Le Sommeil

UN VIOLEUR ACQUITTÉ POUR CAUSE DE SOMNAMBULISME

[ mercredi 30 novembre 2005, 20h13 - AFP ]


Un homme de la région de Toronto a été acquitté dans une affaire de viol, le tribunal ayant estimé qu'il souffrait d'une sorte de somnambulisme et qu'il était endormi lors des faits, a rapporté mercredi le Toronto Sun.

L'accusé, un paysagiste de 33 ans, avait rencontré sa victime lors d'une fête en juillet. La jeune femme et lui avaient beaucoup bu et se sont endormis sur un canapé.

La jeune femme s'est réveillée en s'apercevant que l'homme avait des relations sexuelles avec elle et l'a aussitôt repoussé. Ce dernier a déclaré à la Cour s'être lui aussi réveillé à ce moment-là et n'avoir soupçonné qu'il avait eu des relations avec la jeune femme qu'en s'aperçevant après qu'il portait un préservatif.

Un expert du sommeil a témoigné devant le tribunal que l'homme souffrait d'une forme de somnambulisme, qui est provoquée par l'alcool, le manque de sommeil et des facteurs génétiques.

L'homme avait connu des épisodes similaires avec quatre amies.

Le jugement a provoqué la colère de groupes de femmes. "C'est rageant. C'est un nouvel exemple de tribunal qui ne prend pas les plaintes de femmes au sérieux et cela rallonge encore la liste des excuses invoquées par les hommes lors de cas d'agressions sexuelles", a déclaré au journal Suzanne Jay, responsable d'une association luttant contre les agressions sexuelles.

Une histoire à faire peur....

 

 

Mardi 20 décembre 2005 2 20 /12 /Déc /2005 08:23
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J'aime ta couleur café......

Oui mais!!! Attention à tous ceux  et celles (il y apparemment des différences selon le sexe  ) qui utilisent le café pour se tenir éveillé.

 

 

 

L'hypertension les guette....

On sait que la caféine absorbée par des volontaires sains augmente la pression artérielle (HTA), mais avec le temps et la répétition des doses, cet effet semble sérieusement s’estomper. Il n’en reste pas moins que, dans les études expérimentales, l’administration de caféine conduit à une élévation des taux plasmatiques de nombreuses hormones associées au stress, qu’il s’agisse de l’adrénaline, de la noradrénaline ou encore du cortisol, ceci à court terme.        

Une étude longitudinale récente a mis en évidence une association positive entre la consommation de café chez les sujets de sexe masculin et le risque d’HTA, avec quelques réserves cependant quand on étudie tous les facteurs associés qui pourraient interférer, en plus du café, pour augmenter la tension artérielle. 

 

Mais chez la femme, ce n'est pas pareil,    selon une étude de cohorte prospective dans laquelle ont été incluses 155 594 femmes indemnes de toute HTA à l’état basal. Au terme d’un suivi de 12 ans, 19541 cas d’hypertension ont été diagnostiqués. Sur le plan statistique il n'y a pas eu de corrélation retenue entre la consommation de caféine estimée par des questionnaires adaptés et le risque d’HTA. Cependant, si l’on se penche sur l’origine de la caféine, la consommation de café ne serait pas un facteur d’HTA chez le sujet de sexe féminin . En revanche, le coca-cola, y compris le « diet coke » éveille les soupçons , mais d’autres études sont à l’évidence nécessaires pour établir formellement sa culpabilité.


Winkelmayer WC et coll. : “Habitual caffeine intake and the risk of hypertension in women.” JAMA 2005; 294: 2330-2335.

Vendredi 16 décembre 2005 5 16 /12 /Déc /2005 19:54
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On vous l'avez bien dit!

Les tétines ont une poignée externe arrondie qui pourrait modifier la configuration du passage de l'air entre la bouche et les narines. Par exemple, les tétines peuvent empêcher l'hypoxie accidentelle qui risque de survenir lorsque l'enfant est couché le visage dans la literie, la poignée ronde et dure ménageant un petit tunnel où l'air peut passer. Les mouvements de succion exercés par les bébés sur leurs tétines peuvent aider au développement neurologique du contrôle des voies aériennes supérieures.
Ont été examinés les cas de 185 enfants décédés de MSN, dans le cadre d'entretiens avec leurs mères. Ils ont été croisés à 312 dyades mères-enfants sans problèmes particuliers, comparables pour l'âge et l'origine ethnique.
Les auteurs ont posé les questions suivantes : l'usage d'une tétine pendant le sommeil est-il associé à une réduction du risque de MSN ? Existe-t-il des facteurs susceptibles de modifier l'association entre la tétine et la MSN ? L'utilisation de la tétine influence-t-elle d'autres facteurs ?
Les résultats montrent que l'usage de la tétine pendant le sommeil est manifestement associé à une réduction substantielle du risque de MSN. Le risque relatif ajusté de MSN quand les bébés dorment avec leur tétine est de 0,08.
La réduction du risque semble maximale dans ce contexte lorsque l'enfant est
dans une situation de couchage à risque : sur le ventre ou sur le côté ou couchage avec une mère fumeuse (sans qu'elle fume dans la chambre de l' enfant) ou sur un matelas mou.

