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Contes à dormir debout

 

 

 

Et voilà le premier dessin reçu dans le cadre de notre appel C'est une petite fée aux doigts magiques, Fée Dragée qui l'a composé.

Et vous? Etes-vous prêt à envoyer le vôtre?

 

 Dessine - moi le sommeil

 

 

Mercredi 7 mars 2007 3 07 /03 /Mars /2007 22:21
- Par Kant - Ecrire un commentaire - Voir les 8 commentaires
Le témoignage d'un patient

 

C'était il y a une quinzaine d'années. Parce que depuis pas mal de temps je savais que je m'arrêtais de respirer lorsque je dormais - du moins, on me l'avait dit -, parce qu'au lever j'avais l'impression d'être plus fatigué qu'au coucher et que cela empirait, parce que des envies pressantes entrecoupaient ce sommeil non réparateur, parce qu'à force d'écouter ou de lire des infos sur ce sujet j'avais fini par comprendre, j'ai téléphoné à un centre du sommeil, à Clamart en l'occurrence.

J'ai donc demandé la marche à suivre par un supposé apnéiste en chambre. Un questionnaire en retour, puis une convocation dans la foulée. Une décision tout aussi rapide du spécialiste de me prescrire et de m'équiper d'une CPAP, de quoi assurer « une ventilation spontanée en pression positive continue ». Sur place, sur le champ. Là, j'avoue que, même préparé, je me suis trouvé un temps désemparé. Il fallait se faire à l'idée désagréable de passer une partie de vie connecté à une machine.

« SAS », royal comme appellation. Son Apnée Sérénissime ? Non. Un petit côté espion ? Non plus. Syndrome d'apnées du sommeil, bingo ! Tu l'as.
- Vous ne manquez pas d'air !
- Eh bien si, justement.

 

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Mauvais débuts, pour le traitement. Le type également appareillé qui partageait cette chambre, que je ne trouvais décidément pas si hospitalière que ça, s'est réveillé en pleine forme. Ravi, le bougre ! Le jour et la nuit pour lui, en quelque sorte. Il ne tarissait pas d'éloges sur le bienfait immédiat qu'il ressentait. Pas moi. Je ne constatais aucune amélioration spectaculaire. Même pas un petit mieux. En fait, il a fallu pas mal de temps pour adapter cette fameuse pression. Au début, elle a dû être fixée à 17 millibars. Quasiment une tempête dans le nez. Avec des conséquences inattendues pour moi : un stigmate hindou, façon « troisième oeil » au haut du nez, qui saignotait fréquemment. Forcément, plus cela soufflait plus il fallait serrer les harnais, pour éviter les fameuses fuites, plus le masque appuyait de façon pour le moins insistante. Ce n'est pas tout ! À cette époque, j'allais de découverte en découverte. La première avait donc été la rencontre avec cette satanée machine qui, à l'époque, avait la taille d'un minitel et faisait un bruit de frigo en mauvais état. La deuxième, des successions de réglages pour adapter le flux d'air. La troisième fut le réveil difficile de mes muqueuses nasales. Pas d'humidificateur, alors l'air vous arrive comme un vent de sable sans particules. Ah ! le souffle chaud de la machine qui berce vos nuits.

Autre surprise, j'étais encore fatigué. Toujours las, comme resté au point mort. L'apnée fatigue mais lorsqu'elle est compensée, cela n'a normalement plus lieu d'être. De là une série d'investigations qui aboutirent à un autre diagnostic : la mise en évidence d'un syndrome dépressif. Il était associé aux apnées et non leur conséquence. Super ! Une pathologie de plus ! Remarquez, à l'heure actuelle, je compte cinq Affections de Longue Durée. Je ne m'en porte pas plus mal. Même pas une sixième à l'horizon.

Plus tard, j'ai subi une polysomnographie. «Subi» est peut-être excessif. Quoi de plus reposant que d'être déguisé en porc-épic avec des électrodes mutines, d'être filmé, d'être réveillé pour essayer une machine qui décide d'opter pour la pression qui lui plaît, tout au moins de le tenter (je ne l'ai pas supportée, moi). D'autant qu'on vous incite gentiment : « Il faut dormir, maintenant ». Au moins, vous obtenez des infos intéressantes. Passe encore de vous voir bouger brusquement pendant votre sommeil. Le savoir est une chose, le voir en est une autre. Mais surtout, vous obtenez vos performances, façon score. « Combien ? 26 fois par heure ? Et 45 secondes en moyenne ? Ce n'est qu'une moyenne ?? ». Lorsque vous-même avez fait de la plongée, en apnée aussi, vous finissez par vous dire que ce n'est pas impressionnant, surtout si vous ne songez pas (paradoxal, non ?) à additionner les temps sans oxygénation sur une heure. C'est quand vous essayez de le reproduire, consciemment cette fois, que vous en avez le souffle coupé. Un plongeur doué y serait certainement arrivé. Moi pas.

