Apprendre à faire la sieste - Et si c’était un médicament… Dr Eric MULLENS Editions Josette Lyon, 2009, 143 pages
Une personne sur deux déclare faire une sieste mais seulement 10% la pratique tous les jours. Rythme physiologique, la sieste est bonne pour le cœur. Elle nous permet de retrouver une bonne efficacité et de lutter contre la somnolence que ce soit dans la vie
de tous les jours, sur un bateau, ou au travail surtout quand celui-ci impose des horaires contraignants qui mettent à mal nos rythmes de sommeil. Pour les personnes qui travaillent de nuit
ou à des horaires alternants, le docteur Eric Mullens apporte une foule de conseils pratiques sur comment faire la sieste, à quel moment, dans quels lieux. Il évoque en particulier une
expérience de sieste en entreprise avec « les contren-bandiers du temps » qui fait suite à un happening de 2 artistes Marie Pierre Thomat et Arno Tartary. Ces derniers faisaient le constat
que le temps productif et le temps biologiques s’affrontent, avec un temps de sieste considéré comme l’opposé de la vitesse productiviste. Ils proposent de sortir de cette dichotomie pour se
positionner sur le terrain de la réconciliation.
Et c’est le message transmis par le docteur Eric Mullens : la sieste permet d’être plus performant, alors pourquoi s’en priver et la cacher.
Message reçu 5 sur 5. Surtout que les dernières pages sont extraites du futur Vidal de la sieste, avec une seule contre-indication, la sieste longue qui est à éviter pour ne pas tomber dans le
sommeil profond et perturber le sommeil de la nuit suivante.
Les Ateliers de la Narcolepsie se sont déroulés
pour la seconde année consécutive le 24 janvier 2009 à l’Hôtel-Dieu de Paris
Organisés par le Centre de Référence Hypersomnies Rares à l’initiative du Pr Damien LEGER, Caroline GAURIAU et le Dr Pascale OGRIZEK qui ont introduit la journée,
ces ateliers avaient connu une première version très prometteuse en 2008. Cette année, le Centre de Référence de la Narcolepsie et de l’Hypersomnie Idiopathique s’était joint à cette initiative.
Ces ateliers sont destinés aux patients narcoleptiques et hypersomniaques et à leur famille. Ils ont pour but de les informer sur certains aspects de leur maladie et les aider à une meilleure
compréhension et prise en charge de leur pathologie. Comme l’an passé, les ateliers de la Narcolepsie ont recueilli un vif succès puisque l’on a noté une augmentation du taux de participation de 30%. Plus de 130
patients et leurs familles étaient représentés.
Les quatre thèmes retenus cette année étaient : • Actualités sur les traitements de la narcolepsie, dirigé par le Pr Yves DAUVILLIERS (Montpellier), • Narcolepsie et nutrition, dirigé par les Dr Virginie BAYON (Hôtel-Dieu), Maria-Antonia QUERA-SALVA (Garches) et Sarah HARTLEY
(Garches) • Accompagnement psychologique des hypersomnies et des narcolepsies, dirigé par le Dr Arnaud METLAINE (Hôtel-Dieu), Mme Evelyne TOUCHETTE (Docteur
en psychologie) et Mme Caroline ROME (Sophrologue) • Quelle scolarité et quelles études pour un jeune narcoleptique ? dirigé par le Dr Pascale OGRIZEK (Hôtel-Dieu) et Mme Nathalie MAGRET-BROCHETON
(Correspondante IDF - Commission Scolarité de l’Association Narcolepsie Cataplexie).
Chaque atelier se déroulait selon un exposé général d’une vingtaine de minutes résumant les principaux points du thème abordé, suivi d’un débat d’environ 45 minutes
avec réponses des intervenants aux questions des participants. A l’issue des ateliers, des pauses café et déjeuner autour d’un buffet ont permis aux patients de faire connaissance dans une ambiance conviviale, d’échanger des
informations et des commentaires sur leurs maladies et de poser des questions de façon informelle aux médecins et aux différents intervenants.
Pour beaucoup, cette journée a été l’occasion de rencontrer d’autres personnes souffrant de la même maladie et de se sentir ainsi moins isolées. “Je suis ravie,
c’est la première fois que je rencontre d’autres personnes qui sont narcoleptiques” nous a confié une patiente.
