique entre horloge biologique et risque de diabète 7 déc. 2008 PARIS (AFP)
Une connexion entre l'horloge biologique, par l'intermédiaire de la mélatonine, une hormone qui intervient dans le rythme éveil/sommeil, et une
augmentation du risque de diabète a été mise en évidence grâce à l'étude génétique de 23.000 personnes d'origines française, danoise et finlandaise.
Ces travaux, conduits par le professeur Philippe Froguel de l'Institut Pasteur de Lille (CNRS, France) et de l'Imperial College London en collaboration avec des
collègues danois et finlandais, sont publiés par la revue spécialisée Nature Genetics. Ces résultats sont confirmés par deux autres études paraissant simultanément.
Les mutations (anomalies) du gène produisant le "récepteur MT2" à la mélatonine -une molécule située à la surface des cellules sur laquelle l'hormone vient se fixer
pour agir- entraînent l'élévation du sucre dans le sang et augmentent le risque de développer la forme la plus fréquente de diabète, le diabète de type 2. Le risque peut être augmenté jusqu'à
20%, indique à l'AFP le Pr Froguel. La mélatonine est principalement sécrétée par une glande du cerveau, la glande pinéale, en fonction de perceptions de la rétine (lumière ou obscurité). La
molécule-récepteur MT2 est présente dans la rétine, dans le nerf optique, dans le cerveau, ainsi que dans les cellules du pancréas qui sécrètent l'insuline. L'insuline diminue le niveau de sucre
sanguin. Dans le diabète, sa fabrication est défaillante.
Les rythmes biologiques ont une influence sur la durée et la qualité du sommeil, l'humeur et le métabolisme. Les mutations observées s'accompagnent de
perturbations des rythmes biologiques sur les 24 heures ("rythmes circadiens"), entraînant une production anormale de l'insuline. Ces perturbations sont également associées à
l'obésité. "Un mauvais sommeil favorise l'obésité et l'on observe que des patients sont déprimés avant même l'apparition du diabète", relève le chercheur. Cependant, le lien
moléculaire entre toutes ces pathologies était jusque là inconnu, ajoute-t-il.
Cette découverte sur le rôle de la mélatonine éclaire les relations entre diabète et dépression et pourrait contribuer à mieux traiter ces maladies chroniques qui
affectent des millions de personnes en France, selon les chercheurs. Les récepteurs à la mélatonine sont d'ailleurs la cible d'un nouveau médicament anti-dépresseur, l'agomélatine (nom commercial
Valdoxan/Thymanax des laboratoires Servier et Novartis) qui devrait être bientôt commercialisé en Europe, notent-il par ailleurs.
Avez-vous déjà observé un nouveau né en train de dormir ? Comme vous l’aurez remarqué «dormir comme un bébé» est une expression assez fausse. Un bébé bouge,
fait des petits bruits, suçote, s’étire, fait des mouvements brusques…
Mais au fait, dort-il ?
Sur cette vidéo avec le Dr Marie-Jo Challamel, découvrons ce qui se passe dans son sommeil.
Beaucoup d’études ont été menées sur l’impact négatif de la télévision lorsqu’elle est regardée trop tard le soir. Quand on regarde la télévision au moins 3 heures
par jour vers 14 ou 16 ans, on risque d’avoir des troubles du sommeil dans les années qui suivent, vers 22 ans en moyenne. Cela peut être une difficulté à s’endormir, une angoisse liée au
sommeil. Par conséquent, le temps de sommeil diminue et les résultats scolaires sont de moins en moins bons. Si on diminue le temps devant la télévision à 1 heure ou moins, le risque de troubles
du sommeil se réduit.
Une autre enquête réalisée par un institut de sondage sur 2546 garçons et filles de 13 à 16 ans, montre que les jeunes qui ont une télévision dans leur chambre (50%
des jeunes aux USA), vont se coucher plus tard le week-end ou quand ils vont à l’école. L’enquête précise aussi que plus le temps passé devant la télévision est élevé, plus le niveau d’étude est
faible.
