Dimanche 21 septembre 2008
La consommation de cannabis a fortement augmenté ces dix dernières années, tout particulièrement dans la population jeune et masculine, et ce à tous les stades de
la consommation, de l'expérimentation à l'usage répété et régulier.
Selon les estimations de l'OFDT (Observatoire français des drogues et de la toxicomanie), il y a en France, 850 000 consommateurs réguliers de cannabis dont 450000
consommateurs quotidiens âgés de plus de 12 ans.
Une étude récente permet de mieux comprendre le piège que constitue la prise régulière de cette drogue. On sait que l’administration d’une forte dose d’extrait de
marijuana diminue le sommeil paradoxal et augmente le sommeil profond. Cet effet à donc pour conséquence de donner au consommateur la sensation d’un sommeil plus profond et plus reposant,
d’autant plus que le cannabis a également des propriétés anxiolytiques.
Le but de l’étude de Bolla and coll a été de voir si l’arrêt d’une prise importante de marijuana entrainait des troubles du sommeil objectifs en comparant
17 fumeurs (depuis plus de 2 ans et ayant fumer 5 fois par semaine au cours des 3 derniers mois) à 14 non fumeurs.
Les fumeurs qui arrêtent ont un temps de sommeil plus court, moins de sommeil lent profond, une efficacité de leur sommeil moins bonne, avec plus
de mouvements périodiques que les contrôles. A l’arrêt du cannabis, il y a donc comme avec les benzodiazépines un
syndrome de sevrage qui contribue à entretenir la consommation dans un cercle vicieux assez identique à celui des hypnotiques.
Il est donc primordial d’aider les gros consommateurs de cannabis à mieux dormir au moment du sevrage sous peine de les voir retomber rapidement dans leur
consommation.
Sleep Disturbance in Heavy
Marijuana Users
Karen I. Bolla ; Suzanne R. Lesage; Charlene E. Gamaldo; David N. Neubauer; Frank R. Funderburk; Jean Lud Cadet; Paula M. David ; Antonio Verdejo-Garcia; Amy R. Benbrook.
SLEEP, Vol. 31, No. 6, 2008
Par S. Royant-Parola
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Enfin des week-ends longs, disent certains. Alors progrès ou catastrophe annoncée ? Décriée par les chronobiologistes, la généralisation
de ce rythme scolaire depuis la rentrée a relancé la polémique.
Le Pr François Testu a fait une mise au point que nous citons ici pour préciser la problématique selon les chercheurs.
« En matière d’aménagement du temps scolaire il n’existe pas de solution idéale, il s'agit seulement de trouver le moins mauvais des compromis entre la satisfaction des intérêts
des élèves et la réponse aux besoins des adultes, tout en sachant que l'élève constitue un tout, qu'il ne s'arrête pas de vivre une fois franchi le seuil de l'école, qu'il est le fils ou la fille
de ses parents, qu'il est le membre d'une association, l'équipier, le copain et qu'il a besoin de quelques moments de liberté. Le compromis ne peut être recherché qu'en associant tous les
partenaires concernés par l'éducation des jeunes. Encore faut-il connaître ce que sont les rythmes de vie des enfants et des adultes et quelles sont les conséquences de tel ou tel
aménagement sur le développement de l’enfant, sur les comportements des jeunes dans et en dehors de l’école.
Grâce aux travaux de chronopsychologie menés en milieu scolaire il est possible aujourd’hui de considérer que les variations journalières de la vigilance et des performances
intellectuelles se manifestent tant au plan quantitatif qu'au plan qualitatif. En effet, non seulement les scores bruts aux tests, mais également les stratégies de traitement de l'information
fluctuent au cours de la journée.
La fluctuation journalière que nous qualifions de « classique » est généralement la suivante: le niveau de vigilance et les performances psychotechniques progressent du début jusqu'à la fin de la
matinée scolaire, s'abaissent après le déjeuner, puis progressent à nouveau au cours de l'après-midi scolaire Il existe deux moments reconnus comme "difficiles": les débuts de matinée et
d'après-midi. Il est à noter que les moments reconnus comme difficiles au plan biologique sont les mêmes que ceux mis en évidence au plan psychologique.
Il semble que nous puissions considérer la présence de cette variation journalière caractéristique comme le témoignage d'une adéquation entre les emplois du temps scolaires journaliers et
hebdomadaires et les rythmes de vie des enfants.