Les ateliers ont également permis aux patients de recueillir des conseils utiles à une meilleure gestion de leurs symptômes et à une meilleure prise en charge de
leur maladie. Les familles et les proches ont également beaucoup apprécié les informations qui vont leur permettre de mieux comprendre ces maladies très particulières que sont la narcolepsie et
l’hypersomnie. Cela va aussi les aider à adapter leur comportement à celui, souvent déroutant, des patients pour améliorer les relations au sein de la famille et mieux gérer la vie quotidienne.
Comme l’ont exprimé certains : “Cela m’a permis de mieux comprendre la maladie de ma mère et de comprendre le pourquoi de ses différents comportements”. “En tant que compagnon d’une personne
atteinte d’hypersomnie, j’ai beaucoup d’informations afin de mieux l’aider et/ou l’accompagner”.
Au total, les questionnaires de satisfaction que nous avons distribués aux patients à la fin de cette journée sont très gratifiants et nous encouragent à renouveler
l’expérience l’an prochain. Nous remercions tous les participants qui nous ont fait confiance en assistant à ces ateliers, tous les intervenants ainsi que le Laboratoire UCB.
Les adolescents prennent le pouvoir à la maison,
Aude Sérès, Le Figaro.fr
En classe de 3e, 45 % des filles et 55 % des garçons déclarent passer plus de trois heures par jour devant un écran - télévision, ordinateur
Couché tard, fatigué, accro à l'ordinateur : le rectorat de Paris et l'Assurance-maladie dressent le portrait type du collégien parisien.
«Coucher un collégien de 14 ans avant 22 heures relève du parcours du combattant !» Cette mère de famille qui se bat tous les soirs pour arracher son dernier fils à
son écran d'ordinateur appréhende de plus en plus ce combat quotidien qui se termine souvent dans les cris. Plus difficile en plus de coucher le dernier d'une fratrie… Et elle est loin d'être la
seule. «C'est un problème majeur, renchérit Valérie, mère de deux adolescents de 12 et 15 ans. Nous n'arrivons plus à nous battre… Notre aîné s'endort quasiment toujours après nous, vers minuit,
et je suis obligée de me relever pour lui dire de se déconnecter de Facebook…»
L'insomnie peut-elle constituer un sujet de scénario ? En tout cas c’est le pari dans « asthénie » de Roland Pignault et Joël Callède.
C’est l’histoire d’un brillant avocat Jason Newman dont l’avenir est fort compromis par des insomnies tenaces. Les conséquences commencent à se faire sentir dans son quotidien, perturbant
sa relation amoureuse et sa carrière professionnelle.
Rien ne va plus pour lui : il passe ses nuits à tourner en rond, somnole lors des séances d’audition des témoins, se shoote aux amphétamines pour tenir le coup et est sur le point de gâcher sa
relation avec une journaliste particulièrement sexy.
Jason consulte un neurologue et décide de prendre part à une expérimentation révolutionnaire, censée lui régler ces désagréments. Malheureusement pour lui, tout ne va pas se passer comme prévu et
va avoir des conséquences incontrôlables. Certes, Jason retrouve le sommeil, mais au prix de cauchemars éprouvants, dénués a priori de sens et provoquant des absences inexpliquées…
L’idée est excellente mais l’histoire s’essouffle un peu…
Oui, une journée du sommeil!
On en parlera partout.
Près de chez vous, dans les hôpitaux, dans les écoles, les crèches, dans les entreprises, à la radio , à la télé, et bien sur... sur Internet.
Chaque cycle de sommeil, d’une durée d’environ 90 minutes, comprend 5 phases. La dernière, le sommeil paradoxal, est caractérisée par un relâchement musculaire
total mais une activité cérébrale très intense.
C’est la phase où nous rêvons, et elle est primordiale pour la mémoire mais elle reste encore très mystérieuse.
On sait qu’elle prend naissance dans la partie la plus ancienne du cerveau, le tronc cérébral. C’est dans une région restreinte de ce tronc cérébral qu’une
chercheuse de l’équipe de Pierre-Hervé Luppi (CNRS, Université Claude-Bernard Lyon 1), Emilie Sapin, vient de localiser précisément une population importante de neurones GABAergiques qui
sont susceptibles de déclencher le sommeil paradoxal ou de l’empêcher d’apparaître.