Extrait de l'article du Quotidien du Médecin "une étude  réhabilite les totottes" du 12 décembre, du Dr BÉATRICE VUAILLE d'après une étude parue dans le BMJ (Use of a dummy (pacifier) during sleep and risk of sudden infant death syndrome (SIDS): population based case-control study. De-Kun Li, Marian Willinger, Diana B Petitti, Roxana Odouli, Liyan Liu, Howard J Hoffman. BMJ, doi:10.1136/bmj.38671.640475.55 (published 9 December 2005)


Lundi 12 décembre 2005 1 12 /12 /Déc /2005 22:46
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Les troubles  du sommeil de l’enfant

D'après la conférence de Marie-Jo Challamel

(bonjour Marie-Jo, si tu passes par là! smiley )

 

 

 

La mort subite du nourrisson

Angoisse des parents, la mort subite du nourrisson est liée à un ensemble de facteurs qui contribuent à modifier la respiration et le niveau d’éveil du bébé au cours du sommeil

Entre 2 et 4 mois le sommeil devient plus profond, et il existe une diminution des capacités d’éveil.

 

On a mis en évidence des facteurs prédisposants : les infections (rhinopharyngite, otite, toute infection avec de la fièvre), le stress, les médications sédatives. Certains sont liés au stade de développement du bébé : la  prématurité, la dysmaturité (c'est-à-dire des troubles de la maturité, en particulier du système nerveux neuro-végétatif), le fait qu’il s’agisse d'une grossesse multiple, le degré de maturation post natale...

 Des facteurs de risque ont été identifiés :

- la position sur le ventre,

- le tabagisme maternel

- la température ambiante (plus la chambre est chaude plus le risque est augmenté)

- les drogues (les calmants tels que les somnifères sont interdits avant 1 an)

- la privation de sommeil

- les conditions de couchage tels que couverture sur la tête, matelas mou...

 

 En revanche il existe des facteurs protecteurs

- Allaitement maternel

- Sucette (la déglutition empêche le reflux gastro-oesophagien) et qui aurait un intérêt jusqu’à 1 an

 

   

L’insomnie du petit enfant

Correspond comme chez l’adulte à un trouble de l’installation et du maintien du sommeil

Elle se traduit par

- Des difficultés d’endormissement avec opposition au coucher ou pleurs

- Des éveils nocturnes (souvent multiples mais brefs)

- Plus rarement par une nuit écourtée

 

 25% des enfants de 6 à 12 mois réveillent leurs parents
 21 à 38 % des enfants de 2 à 3 ans
 Chez les préadolescent il y a 14% de mauvais dormeurs

 

Chez l’enfant de moins de 5 ans, ce qui est fondamental c’est le conditionnement à l’endormissement. Il y a des rituels qui permettent à l’enfant de s’endormir. Tout le problème est qu’il faut ajuster la réponse qu’on donne sans en faire « trop ». Ainsi lorsqu’un enfant pleure, il faut aller le voir mais il faut éviter de le sortir du lit, par exemple en mettant la main sur lui, tout en restant neutre pour lui permettre de se rendormir.

  

Conditionnement anormal à l’endormissement

 - Excès de liquide nocturne : consommation de lait ou d’eau excessive (source de distension vésicale qui entraîne des éveils)

- Dysfonctionnement du cycle de la faim et de la soif favorisé par une mauvaise adéquation entre les besoins de l’enfant et la réponse des parents.

- Absence de limites : les parents ont du mal à « organiser » régulièrement le rythme de leur enfant.

