Enfin des week-ends longs, disent certains. Alors progrès ou catastrophe annoncée ? Décriée par les chronobiologistes, la généralisation
de ce rythme scolaire depuis la rentrée a relancé la polémique.
Le Pr François Testu a fait une mise au point que nous citons ici pour préciser la problématique selon les chercheurs.
« En matière d’aménagement du temps scolaire il n’existe pas de solution idéale, il s'agit seulement de trouver le moins mauvais des compromis entre la satisfaction des intérêts
des élèves et la réponse aux besoins des adultes, tout en sachant que l'élève constitue un tout, qu'il ne s'arrête pas de vivre une fois franchi le seuil de l'école, qu'il est le fils ou la fille
de ses parents, qu'il est le membre d'une association, l'équipier, le copain et qu'il a besoin de quelques moments de liberté. Le compromis ne peut être recherché qu'en associant tous les
partenaires concernés par l'éducation des jeunes. Encore faut-il connaître ce que sont les rythmes de vie des enfants et des adultes et quelles sont les conséquences de tel ou tel
aménagement sur le développement de l’enfant, sur les comportements des jeunes dans et en dehors de l’école.
Grâce aux travaux de chronopsychologie menés en milieu scolaire il est possible aujourd’hui de considérer que les variations journalières de la vigilance et des performances
intellectuelles se manifestent tant au plan quantitatif qu'au plan qualitatif. En effet, non seulement les scores bruts aux tests, mais également les stratégies de traitement de l'information
fluctuent au cours de la journée.
La fluctuation journalière que nous qualifions de « classique » est généralement la suivante: le niveau de vigilance et les performances psychotechniques progressent du début jusqu'à la fin de la
matinée scolaire, s'abaissent après le déjeuner, puis progressent à nouveau au cours de l'après-midi scolaire Il existe deux moments reconnus comme "difficiles": les débuts de matinée et
d'après-midi. Il est à noter que les moments reconnus comme difficiles au plan biologique sont les mêmes que ceux mis en évidence au plan psychologique.
Il semble que nous puissions considérer la présence de cette variation journalière caractéristique comme le témoignage d'une adéquation entre les emplois du temps scolaires journaliers et
hebdomadaires et les rythmes de vie des enfants.
En revanche, cet équilibre n'existe plus lorsque la vie scolaire ne comprend que 4 jours (les lundi, mardi, jeudi et vendredi) sans accompagnement péri et extrascolaire:. Dans ce cas, la
rythmicité journalière classique disparaît pour laisser place à une rythmicité inversée accompagnée d'une baisse du niveau de performances. »
En fait il est important que l’enfant ne soit pas soumis à des ruptures de rythme et à des couchers tardifs lorsqu’il n’a pas d’école le lendemain. Hélas tous les travaux de ces 10
dernières années montrent que l’enfant qui n’a pas d’école le lendemain se couche de plus en plus tard, au détriment de sa durée de sommeil. S’il se décale le matin pour rattraper le temps de
sommeil, il aura du mal à s’endormir tôt particulièrement le dimanche soir d’où une fatigue qui commencera dès le début de la semaine…
Les parents doivent donc veiller à ce que l’enfant ne se couche pas systématiquement tard lorsqu’il n’a pas cours le lendemain, et qu’il ait des occupations les matins où il n’a pas
d’école pour rester proche du même rythme tous les jours.
Samedi 13 septembre 2008
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Par S. Royant-Parola
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