Ces travaux pourraient aider à mieux comprendre les épisodes de chute brutale du tonus musculaire (cataplexie) qui se produisent chez certains patients atteints de
narcolepsie.
Hugues la Scève, chirurgien, s’intéresse au rêve et se demande si les aveugles rêvent, et comment… D’où sa visite à l’hospice Saint Vincent pour interroger un aveugle de naissance. Il arrive dans
la salle :
" Cette salle était éclairée par de hautes fenêtres, dépourvues de rideau, et chauffée médiocrement par un grand poêle dont la fumée corrigeait à peine
l’odeur d’excréments. Dans ce début d’après midi de décembre, alors que le pâle soleil était à nouveau voilé par des nuages, j’eus l’impression de me trouver dans l’antichambre de
l’enfer. ---- J’aperçus, sur ma droite, une jeune fille à tête d’oiseau, dont le petit front était prolongé d’un énorme nez pointu d’oiseau surmontant une bouche sans menton.
Elle se leva en criant sur son lit, puis releva entièrement sa robe de bure. Elle était nue et je pus contempler le plus magnifique corps de jeune fille que j’aie jamais admiré. Si blanc,
si bien proportionné, qu’il ressemblait aux Vénus de Cranach que j’avais vues aux Musées de Prague et de Munich. Mais ce corps si désirable, était surmonté d’une tète d’oiseau si laide et si
fantastique que seul le peintre Jérôme Bosch aurait pu l’avoir imaginée."
Dessin de Michel Jouvet
extrait du "Chateau des Songes"
Eds Odile Jacob
J’ai des troubles du sommeil depuis 40 ans. Depuis 1968. Ça m’empoisonne la vie. C’est la chose la plus importante de ma vie. En 1968 j’ai été mariée de force par ma mère, pour se débarrasser de moi.
J’avais un beau père qui ne voulait plus de ses filles, (j’ai une sœur). Ce mariage contre mon gré a été un choc brutal. Depuis… je n’arrive plus à
dormir.
J’ai tout essayé : médicaments, acupuncture, yoga sans effets. J’ai aussi des problèmes de dos. Là j’en peux plus !
Pour ne pas penser à mes soucis. Je n’arrive pas à me reposer. J’ai toujours mal à la tête, d’ailleurs, je ne peux plus aller au lit. Jai très peur de dormir. J’ai
très peur de ne pas me réveiller. Je n’ai tellement plus l’habitude de dormir.
C’est tellement angoissant chez moi de dormir…que ça me réveille brutalement, je voudrais ne pas penser. Les soucis : j’en ai tout le temps.
31 ans de mariage avec le monsieur qui est garagiste. Je n’avais pas d’argent. Il gardait tout pour lui, il me tapait, m’humiliait, Moi, j’avais ma fille. Il y a 8 ans, lors de la vente de la maison de campagne, j’ai demandé 2 chèques au notaire en lui expliquant la situation et je suis partie… Il a été
surpris ….partie, oui partie, le 1er février 2000.
Depuis, il n’a pas cessé de me harceler, de me persécuter. Je n’ai revu ma fille qu’au mois d’août de cette année. Son père l’a manipulée, et l’a éloignée de moi.
Pendant 9 ans tout le monde a été contre moi. Jusqu’à 50 coups de fils anonymes par jour… Maintenant, il est calmé, à peu près, car il est dans une maison de retraite (il n’a pas toute sa
tête). Mais j’ai toujours des cauchemars, presque tout le temps avec LUI dedans…
Les habitudes de vie changent, les habitudes de sommeil aussi. S’endormir le soir et se réveiller le matin est le propre des animaux diurnes que nous sommes. Pourtant notre société grâce à la
technologie qui progresse exponentiellement modifie les règles du jeu. L’arrivée de l’électricité a permis l’instauration d’un travail continu dans certains secteurs industriels dont le
rendement fut fortement amélioré par cette activité 24h sur 24. Le simple fait d’appuyer sur l’interrupteur de la lampe qui éclaire la pièce transforme l’environnement. Du noir hostile,
dangereux, la lumière apporte le confort et la maitrise de ce qui est autour de nous.