 

— Le harnachement n’a rien d’une muselière.
— Vous plaisantez ?! aboyai-je.

 

Le temps a passé. Curieusement, mon équipement n'a choqué personne. Ni mes proches, ni mes deux enfants. Le matériel a évolué. Bien sûr, de petits incidents sont venus émailler ce parcours tranquille. Une fois, j'ai failli me noyer dans mon lit. Stupidement, j'avais mis l'humidificateur - oui, finalement, j'en avais obtenu un - sur une table de chevet, surélevé donc. Dans mon sommeil, j'ai accroché le tube, l'humidificateur a basculé, l'eau s'est trouvée propulsée dans ma trachée. Je toussais et étouffais avant de réaliser - rapidement - ce qui se passait. J'ai littéralement arraché les harnais et le masque... qui n'a opposé aucune résistance. Là, je tiens à remercier le prestataire de service à domicile. Toujours aussi efficace, elle m'en a envoyé un nouveau en urgence. La prise en charge, les contacts et le suivi réguliers, les remplacements, quelle que soit la région où l'on se trouve, autant de points forts de cette association. Le dernier incident ? La fameuse panne d'électricité en Europe... et dans ma banlieue. Elle tombait mal et moi de sommeil. J'allais donc dormir sans machine. Pour, croyais-je, mieux respirer, je décidais de jouer au - gros - bébé et de placer mon pouce entre mes dents. Un coup à s'en mordre les doigts. EXACT ! Heureusement, cette fameuse panne n'a duré qu'une heure. De toute façon, être obligé de se passer de machine quelque temps ne conduit pas forcément à des catastrophes.

L'appareillage est néanmoins indispensable. Malgré son évolution, il présente toujours quelques inconvénients, du moins pour moi, mais peu conséquents.

Le harnais, d'abord. Je ne sais pas comment je me débrouille mais je suis toujours obligé de le serrer trop. Pour éviter les fuites.

« Fuite importante à la dernière session », qu'elle me signale la machine. Comme si je n'étais pas au courant (aucune référence ici à la panne). « Il faut s'assurer que le masque fasse ventouse », me recommandent toujours les infirmières de l'association qui se succèdent au fil des ans. Je le sais, j'essaie et tout recommence. Les protections du masque ayant changé, je n'ai plus de signe hindou mais une superbe marque frontale auréolée de rouge, à gauche ou à droite, le matin. Désagrément léger et surtout passager. Le masque ensuite. Un peu gênant, certes, mais en cas de pandémie de grippe aviaire chez l'homme, on ne sera pas les seuls à en porter. Ce sera alors le cadet de nos soucis. Non, ce qui me gêne plus, c'est le bruit, rythmé par ma respiration. Celui de la machine et le sifflement de l'air s'échappant du masque. Tout dépend de la position adoptée, en fait. Je ne sais pas vous, mais moi je bouge, la nuit. Du coup, le tube se ballade fâcheusement. De plus, je préfère qu'il surplombe ma tête ; je le coince sous le haut de l'oreiller. Un temps, j'avais même planté un clou dans le mur au-dessus de ma tête et j'y avais attaché un anneau de rideau en bois pour faire passer le serpent-tube. Le jour où j'ai tout pris sur la figure, j'ai décidé de faire sans.

Un jour lointain, cette CPAP de sûreté sera remplacée. Plus près dans le temps, elle sera peut-être allégée, améliorée jusqu'à se faire oublier. L'important, comme dans toute pathologie, c'est comment chacun la vit, comment il s'adapte à ce dont la médecine dispose, comment il exprime son ressenti.

C'était le mien.

Le loir cool

 

Mardi 12 décembre 2006 2 12 /12 /Déc /2006 00:00
- Par S.Royant-Parola et I. Hache - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

Merci à Farfouille et Kikojo qui ont lancé une idée, un défi? Allez savoir... Pour faire un conte pour enfant. Vous savez que les rituels du sommeil chez l'enfant passent inévitablement par la petite histoire.... Alors voici une première ébauche sur ce blog. Petite histoire comme celle qu'on invente quand on se prend au jeu... Sans prétention...

Une autre étape serait que cette histoire soit illustrée pour rentrer dans la rubrique "histoire en vrac" de Farfouille... Si elle en veut bien! Donc si quelqu'un se sent l'âme d'un illustrateur... Je suis preneur!

Cette histoire est aussi un clin d'oeil à Morpheus... Rôooo, on peut bien avoir quelques secrets....  