En revanche, cet équilibre n'existe plus lorsque la vie scolaire ne comprend que 4 jours (les lundi, mardi, jeudi et vendredi) sans accompagnement péri et extrascolaire:. Dans ce cas, la
rythmicité journalière classique disparaît pour laisser place à une rythmicité inversée accompagnée d'une baisse du niveau de performances. »
En fait il est important que l’enfant ne soit pas soumis à des ruptures de rythme et à des couchers tardifs lorsqu’il n’a pas d’école le lendemain. Hélas tous les travaux de ces 10
dernières années montrent que l’enfant qui n’a pas d’école le lendemain se couche de plus en plus tard, au détriment de sa durée de sommeil. S’il se décale le matin pour rattraper le temps de
sommeil, il aura du mal à s’endormir tôt particulièrement le dimanche soir d’où une fatigue qui commencera dès le début de la semaine…
Les parents doivent donc veiller à ce que l’enfant ne se couche pas systématiquement tard lorsqu’il n’a pas cours le lendemain, et qu’il ait des occupations les matins où il n’a pas
d’école pour rester proche du même rythme tous les jours.
Par S. Royant-Parola
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Dimanche 7 septembre 2008
Film d’Ari Folman
-2008
Un film pour somnologues…. Superbe, poignant, original. A voir détendu, en dehors de toute période dépressive !
Tout débute pour Ari par des cauchemars répétitifs toutes les nuits : il voit une meute de 26 chiens inquiétants et très agressifs (qui
ressemblent étrangement à des loups, l’homme au loup de Freud semble tout proche) qui viennent jusqu’à lui en cassant tout sur leur passage. Il rattache ce cauchemar à la période de guerre où il
a participé à l’occupation de Beyrouth au moment des massacres de Sabra et Chatila. Mais il n’a aucun souvenir… D’où son retour sur le passé, au travers du témoignage de ses compagnons qui lui
apportent, par flash, un éclairage de sa mémoire qui peu à peu se reconstitue. Les souvenirs sont crus, durs, c’est la guerre pour des gamins de 19 ans qui viennent de quitter leur
mère. Comment réagir face à l’horreur ? Mécanisme de clivage et se mise à distance de la réalité, comme au travers d’une vision photographique des événements ou refoulement des faits ?
Réaction narcoleptique de son copain qui décrit une chute par terre avec endormissement et hallucinations dès qu’il a une émotion forte.
Les mécanismes psychologiques décrits sont les vrais mécanismes mis en jeu dans des situations traumatiques de ce type.
La mise à distance de la réalité par la technique d’animation choisi par Ari soulage le spectateur jusqu’au 5 dernières minutes, où les images
d’archives se substituent au dessin, plongeant la salle dans l’horreur, réveillant un flash de souvenirs collectifs.
C’est très efficace comme démonstration. Le traitement du sujet est très fort
émotionnellement, empreint d’ une poésie triste, soulignée par une musique superbe.
Par S. Royant-Parola
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Mercredi 3 septembre 2008
Valenciennes: Sommeil sort du coma
Victime d’un malaise cardiaque à l’entraînement, le 20 août dernier, David Sommeil, le défenseur de Valenciennes, est sorti du coma. "Il s’est
réveillé au sens médical du terme mais il n’y a toujours pas de communication. Ses yeux sont ouverts, il regarde autour de lui mais ne parle pas. Il sourit de temps en temps, ce qui pourrait être
interprété comme un début de communication", explique le médecin du club, Marc Chasselat, à La Provence. Le joueur de 34 ans n’a aucune malformation cardiaque.
http://www.france-info.com/spip.php?article180867&theme=70&sous_theme=70
Par S. Royant-Parola
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Méconnaitre un trouble respiratoire du sommeil est un réel problème à la fois en raison des conséquences que cela représente pour l’individu et en terme
de santé publique du fait de la prévalence de cette maladie.
Dix-huit ans de suivi de la cohorte « sommeil » du Wisconsin apporte un nouvel éclairage sur la mortalité liée à des
troubles respiratoires au cours du sommeil. Les participants présentant une pathologie grave au départ ont 3 fois plus de risques de mortalité par rapport à ceux qui n’ont pas de troubles
respiratoires du sommeil, indépendamment du sexe, du BMI, de l'âge, et d'autres causes possibles associées. Compte tenu de l'inévitable augmentation de la prévalence des troubles
respiratoires du sommeil concomitante de l’épidémie d'obésité, on est d’autant plus inquiet que dans cette population, le risque estimé de décès par cause de maladie
cardiovasculaire est multiplié par 5.
Les troubles respiratoires du sommeil sévères sont donc préoccupants en terme de santé publique. D’autres études sont nécessaires pour
quantifier la proportion de mortalité qui pourrait être réduite par la prévention ou le traitement des troubles respiratoires du sommeil.