- environnement peu structuré (il n’y a pas de règles, chacun fait un peu n’importe quoi)

 

 

Les troubles de l’installation du rythme jour/nuit

Ils sont fréquents et précoces

 

  

Le rythme de l’enfant est décalé par rapport aux rythmes du jour et de la nuit

Soit il survient trop tard (il s’agit d’un retard de phase – A)

Soit il survient trop tôt (on parle alors d’avance de phase –B)

Soit le rythme est plus long que 24h, (on parle alors de rythme hypernycthéméral –C)

 

Causes: environnement peu structuré, horaires irréguliers

- absence de donneurs de temps.

retard de phase chez les parents.

-  troubles du sommeil nocturnes avec levers tardifs.

- déficit mental, moteur, sensoriel.

 

 

 

 

Rôle des parents : ce sont les donneurs de temps, ceux qui permettent à l’enfant de se synchroniser.

 

  

 Quelques évidences toujours bonnes à répéter :

 

- Le lit n’est pas un terrain de jeux

- Trop de stimulation nuit au sommeil

- Favoriser la lumière dans la journée

- Réveil à heure régulière pour les enfants plus grand !

- Réveiller l’enfant en faisant un peu de bruit, lumière. Il est important qu’ il déjeune et les activités le matin, sont très importantes pour la synchronisation.

 

  

 

 

Savoir trouver  des aménagements :

- Lumière acceptée, faible, dans le couloir, ne pas l’éteindre

- Porte un peu ouverte

- Savoir être ferme et dire non, le coucher au bon moment (repérer le moment où l’enfant est toujours endormi, le coucher à ce moment là, puis décaler peu à peu si nécessaire)

 

  

 

 

Parfois les parents sont trop inquiets, ce qui entraine une anxiété de l'enfant. Il existe aussi des difficultés quand il y a une dépression de la mère.

 

 

  

Sur quels symptômes suspecter une cause organique ? (moins de 20 % des troubles du sommeil de l'enfant )

- éveils longs (supérieur à 15 mn), temps de sommeil diminué d’au moins 2 heures.

- Eveils de première partie de nuit, avec un sommeil agité entre les éveils

- Hyperactivité diurne anormale, trouble du comportement

- Fatigue diurne, siestes inopinées

- Ronflement anormal, hypersudation

- troubles alimentaires, régurgitations anormales

- Cassure de la courbe du poids et de la taille

 

Les causes organiques :

  - Maladies chroniques asthme, eczéma, diabète

 - Médications psychostimulantes

 - Retard mental, déficits neuro-sensoriels, épilepsie

- Troubles psychiques et problèmes psychologiques

- Otite chronique, syndrome d’apnées du sommeil

 

Insomnies organiques et nutrition

Asthme

- Il existe une diminution significative du risque d’asthme à 6 ans chez le nourrisson ayant bénéficié d’un allaitement au sein complet pendant les 4 premiers mois de vie

- La prise d’un biberon de lait couché dans le lit avant de dormir dans la première année chez les enfants de parents allergiques favorise la survenue d’asthme à 5 ans

Reflux gastro-oesophagien, erreur diététique, Allergie au lait de vache

 

 

Donc attention, Il faut vraiment éviter le biberon au lit !!

 

  

Erreurs diététiques qui peuvent conduire à un mauvais sommeil:

- Allaitement maternel exclusif de très longue durée (supérieur 1 an)

- Volumes insuffisants : ce qui peut entraîner faim, soif ou constipation

- Volumes alimentaires excessifs supérieur à 5 biberons chez des enfants de moins de 6 mois

- Insuffisance de graisses (pas de lait demi-écrémé chez les enfants de moins de 3 ans)

- Excès de protéines (troubles urinaires)

  

Et les médicaments ?

 

Les somnifères ne sont pas la bonne réponse !

Il est important de ne pas banaliser « la prise d’un sirop pour dormir »

Ces produits peuvent avoir un effet paradoxal, l’enfant peut devenir très agité et lutter contre l’effet avec une hyperactivité  et hyperexcitabilité

Leur efficacité est transitoire (pas plus de 15 jours, puis il faut diminuer très progressivement) avec un risque de cercle vicieux au sevrage

Et jamais avant 1 an

 

Dimanche 11 décembre 2005 7 11 /12 /Déc /2005 00:51
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Suite de l'intervention du Dr Alain NICOLAS
Mauvais Sommeil : Attention à la Dépression !
Eurosom 2005

 

Sommeil & Psychiatrie
(Je tiens à préciser que derrière ce mot qui fait « peur », Psychiatrie, il n’y a aucune forme négative à en ressortir. La dépression relève de la psychiatrie, ce qui touche à l’esprit).
La plainte de son sommeil est présente chez la plupart des patients en psychiatrie. Plus d’un tiers des patients présentant un trouble du sommeil montrent des signes de pathologie psychiatrique. Enfin, 75% des insomniaques ont un diagnostic de pathologie psychiatrique primaire ou secondaire.