Enfin, les enfants qui ont la télévision dans leur chambre courent un risque plus élevé de troubles du sommeil, d’excès de poids ou d’obésité. Ils peuvent aussi se
comporter agressivement dans la journée.
Les mêmes effets sont constatés avec les jeux vidéo ou quand on surfe sur Internet. On passe logiquement moins de temps au lit et de sérieuses dettes de sommeil
apparaissent. Il en va de même avec les téléphones portables. Trop utiliser ces technologies réduit le temps de sommeil, on est donc plus fatigué, plus somnolent dans la journée.
Source le DVDSOMMEIL
La consommation de cannabis a fortement augmenté ces dix dernières années, tout particulièrement dans la population jeune et masculine, et ce à tous les stades de
la consommation, de l'expérimentation à l'usage répété et régulier.
Selon les estimations de l'OFDT (Observatoire français des drogues et de la toxicomanie), il y a en France, 850 000 consommateurs réguliers de cannabis dont 450000
consommateurs quotidiens âgés de plus de 12 ans.
Une étude récente permet de mieux comprendre le piège que constitue la prise régulière de cette drogue. On sait que l’administration d’une forte dose d’extrait de
marijuana diminue le sommeil paradoxal et augmente le sommeil profond. Cet effet à donc pour conséquence de donner au consommateur la sensation d’un sommeil plus profond et plus reposant,
d’autant plus que le cannabis a également des propriétés anxiolytiques.
Le but de l’étude de Bolla and coll a été de voir si l’arrêt d’une prise importante de marijuana entrainait des troubles du sommeil objectifs en comparant
17 fumeurs (depuis plus de 2 ans et ayant fumer 5 fois par semaine au cours des 3 derniers mois) à 14 non fumeurs.
Les fumeurs qui arrêtent ont un temps de sommeil plus court, moins de sommeil lent profond, une efficacité de leur sommeil moins bonne, avec plus
de mouvements périodiques que les contrôles. A l’arrêt du cannabis, il y a donc comme avec les benzodiazépines un
syndrome de sevrage qui contribue à entretenir la consommation dans un cercle vicieux assez identique à celui des hypnotiques.
Il est donc primordial d’aider les gros consommateurs de cannabis à mieux dormir au moment du sevrage sous peine de les voir retomber rapidement dans leur
consommation.
Sleep Disturbance in Heavy
Marijuana Users
Karen I. Bolla ; Suzanne R. Lesage; Charlene E. Gamaldo; David N. Neubauer; Frank R. Funderburk; Jean Lud Cadet; Paula M. David ; Antonio Verdejo-Garcia; Amy R. Benbrook.
SLEEP, Vol. 31, No. 6, 2008
Enfin des week-ends longs, disent certains. Alors progrès ou catastrophe annoncée ? Décriée par les chronobiologistes, la généralisation
de ce rythme scolaire depuis la rentrée a relancé la polémique.
Le Pr François Testu a fait une mise au point que nous citons ici pour préciser la problématique selon les chercheurs.
« En matière d’aménagement du temps scolaire il n’existe pas de solution idéale, il s'agit seulement de trouver le moins mauvais des compromis entre la satisfaction des intérêts
des élèves et la réponse aux besoins des adultes, tout en sachant que l'élève constitue un tout, qu'il ne s'arrête pas de vivre une fois franchi le seuil de l'école, qu'il est le fils ou la fille
de ses parents, qu'il est le membre d'une association, l'équipier, le copain et qu'il a besoin de quelques moments de liberté. Le compromis ne peut être recherché qu'en associant tous les
partenaires concernés par l'éducation des jeunes. Encore faut-il connaître ce que sont les rythmes de vie des enfants et des adultes et quelles sont les conséquences de tel ou tel
aménagement sur le développement de l’enfant, sur les comportements des jeunes dans et en dehors de l’école.