Quelle différence alors entre le jour et la nuit ? Que ne peut-on faire la nuit qui impose absolument un break, un repos, certes nécessaire, mais qui peut venir plus tard, à l’aube ou
dans la journée. Sur le plan professionnel la mondialisation impose aux entreprises une présence partout dans le monde. Cadres, consultants, dirigeants, bougent d’un point à
l’autre de la planète au rythme des jets lags désynchronisant. Et même lorsqu’on bouge peu, si l’on compare les programmes de télévision proposés actuellement à ceux existant il y a 30 ans
on constate que des émissions intéressantes ou des films touchant un large public commencent à 23h30 alors que c’était l’horaire de la fin des émissions auparavant. Autre révolution,
Internet avec ses jeux, ses réseaux, ses chats, ses forums qui propose à toute heure un échange possible avec l’autre. Signe des temps une grande chaine d’hôtel du groupe Accord s’interroge sur
la création de chambres aveugles, sans fenêtres mais offrant un confort hight tech avec télévision numérique grand écran, connexion internet, room service 24h sur 24h pour ceux
qui veulent continuer à vivre à leur rythme.
Parallèlement on observe que les adolescents se couchent de plus en plus tard, phénomène qui touche aussi bien le jeune américain, que le japonais,
l’australien, ou l’européen, pays du monde pour lesquels nous avons des études publiées. Phénomène tout à fait nouveau noté par les pédiatres, des syndromes de retard de phase (un
endormissement tardif associé à un réveil tardif) se voient maintenant chez des enfants. Ce décalage des horaires de sommeil particulièrement vrai les veilles de jour sans école, va
de pair avec une perte conséquente du temps de sommeil. Nous avons des chiffres qui objectivent en 30 ans une réduction de 2 à 3 h de sommeil chez l’adolescent. L’étude dièse menée en Ile de
France par l’Académie de Paris et la CPAM montre que les enfants se couchent de plus en plus tard et qu’ils dorment moins. Ainsi plus de 80 % des jeunes interrogés se couchent après 22
heures la veille d’un jour de cours et la moitié d’entre eux (45 % des filles et 55 % des garçons) passent plus de 3 heures par jour devant un écran de télé ou d’ordinateur. Au niveau de la 3e,
un quart se couche même après minuit.
Force est de constater que la société se décale, avec des horaires de coucher de plus en plus tardifs , alors que les horaires de lever en période de
travail restent sensiblement les mêmes. Conséquence inévitable, une privation de sommeil s’installe insidieusement. Dormir moins n’est pas sans risque sur la santé. Alors que faire ? Décaler
l’ensemble des horaires ? S’endormir plus tard et travailler, suivre ses cours, et tout simplement « vivre » plus tard ? Ou au contraire, remettre de l’ordre dans tout ça ! Et recaler tout se
petit monde peu à l’écoute de nos rythmes ancestraux. Pas facile de répondre dans le contexte mondial du problème.
Il faudrait trouver des règles de bonne conduite pour répondre aux comportements induits par les nouvelles technologies. Mais elles évoluent parfois si vite qu’il est illusoire de croire
qu’on va à la fois comprendre et maitriser les problèmes induits. Le souci est pour nos adolescents. Comment les conseillers, comment les aider à rester dans des limites
acceptables, eux qui ont tant besoin de savoir jusqu’où ils peuvent aller. A force de ne pas savoir répondre, ces derrières années sont inquiétantes par la dérive observée dans les
horaires de sommeil de la population des adolescents. Ils sont de plus en plus nombreux à venir en consultation, poussés par leurs parents car ils sont incapables de s’endormir
avant 2h ou 3h du matin. S’ils arrivent à se lever le lendemain pour aller au lycée, rester éveillé dans la journée pour suivre les cours est un exploit. Avec les conséquences que l’on imagine,
difficultés scolaires, rupture scolaire, puis souvent dépression…
Il est temps de prendre conscience de cette évolution pour décider ensemble des solutions, afin de ne pas se dire dans 10 ans que l’on a négligé toute une
part de notre jeunesse.
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