 

Troubles de l’humeur
Dans 90% des dépressions majeures, on retrouve un tracé de sommeil perturbé. L’insomnie est de loin le trouble le plus fréquent. On retrouve a contrario une hypersomnie dans des épisodes dépressifs des troubles bipolaires (psychose maniaco-dépressive) et dans les troubles saisonniers. Lors des états maniaques, le besoin de sommeil est réduit à sa plus simple expression : agrypnie (insomnie) transitoire.

 

Insomnie et dépression

Quelques chiffres…

Dans une insomnie isolée, on rencontre 31,1% de dépression, dans 2,7% des cas de dépression il n’y a pas de troubles du sommeil, il y a une insomnie ou une hypersomnie chez 54,3% des cas et 52% des insomniaques chroniques qui consultent dans un centre du sommeil ont une dépression.

 

Sommeil et dépression

Dans la dépression on relève :

  • • Des troubles de la continuité du sommeil avec un allongement du temps de l’endormissement, une fragmentation du sommeil et une diminution du temps de sommeil total.
     
  • • Une réduction du sommeil lent profond.
     
  • • Des anomalies du sommeil paradoxal.

 

 

Spécificité des altérations
Les anomalies du sommeil paradoxal peuvent faire penser à une dépression endogène (qui n’a pas de cause extérieure), mais il est impossible de différencier les sous-types de dépression.

La variabilité des troubles d’un patient à l’autre, rend parfois le diagnostic difficile et enfin la réduction de la latence du sommeil paradoxal est plus spécifique (mais que l’on retrouve aussi dans d’autres pathologies psychiatriques)

 

Dynamique des troubles
L’intensité nous montre la gravité du trouble, elle est plus importante en début d’épisode dépressif. Les troubles augmentent avec l’âge. On retrouve une persistance des anomalies au cours des rémissions, comme le raccourcissement de la latence du sommeil paradoxal qui est un indice de vulnérabilité, qui peut faire penser à un marqueur de la dépression dans le sommeil.

On retrouve également la présence d’une latence courte chez les parents sains.

 

Privation de sommeil
1968 : première observation de l’effet antidépresseur d’une privation de sommeil.

La privation de sommeil qu’elle soit totale, partielle (début ou fin de nuit), voire paradoxale… potentialise (renforce les effets) le traitement médicamenteux.

L’effet antidépresseur survient très rapidement mais reste éphémère, la privation de sommeil aide à mettre un système en route pour les antidépresseurs. Ses effets restent cependant entretenus si la privation est répétée.

L’efficacité de la privation de sommeil est donc rapide (quelques heures) et marquée, simple à réaliser, sûre avec des effets secondaires très limités (les risques sont surtout pour les bipolaires avec le risque d’un virage à l’état maniaque), peu onéreuse.

Elle est efficace dans environ 50 à 60 % des cas, l’amélioration de l’humeur disparaît cependant dès le premier sommeil de récupération. Ceux qui sont de typologie du soir répondent mieux à la privation, à éviter donc chez les patients bipolaires et on peut constater un risque d’aggravation du trouble panique.

 


Hypothèses sur les relations Insomnie – Dépression

La pression de sommeil paradoxal
La privation de sommeil paradoxal est antidépressive, en effet la plupart des antidépresseurs réduisent la quantité de sommeil paradoxal (SP), on constate également que la réponse à certains antidépresseurs est liée à l’intensité de la réduction du sommeil paradoxal et du rebond de celui-ci à l’arrêt de ceux-ci.

 

Hypersensibilité cholinergique
Dans la dépression on constate une augmentation de l’activité de l’acétylcholine (neuromédiateur) par rapport à celle de la noradrénaline (neurotransmetteur). Le sommeil paradoxal serait déclenché par une activation de l’acétylcholine. On pense donc que l’acétylcholine a une action sur le sommeil et la dépression.

 

Modèles chronobiologiques
On constate une avance de phase du rythme régulant le sommeil paradoxal, il survient plus tôt dans la nuit, ainsi qu’une diminution de l’amplitude du rythme circadien de l’éveil. Il y a une présence de sommeils diurnes chez les déprimés, ainsi qu’une perte des repères temporels.