Grâce aux travaux de chronopsychologie menés en milieu scolaire il est possible aujourd’hui de considérer que les variations journalières de la vigilance et des performances
intellectuelles se manifestent tant au plan quantitatif qu'au plan qualitatif. En effet, non seulement les scores bruts aux tests, mais également les stratégies de traitement de l'information
fluctuent au cours de la journée.
La fluctuation journalière que nous qualifions de « classique » est généralement la suivante: le niveau de vigilance et les performances psychotechniques progressent du début jusqu'à la fin de la
matinée scolaire, s'abaissent après le déjeuner, puis progressent à nouveau au cours de l'après-midi scolaire Il existe deux moments reconnus comme "difficiles": les débuts de matinée et
d'après-midi. Il est à noter que les moments reconnus comme difficiles au plan biologique sont les mêmes que ceux mis en évidence au plan psychologique.
Il semble que nous puissions considérer la présence de cette variation journalière caractéristique comme le témoignage d'une adéquation entre les emplois du temps scolaires journaliers et
hebdomadaires et les rythmes de vie des enfants.
En revanche, cet équilibre n'existe plus lorsque la vie scolaire ne comprend que 4 jours (les lundi, mardi, jeudi et vendredi) sans accompagnement péri et extrascolaire:. Dans ce cas, la
rythmicité journalière classique disparaît pour laisser place à une rythmicité inversée accompagnée d'une baisse du niveau de performances. »
En fait il est important que l’enfant ne soit pas soumis à des ruptures de rythme et à des couchers tardifs lorsqu’il n’a pas d’école le lendemain. Hélas tous les travaux de ces 10
dernières années montrent que l’enfant qui n’a pas d’école le lendemain se couche de plus en plus tard, au détriment de sa durée de sommeil. S’il se décale le matin pour rattraper le temps de
sommeil, il aura du mal à s’endormir tôt particulièrement le dimanche soir d’où une fatigue qui commencera dès le début de la semaine…
Les parents doivent donc veiller à ce que l’enfant ne se couche pas systématiquement tard lorsqu’il n’a pas cours le lendemain, et qu’il ait des occupations les matins où il n’a pas
d’école pour rester proche du même rythme tous les jours.
Différentes études ont impliqué la durée habituelle du sommeil comme étant un facteur de risque de mortalité et de
morbidité. En particulier un lien a été souligné entre une durée courte de sommeil et l’obésité. Ces études ont suscité un large engouement de la part des médias alimentant
l’idée très porteuse que l’épidémie d’obésité avait quelque chose à voir avec la restriction de sommeil observée depuis une vingtaine d’années. D’où la recommandation de certains de dormir plus
pour contrôler l'obésité.
Dans la revue Sleep Medecine Reviews du mois d’aout une discussion passionnée entre spécialistes est lancée suite à un
article de N. Marshall et coll.
Ils ont effectué une revue critique de la littérature disponible dans le monde entier décrivant la relation entre la
durée habituelle du sommeil et l'obésité dans des populations adultes et enfants, en mettant l'accent sur des études longitudinales et sur celles disposant de mesures objectives de la durée
habituelle du sommeil.
Les données existantes donnent des résultats assez disparates. Une seule étude a objectivement mesurée la durée du sommeil
sur 24 h. On retrouve en effet souvent une association entre une courte durée du sommeil avec l’index de masse corporelle. Toutefois, certaines de ces études ont également montré qu’une
longue durée de sommeil est également associée à l'obésité. En revanche, d'autres études ne montrent pas d’association, ni à une courte, ni à une longue durée de sommeil pour l'obésité.
Dans la population pédiatrique, le fait de dormir peu semble plus clairement associé à l'obésité. Il n’y a pas d'études internationales où la durée du sommeil a été modifiée afin de
prévenir ou de traiter l'obésité.
Cette équipe prend donc le contre pied du discours ambiant avec des arguments solides pour défendre l’idée que nos
connaissances ne sont pas encore assez bien établies pour donner des conseils de santé publique sur la durée du sommeil pour contrebalancer l'obésité. Nous avons encore besoin d’études pour en
arriver à de telles affirmations.