Cette étude confirme qu’il existe un risque de mortalité accru en cas de troubles respiratoires du sommeil associés et non
traités. Il y a donc nécessité de reconnaitre cliniquement les syndromes d’apnées du sommeil et de les traiter quelle que soit les symptômes de somnolence associés.
Sleep Disordered Breathing and Mortality: Eighteen-Year Follow-up of the Wisconsin Sleep Cohort
Terry Young; Laurel Finn; Paul E. Peppard; Mariana Szklo-Coxe; Diane Austin; F. Javier Nieto; Robin Stubbs; K. Mae Hla
SLEEP, Vol. 31, No. 8, 2008
Par S. Royant-Parola
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Différentes études ont impliqué la durée habituelle du sommeil comme étant un facteur de risque de mortalité et de
morbidité. En particulier un lien a été souligné entre une durée courte de sommeil et l’obésité. Ces études ont suscité un large engouement de la part des médias alimentant
l’idée très porteuse que l’épidémie d’obésité avait quelque chose à voir avec la restriction de sommeil observée depuis une vingtaine d’années. D’où la recommandation de certains de dormir plus
pour contrôler l'obésité.
Dans la revue Sleep Medecine Reviews du mois d’aout une discussion passionnée entre spécialistes est lancée suite à un
article de N. Marshall et coll.
Ils ont effectué une revue critique de la littérature disponible dans le monde entier décrivant la relation entre la
durée habituelle du sommeil et l'obésité dans des populations adultes et enfants, en mettant l'accent sur des études longitudinales et sur celles disposant de mesures objectives de la durée
habituelle du sommeil.
Les données existantes donnent des résultats assez disparates. Une seule étude a objectivement mesurée la durée du sommeil
sur 24 h. On retrouve en effet souvent une association entre une courte durée du sommeil avec l’index de masse corporelle. Toutefois, certaines de ces études ont également montré qu’une
longue durée de sommeil est également associée à l'obésité. En revanche, d'autres études ne montrent pas d’association, ni à une courte, ni à une longue durée de sommeil pour l'obésité.
Dans la population pédiatrique, le fait de dormir peu semble plus clairement associé à l'obésité. Il n’y a pas d'études internationales où la durée du sommeil a été modifiée afin de
prévenir ou de traiter l'obésité.
Cette équipe prend donc le contre pied du discours ambiant avec des arguments solides pour défendre l’idée que nos
connaissances ne sont pas encore assez bien établies pour donner des conseils de santé publique sur la durée du sommeil pour contrebalancer l'obésité. Nous avons encore besoin d’études pour en
arriver à de telles affirmations.
Pour être pragmatique, dormons ce qu’il nous faut, pas plus, pas moins,
et il y a des chances que ce soit la bonne durée.
Is sleep duration related to obesity? A critical review of the epidemiological evidence.
Nathaniel S. Marshalla, Nick Glozier, Ronald R. Grunsteina.
Sleep Medicine Reviews (2008) 12, 289–298
Par S Royant-Parola
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Ca commence fort pour nos handballeuses françaises qui joueront leur premier match à 09h00 (soit 03h00 heure de Paris),
samedi.
"Nous avons un petit peu le sentiment d'être enfermées dans une petite boîte au 9e étage de notre immeuble du village
olympique", a déclaré Stéphanie Cano lors de la conférence de presse d'avant compétition, mardi, au Club France de Pékin.
Comme vous le savez, jouer à une heure si matinale peut aussi poser des problèmes à l’organisme, Stéphanie Cano se
souvient d'avoir expérimenté la chose en 1997 ou 1998.
"C'était dans un tournoi en Ukraine où on avait perdu les trois premiers matches la veille mais pas aux Jeux, pas dans une
compétition officielle", précise-t-elle. Et l’Ukraine n’a qu’un décalage d’une heure avec nous, contre 6 heures pour Pékin. Oups !
"Aujourd'hui, nous nous sommes levées à 07h00, demain ce sera à 06h00, après-demain ce sera à 05h00 et nous jouerons un match
amical contre la Norvège à 09h00 pour nous mettre en condition", dit-elle.
Espérons que ce début de resynchronisation les aidera à être plus en phase avec les horaires locaux. Par ailleurs la chance
est peut-être de notre côté car la capitaine de l’équipe de France déclare : "J'espère que nous ferons mieux que les Angolaises qui, me dit-on, ne sont pas des lève-tôt".
Tiens, tiens, l’adage « le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt » serait-il vrai?
Enfin… Pas d’affolement si vous lisez le livre de la jeune journaliste Elsa Fayner, « Et pourtant je me suis levée tôt,
une immersion dans le quotidien des travailleurs précaires » (Ed. du Panama, 2007), ce n’est pas aussi évident…
Par S Royant-Parola
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