La nuit interdite de Thierry Serfaty
Thierry Serfaty est médecin et écrivain, prix du Polar en 2000 avec le Sang des Sirènes pour un livre déjà palpitant. Avec
la Nuit Interdite , il nous transporte dans un monde inquiétant de manipulation mentale où les psychiatres sont campés comme des personnages froids et calculateurs. Il parle du sommeil avec passion, et regrette que ce temps si important de reconstruction soit négligé par notre société. Il nous décrit de vrais enregistrements de sommeil et une clinique du sommeil comme on en rêve.
Tout au long de l’intrique
le sommeil fait l’objet de l’attention des psychiatres qui se servent d’un technique de soins où
le sommeil paradoxal est utilisé pour décupler les effets de
la psychothérapie. On voit là toute l’influence de Michel Jouvet qui doit rêver par moment que l’on puisse diminuer ou au contraire augmenter
le sommeil paradoxal chez l’homme comme il a pu le faire chez le chat. J’ai beaucoup aimé voir ces psychiatres de roman se passionner pour
le sommeil car, force est de constater, que dans la réalité les psychiatres ont malheureusement tendance à ignorer ce temps du sommeil. Tout juste s’ils s’occupent des rêves ! Le rôle du sommeil dans la mémoire est au centre de l’histoire mais contrairement à la réalité,
le sommeil ici, efface la mémoire et appauvri les personnes qui ont fait l’objet des « soins », en fait plutôt des expériences conduites par les fameux psychiatres fous.
Une fois le bouquin commencé, on ne lâche plus, et on veut savoir qui a été l’affreux psychiatre criminel, et par quels mécanismes il arrive à modifier
le sommeil de ces patients. Ça marche et c’est avec regret qu’on referme le bouquin. Merci Dr Serfaty
Son interview par Loïc Le Meur
Un mot du film la Science des Rêves… Je l’ai vu… Des séquences très drôles, décalées, inventives, mais leurs successions sont comme des skechts géniaux mis bout à bout. On a du mal à suivre l’histoire malgré un jeu des acteurs excellents. Il ne manque pas grand-chose pour qu’on s’y retrouve, peut-être la voix off de Stéphane qui permettrait de se raccrocher à un fil conducteur solide. On ressort un peu perdu entre rêve et réalité avec certaines images qui reviennent qui sont de réelles trouvailles. J’ai beaucoup aimé le système de détection des mouvements oculaires pour détecter
le sommeil paradoxal. Promis juré je l’applique bientôt en labo (nan je plaisante !). En passant, même si ce n’est pas dit dans le film, on peut légitimement se demander si Stéphane n’est pas narcoleptique. Il présente des hallucinations hypnagogiques typiques avec vision de monstres, modifications de la réalité, sensations de transformations corporelles, et à différentes reprises il a des accès de sommeil incoercibles. Bon d’accord il n’a pas d’accès de cataplexie, mais en cherchant bien…
Vous avez remarqué ! On parle du sommeil ! A la télé ! Deux pubs l’une pour un comprimé pour dormir, l’autre pour un truc qui évite soi-disant de ronfler. Sur les panneaux d’affichage, et oui c’est Ikéa qui place ses chambres à coucher et sa literie. Au cinéma avec ce film (je ne parlerai pas du Grand Sommeil, qui en dehors du titre n’a rien à voir avec
le sommeil ). Avec ce thriller de Serfaty. Enfin avec des expos dont on vous a déjà parlé (plus d’autres qu’on a pas évoqué).
C’est bon signe ! Vous allez voir que bientôt
le sommeil sera une priorité de santé publique !
Jeudi 17 août 2006
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Par Kant
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Bises vous deux et bonne journée.