Pour être pragmatique, dormons ce qu’il nous faut, pas plus, pas moins,
et il y a des chances que ce soit la bonne durée.
Is sleep duration related to obesity? A critical review of the epidemiological evidence.
Nathaniel S. Marshalla, Nick Glozier, Ronald R. Grunsteina.
Sleep Medicine Reviews (2008) 12, 289–298
S’endormir le soir obéit à une régulation interne de nos rythmes biologiques qui ne dépend pas que de notre environnement comme l’ont
montré les expériences d’isolement temporel menées aux USA, en Allemagne, ou par Michel Siffre dans le fond de sa grotte en France. Il existe une horloge interne qui régule l’organisation de nos rythmes, le noyau supra-chiasmatique, petit groupe des cellules profondément
enfouie dans le cerveau, au niveau de l’hypothalamus.
Pour un individu donné l’endormissement et le réveil se font à peu près toujours à la même heure, dans la mesure où la personne est dans un système qui n’est pas trop éloigné de son rythme
propre. Ainsi il existe des sujets du matin « couche-tôt » et « lève-tôt », et des sujets du soir « couche-tard » et « lève-tard ». Le chronotype dépend de
gènes qui régulent la période endogène, mais aussi de facteurs environnementaux en particulier, sociaux, de l’âge et probablement de facteurs psychologiques. Curieusement notre
horloge biologique n’est pas strictement réglée sur 24 heures. Elle a une période légèrement supérieure, en moyenne de 24 heures et 10 minutes. Ceci a pour corolaire l’obligation pour tout
individu de se remettre à l’heure tous les jours, sous peine de voir son sommeil se décaler.
Alors qu’une protéine essentielle à la régulation des rythmes circadiens, CLOCK, avait
été identifiée en 2006, Paolo Sassone-Corsi et coll. dans un article tout récent de la revue «Cell» vient de montrer qu’elle agit en harmonie avec une autre
protéine, SIRT1.
Ainsi l’activité de la protéine CLOCK, indispensable aux rythmes circadiens est largement modulée
par celle de cette autre protéine SIRT1. De leur équilibre dépend, en partie, l’harmonie métabolique. SIRT1 régule la quantité d’énergie utilisée par la
cellule. En cas de rupture d’équilibre entre CLOCK et SIRT1, le fonctionnement cellulaire normal est altéré. C’est ainsi qu’une modification dans les rythmes de sommeil ou alimentaires
peut se traduire directement en changements du métabolisme cellulaire.
L’étude américaine suggère que des rythmes de sommeil et alimentaire naturels peuvent soit maintenir, soit restaurer l’équilibre
entre CLOCK et SIRT1. Elle explique aussi pourquoi des modifications du rythme veille-sommeil peuvent majorer l’appétit et, par voie de conséquence, conduire à
l’obésité, voire accélérer le processus de vieillissement. Poussant le raisonnement plus loin, l’équipe pense que la connaissance du lien entre les deux protéines pourrait aboutir à la
mise au point de traitements d’affections métaboliques telles que le diabète ou l’obésité.
Un étude qui alimente les conseils qu’on préconise dans la prise en charge des troubles du sommeil : un rythme de
sommeil régulier, avec un renforcement de synchroniseurs le matin en favorisant l’exposition à la lumière et l’exercice physique.
Yasukazu Nakahata, Milota Kaluzova, Benedetto Grimaldi, Saurabh Sahar,Jun Hirayama, Danica Chen, Leonard P. Guarente, and Paolo Sassone-Corsi. The NAD+-Dependent Deacetylase SIRT1 Modulates
CLOCK-Mediated Chromatin Remodeling and Circadian Control. Cell, Vol 134, 329-340, 25 July 2008
Par
le Docteur Eric
Mullens
Bien mieux qu'un long discours, un diaporama...
Pour faire avancer les diapos, cliquer sur la souris ou servez-vous des flèches. Il y a de petits problèmes de cadrage...
Bonne découverte, et attention! Pas d'abus ;o)
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