Le syndrome d’apnées du sommeil touche aussi l’enfant

Publié le par S. Royant-Parola

SASenfant2010.jpgCe dimanche 12 septembre s’est tenu à Paris « La première journée multidisciplinaire sur le syndrome d’apnées obstructives du sommeil (SAOS) de l’enfant ».


Le syndrome d’apnées du sommeil touche 1 à 3 % des enfants. Il est souvent méconnu ou diagnostiqué tardivement.

Il est lié à une obstruction au passage de l’air  dans les voies aériennes supérieures. Cette obstruction s’accompagne d’un arrêt de la respiration ou d’une lutte pour que l’enfant puisse respirer.  Répétée tout au long de la nuit,  elle contribue à fractionner le sommeil et à modifier le rythme cardiaque.  Elle s’accompagne généralement d’un ronflement  qui peut être plus ou moins important.  Parfois l’enfant transpire beaucoup, fait des accès de somnambulisme ou bien il existe une énurésie associée (pipi au lit).

Le lendemain, l’enfant est fatigué, il a parfois des cernes sous les yeux, son attention  et sa concentration sont moins bonnes à l’école. Il peut être somnolent, ou au contraire trop agité. Bien souvent, l’enfant peut avoir du mal à suivre en classe.

Une surcharge pondérale, une obésité, sont des facteurs aggravants de ce  syndrome d’apnée du sommeil.

Dans la majorité des cas les formes sévères de syndrome  d’apnées sont associées  à une hypertrophie amygdalienne. Néanmoins l’obstruction peut être favorisée aussi par des végétations importantes.  D’autres anomalies de la mâchoire, du palais, du nez, peuvent aussi contribuer à fermer les voies aériennes supérieures.  Ainsi,  un menton  en arrière, une petite mâchoire, un palais très fermé, sont des facteurs anatomiques  que l’on cherche à  détecter  dans ce type de troubles.

Les difficultés à respirer peuvent aussi exister pendant la journée et l’on voit souvent des enfants qui sont tout le temps la bouche ouverte.

 Cette respiration buccale a des conséquences auxquelles on ne pense pas. En effet, la langue a une tout autre position dans la bouche  que la position normale, avec pour conséquence une modification des pressions sur les dents et sur l’arcade dentaire.  De ce fait on observe souvent des anomalies de position dentaire qui font  consulter un orthodontiste, mais en réalité, ces anomalies visibles cachent  un problème plus important avec un syndrome  d’ apnées  qui n’est malheureusement pas toujours détecté.

Les conséquences du syndrome d’apnée du sommeil sont à la fois les conséquences immédiates (sur la concentration, la croissance, la fatigue) mais elles peuvent être plus longues à s’installer avec des troubles cardio-vasculaires : anomalie de la tension artérielle qui est variable ou trop augmentée.  Il existe aussi des anomalies inflammatoires  de la paroi artérielle  qui seront à l’origine plus tard d’artériosclérose.

En fait il semble qu’il faille distinguer deux types de syndrome d’apnées chez l’enfant,  ceux  avec  surpoids, et  ceux avec un poids normal. Pour les premiers les complications semblent essentiellement liées à la surcharge pondérale, alors que pour les seconds elles résultent essentiellement des anomalies morphologiques qui réduisent l’espace des voies aériennes supérieures.

Le diagnostic est réalisé par un enregistrement du sommeil avec mesure des paramètres respiratoires. D’autres techniques plus légères, peuvent mesurer les efforts respiratoires.

Une fois que le diagnostic est fait, il faut traiter. Le traitement le plus fréquent consiste à retirer les amygdales et les végétations. Parfois on prescrit un anti-inflammatoire comme le montelukast (Singulair*).  Pour entraîner des modifications morphologiques durables on s’oriente actuellement vers des traitements par orthodontie complémentaire,  plus rarement on fait appel à des traitements chirurgicaux de la mâchoire  ou des fosses nasales.

L’amélioration est généralement spectaculaire, mais il est indispensable  de surveiller l’évolution de l’enfant surtout lorsqu’il devient adolescent,  car à cet âge,  le développement de la langue et des parties molles peuvent à nouveau contribuer  à  obstruer les voies aériennes supérieures  quand il n’y a pas eu d’ intervention  sur les supports osseux pour  élargir la cavité buccale.

Enfin, pour traiter au mieux les apnées, il est absolument nécessaire que l’enfant réapprenne à respirer par  le nez,  et à bien positionner sa langue dans sa bouche. C’est pourquoi on voit se développer  des techniques de rééducation,  avec des exercices que l’on apprend à l’enfant pour lui permettre de remuscler sa langue qui va reprendre sa place dans la cavité buccale.

Un traitement par ventilation avec une machine à pression positive continue (le traitement de référence des apnées de l'adulte) est exceptionnellement indiqué.

 

Dr Royant-Parola

Publié dans Sommeil de l'enfant

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