Par Isabelle Hache
L'INPES (Institut National de Prévention et d'Education pour la Santé) a mené une enquête sur les représentations, les attitudes, les connaissances et les pratiques du sommeil des jeunes
adultes (25-45 ans) en France. Cette étude a permis de connaître les opinions, de mesurer les usages des Français vis-à-vis du sommeil et d'évaluer la proportion souffrant de troubles du
sommeil.
71% des personnes
interrogées ont un sommeil suffisant, 17% ont une dette de sommeil et 12% sont insomniaques. Les autres troubles du sommeil n'ont pas été pris en compte. Les femmes sont plus généralement
insomniaques, 59% contre 41% pour les hommes. Sans réelle surprise, les personnes qui ont une dette de sommeil sont plus généralement du soir (52%) et jeunes (moins de 30 ans).
S'ils disposaient d'une heure de plus dans la journée, 30% des personnes interrogées en profiteraient pour dormir au même titre que faire du
sport ou s'occuper de sa famille.
L'image du sommeil reste très positive. Tous ont conscience que c'est important pour la santé. Ils savent également que le manque régulier de
sommeil favorise la dépression et a une influence sur la détérioration de la mémoire. Par contre, ils ignorent en majorité que le manque de sommeil favorise l'hypertension artérielle ainsi que la
prise de poids.
En moyenne, les personnes interrogées dorment 7 h par nuit en semaine, 8 h le week-end et 8h16 pendant les vacances. Le matin, il leur faut
plus de 30 mn pour se sentir bien réveillé, moins de 10 mn pour ceux qui ont un sommeil suffisant. Les horaires sont plutôt réguliers en semaine. Ceux qui ont une dette de sommeil semblent avoir
des horaires de sommeil deux fois plus irréguliers que la moyenne. Les sorties ne sont pas en cause, ils ne sortent pas plus ni plus tard que les autres. La sieste en semaine concerne 30% des
25-45 ans, avec une fréquence de deux fois par semaine.
L'environnement est plutôt bien préservé et la grande majorité s'endort dans le noir et le silence. Mais le sommeil peut être dérangé par des
bruits à l'intérieur ou à l'extérieur de la maison, ou encore par son partenaire. Les insomniaques sont plus dérangés par ces bruits pour plus de la moitié d'entre eux. 62% des individus
interrogés ont des difficultés pour s'endormir (16%), pour se rendormir pendant la nuit (42%) ou pour récupérer pendant leur sommeil (19%).
54% des jeunes adultes regardent régulièrement la télévision avant de se coucher, pour 24% au lit. Ceux qui lisent avant de dormir le font
majoritairement au lit et pensent que cela les aide à dormir. Ils ont également conscience que travailler, surfer sur Internet, écrire des mails ou encore jouer à des jeux vidéo empêche de
dormir.
68% des personnes interrogées prennent au moins un stimulant après 17 heures, principalement du tabac, du café ou encore de l'alcool. Les
insomniaques sont plus consommateurs de stimulants, en particulier de tabac. Ceux qui sont en dette de sommeil consomment plus de café et ceux qui ont un sommeil suffisant n'ont pas de préférence
particulière.
13% des Français prennent un produit pour les aider à dormir, pour 30% d'entre eux il s'agit de somnifère ou d'hypnotique. Ce sont
principalement les insomniaques et de manière plus régulière que les autres.
76% des personnes
interrogées sont plutôt satisfaites de leur sommeil. En revanche, un insomniaque sur deux (47%) ne l'est pas. Près de la moitié pense dormir moins que ce dont elle a besoin et ce manque de
sommeil est régulier (au moins 2 ou 3 fois par semaine). Ce sentiment est plus fort chez ceux qui sont en dette de sommeil et les insomniaques.
Le travail est la principale cause déclarée de manque de sommeil. Les difficultés psychologiques sont la deuxième raison expliquant le déficit
de sommeil et dans une moindre mesure, les enfants peuvent aussi empêcher de dormir suffisamment. Si les personnes en dette de sommeil vont pour la majorité attribuer leur manque de sommeil au
travail (57%), les insomniaques l'attribuent plutôt à des difficultés psychologiques (66%).
Un tiers des Français pense souffrir d'un trouble du sommeil, notamment d'insomnie ou de ronflement important, et une personne sur dix souffre
de somnolence. Si ces derniers sont peu fréquents, ils peuvent avoir des conséquences graves comme un accident de la route. Pour près de la moitié des personnes atteintes d'un trouble du sommeil,
l'impact de ces troubles est négatif sur leur caractère, leur humeur ou encore leur capacité de concentration. Ces problèmes de sommeil ont, pour les insomniaques plus que pour les autres, des
répercussions négatives sur leur vie au quotidien.
Le sommeil acquiert, au fil des ans, une meilleure image, il n'est plus systématiquement associé à la paresse ou la perte de temps et
les Français prennent conscience de son importance pour la santé. Si l'impact du manque de sommeil sur la santé est bien intégré, ses conséquences réelles ne sont pas encore réellement connu.
Pourtant, un tiers des Français déclare souffrir d'un trouble du sommeil. La télévision garde une place prépondérante dans la vie de nos concitoyens. L'ordinateur et ses activités associées n'ont
pas réussi à détrôner la « boîte à images » ni les livres qui restent les activités préférées des Français avant le coucher. Le tabac, le café et l'alcool restent dans les habitudes de vie et
sont largement consommés après 17 heures ce qui peut influencer sur le sommeil. Cependant celui-ci est généralement perçu comme satisfaisant, mais il peut être perturbé principalement par le
travail ou des problèmes psychologiques.
Jeudi 27 mars 2008
4
27
/03
/Mars
/2008
16:35
-
Par Isabelle Hache
2