AU PAYS DES ABEILLES
  

Les abeilles s’activaient autour du massif de thym en fleurs.
Bzzz, Bzzz, Bzzz… Le bruit était assourdissant. Elles allaient et venaient de la ruche au massif, puis du massif à la ruche. Leurs petites pattes pleines de pollens. La récolte s’annonçait bien. Le soleil brillait, la vie était belle...

 

Quand soudain un petit garçon un bâton à la main arriva dans le jardin. Toutes ces abeilles lui faisaient peur. « Je suis un grand garçon », cria-t-il ! « Je suis plus fort que toutes ces monstrueuses abeilles ». Et il se mit à taper sur le thym. Il tapa si fort que les pauvres abeilles tombaient assommées, leurs petites pattes se vidant de leur précieux chargement.

 

Le massif de thym ressemblait à un champ de bataille. Les abeilles, affolées, volaient dans tous les sens. Une abeille plus grosse que les autres arriva. Elle était envoyée par la fée de la forêt. Elle avait des pouvoirs magiques. Elle se posa sur la main du petit garçon qui, instantanément, devint tout petit, de la taille d’une petite abeille.
 

 

Le petit garçon avait très peur mais la grosse abeille le rassura. « N’aie pas peur petit homme, je vais te montrer notre monde ! » Sitôt dit, sitôt fait. Elle le pris sur son dos et l’emmena vers la ruche.

 

C’était un endroit extraordinaire ! Ça rentrait et sortait de tous les côtés. Les abeilles qui parlaient comme vous et moi s’apostrophaient dans la bonne humeur. Quelle efficacité ! Les ouvrières travaillaient, la reine pondait, et le miel se fabriquait…

 

Le petit garçon tout ébahi regardait tout le monde s’affairer. Il n’avait plus peur. La grosse abeille lui fit goutter un peu de miel. Le petit garçon fut enchanté par sa douceur qui lui rappela le pain d’épice de sa grand-mère. « Mais je croyais que vous étiez méchantes et que vous piquiez tous les petits enfants », « Pas du tout » répondit la grosse abeille « nous sommes un peuple gentil, la violence n’est pas dans nos habitudes »

 

Et la grosse abeille repris le petit garçon sur son dos pour repartir vers le jardin. Elle le déposa délicatement à côté du massif de thym et souffla sur le petit garçon qui grandit aussitôt pour reprendre sa taille normale.

 

Un peu ébouriffé par son aventure, le petit garçon regarda les abeilles confiantes qui reprenaient leur ballet autour du thym. Il y avait dans le fond de l’air un je ne sais quoi de joyeux, et en regardant la grosse abeille, le petit garçon eut l’impression qu’elle souriait.

Mercredi 17 août 2005 3 17 /08 /Août /2005 00:00
- Par KANT et MORPHEUS - Ecrire un commentaire - Voir les 18 commentaires

Réveillé de son petit somme par son propre ronflement, le petit cochon à la queue en tire bouchon, se décide enfin à partir.

Sur la route il rencontre le petit chaperon rouge qui va chez sa mère grand. Il est vrai que de nos jours les jeunes se couchent de plus en plus tard…

-         -  Si tu passes par le bois, méfie toi du grand méchant loup.

-         - T’inquiètes pas, petit cochon, j’ai mis ma bombe lacrymogène dans mon petit panier à côté des confitures et des galettes

-         -  Mmmh, Comme tu es prévoyant maintenant !

Et leurs routes se séparent…

La nuit tombe si vite que le petit cochon se retrouve tout seul dans la forêt. Au détour d’un sentier, le grand méchant loup surgit brutalement :

-   Mais c’est le petit cochon ! Comme je suis content de te voir. Tu me sembles si dodu, si tendre, si appétissant !

Le petit cochon prend un air détaché. Discrètement il déclenche le signal d’urgence de son portable.

Un peu plus loin dans la forêt, le petit chaperon rouge reçoit le message.

Prenant son courage à deux mains et s’assurant de la présence de sa bombe lacrymogène, il se précipite au secours du petit cochon blanc.

Le grand méchant loup, surpris de l’arrivée impromptue du petit chaperon rouge, s’écroule par terre d’une attaque de cataplexie… Trop d’émotion d’un coup… - Ah vous ne saviez pas que le grand méchant loup était  narcoleptique... Profitant de cette aubaine, le petit cochon et le chaperon rouge réalisent leur rêve le plus fou en ligotant le grand méchant loup.

 

 

 

La morale de Kant :

 

Attention tous les loups ne sont pas narcoleptiques !

Quand tu sors le soir,

Alors qu’il fait noir,

Ne te bourre pas de neuroleptiques,

Garde toujours ton portable allumé

Et à l'aide tu pourras appeler !

 
Vendredi 12 août 2005 5 12 /08 /Août /2005 00:00
- Par Kant - Ecrire un commentaire - Voir les 9 commentaires
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