Aujourd'hui je vais tester votre vigilance... Lirez vous jusqu'au bout sans vous endormir ?

 

Les expériences d’isolement temporel, comme celle du spéléologue Michel Siffre, ont permis de montrer que le sommeil a un rythme propre, indépendant de l’alternance du jour et de la nuit. Nous avons des horloges dans le cerveau

 

Ce type d’expérience a permis de dégager 2 conclusions :

  • La première est qu’il existe une horloge interne dans notre cerveau qui commande le rythme de notre sommeil.
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  • La seconde, que cette horloge a spontanément une période supérieure à 24 heures, ce qui nécessite une remise à l’heure journalière afin d’être correctement calée sur l’alternance du jour et de la nuit. Cette remise à l’heure se fait grâce aux synchroniseurs.

 

Les synchroniseurs sont des signaux réguliers que nous adresse notre environnement. L’alternance du jour et de la nuit est le signal rythmique extérieur le plus évident. Le second est le rythme de l’activité sociale.

                                                   

La lumière et la mélatonine pour mesurer le temps

La lumière solaire donne un éclairement dont l’intensité et la durée varient au cours de la journée et au fil des saisons. Notre rétine contient des cellules sensibles aux influx lumineux qui modulent nos rythmes essentiellement par le biais d’une hormone, la mélatonine.

 

La lumière bloque la sécrétion de la mélatonine, il n’y a donc pas ou peu de sécrétion de mélatonine le jour. A l’inverse, la sécrétion de cette hormone est maximale la nuit, avec un pic vers 3 heures du matin.

 

Pour agir, la lumière doit avoir une intensité assez forte ( ± 2 500 lux), largement supérieure à celle obtenue dans un appartement ou un bureau. L’éclairage d’une pièce est rarement supérieur à 250 lux, tandis que la luminosité extérieure en plein jour varie de 2 000 à 100 000 lux.

 

Lorsqu’un individu est soumis à une lumière suffisamment forte dans la matinée ou dans la soirée, on observe un décalage de sa température interne et de son sommeil. Ainsi, une lumière forte le matin entraîne une avance des horaires de sommeil, on s’endort plus tôt et on se réveille également plus tôt la nuit suivante. A l’inverse, une lumière forte le soir retarde les horaires d’endormissement et de réveil.

 

Cet effet de la lumière est directement lié à une action sur la mélatonine qui suit les variations de la lumière avec une sécrétion qui avance ou retarde l’endormissement selon le moment d’éclairage.

 

La lumière et la mélatonine permettent donc à l’organisme d’ajuster le rythme veille-sommeil aux variations cycliques du jour et de la nuit.

 

 

La lumière a un autre effet sur la qualité de l’éveil et qui n’est pas lié à la mélatonine, une lumière forte augmente la vigilance et améliore les performances. Cet effet est souvent utilisé dans les usines de fabrication pour améliorer les performances et diminuer les accidents.

Le rythme de la vie sociale

 

La vie sociale, rythmée par les horaires de cours ou de travail, des repas, des activités en groupes est l’autre synchroniseur déterminant chez l’homme. Plus nous sommes soumis à une activité régulière et en groupe, plus nos horloges internes sont synchronisées. Des rythmes particuliers peuvent être complètement induits par la vie en groupe.

 Dans la vie de tous les jours cette situation peut se voir en différentes circonstances. C’est le cas chez certains couples dont l’un est très décalé, se couchant et se levant très tard. Au bout de quelques semaines de vie commune, celui qui est décalé a entraîné l’autre…

 

La cohésion du groupe joue un rôle déterminant sur l’entraînement des rythmes : on peut le voir dans les milieux militaires, sportifs, certains groupes d’étudiants…

 

Plus l’activité physique est importante, plus la synchronisation  des rythmes l’est également. Il faut cependant se méfier des activités très physiques le soir (sport, boîte de nuit…) car elles ont alors le même effet qu’une lumière forte : elles retardent le sommeil.

 

 

  

 

                      

  

 

Les portes du sommeil

La régulation de nos horloges internes fait que l’homme est programmé pour dormir de manière préférentielle à 2 moments particuliers : la nuit et en milieu d’après-midi. Peretz Lavie, un chercheur israélien, a utilisé une image fort judicieuse pour les décrire, les « portes du sommeil ».

 

 Celles-ci sont ouvertes dans la soirée et vers 13 ou 14 heures. Une zone est particulièrement sensible, elle se situe autour de 3 ou 4 heures du matin. Il s’agit d’un moment de grande vulnérabilité de l’organisme où le sommeil est quasi obligatoire.

 A cet horaire particulier, on peut lutter pour rester éveillé mais cela demande un effort pour passer le cap. Même si le cerveau est éveillé, le corps fonctionne au ralenti car la température corporelle est à son minimum.

 

C’est un moment difficile où les risques d’accidents sont augmentés car la vigilance est diminuée. Sur la route, les statistiques en témoignent. Les accidents mortels sont plus fréquents dans cette tranche horaire. L’autre creux de vigilance est bien connu. C’est l’heure de la sieste. L ’envie de dormir qui vous prend en début d’après-midi n’est pas spécialement liée au repas, bien qu’elle soit accentuée par un repas lourd ou arrosé.

                                                                  

Mardi 8 mars 2005 2 08 /03 /Mars /2005 00:00
- Par Morpheus - Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires
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