 

Déficience du processus S
Le processus S n’atteint pas le niveau observé pendant l’éveil chez les sujets sains. Le premier épisode de sommeil profond est déficient, il manque de « pression de sommeil » qui permet l’expression du Sommeil Paradoxal en début de nuit. La privation de sommeil apporte une amélioration due à une augmentation de la « pression de sommeil ».

 

Conclusions
Il y a une association étroite entre les troubles du sommeil et les pathologies psychiatriques. On y retrouve des liens physiopathologiques et une relation de cause à effet. La compréhension des mécanismes du sommeil ouvre de nouvelles voies d’exploration dans le domaine de la physiopathologie psychiatrique. Le traitement des pathologies psychiatriques doit donc prendre en compte les troubles du sommeil.
 

 

Prochain : Petit guide de survie à l'usage des insomniaques
Par contre... Euh... Nous partons en congrès... Si je trouve une connexion, vous aurez la suite !

Mercredi 23 novembre 2005 3 23 /11 /Nov /2005 10:30
- Par Morpheus - Ecrire un commentaire - Voir les 9 commentaires

Suite de l'intervention du Dr Alain NICOLAS
Mauvais Sommeil : Attention à la Dépression !
Eurosom 2005

 

La dépression est très invalidante, elle est la première cause d’incapacité dans le monde… Il existe plusieurs types de dépression : légère, majeure, mélancolique, récurrente…

Ses symptômes sont variés pouvant passer de la tristesse au ralentissement.

 

 

 

On peut commencer à parler de dépression s’il y a au moins 5 des critères suivants d’une durée supérieure à 2 semaines.

  • • Humeur dépressive quotidienne (sentiment de tristesse ou de vide intérieur)
     
  • • Anhédonie (absence de plaisir ou d’intérêt pour des activités habituellement agréables)
     
  • • Modification de plus de 5% du poids ou de l’appétit
     
  • • Insomnie ou hypersomnie
     
  • • Ralentissement psychomoteur ou agitation
     
  • • Fatigue, perte d’énergie
     
  • • Sentiment d’inutilité ou de culpabilité, manque d’estime pour soi
     
  • • Troubles de la concentration, difficultés à prendre une décision
     
  • • Idées suicidaires, tentatives de suicide

Il y a aussi une altération du fonctionnement quotidien.

 

Comme l’insomnie, la dépression touche plus les femmes que les hommes, le traitement se porte au minimum sur 6 mois pour éviter les risques de rechute. Elle peut être également primaire ou secondaire.

 
 

Demain : Les relations coupables : Insomnie - Dépression
L'article sera plus long, je vous préviens...

Lundi 21 novembre 2005 1 21 /11 /Nov /2005 20:49
- Par Morpheus - Ecrire un commentaire - Voir les 16 commentaires

Et pour continuer les compte-rendus des conférences d'Eurosom, voici la première partie de l'intervention du Dr Challamel.

Le développement du sommeil de l’enfant et ses troubles
Conférence du Docteur M J CHALLAMEL
Hôpital Debrousse, Lyon


Paramètres de sommeil

Chez l’enfant comme chez l’adulte, le sommeil est identifié à partir de plusieurs paramètres : l’électro-encéphalogramme, l’électro-oculogramme , et le tonus musculaire. L’électrocardiaogramme et le rythme respiratoire présentent aussi des variations selon les stades.


On distingue plusieurs phases :


- l’éveil : caractérisé par un rythme alpha, la présence de mouvements oculaires, un tonus musculaire maintenu, un cœur assez rapide, de même que la respiration.
- le sommeil lent, est comme chez l’adulte constitué par du sommeil lent léger (st1 et 2) et du sommeil lent profond (stade 3 et 4).
- le sommeil paradoxal présente une activité électrique rapide proche de l’éveil ; des mouvements oculaires rapides, une atonie musculaire, un rythme cardiaque et respiratoire rapide et irrégulier.


Le sommeil du nouveau-né présente des particularités :


- le  sommeil calme équivaut au sommeil lent profond adulte
- alors que le sommeil paradoxal, est tout d’abord  un sommeil agité, non seulement avec des mouvements oculaires, mais aussi avec mouvements des doigts, des petits soubressauts et surtout des  mimiques faciales très particulières 
Les mimiques faciales sont très expressives Elles surviennent donc en sommeil agité. Le nouveau-né répète les mimiques qui lui permettront plus tard de communiquer, la joie, le dégoût, la tristesse, la colère…. Elles disparaissent quand il sait les utiliser parfaitement à l’eveil.



Le sommeil du nouveau-né à terme :


-  Durée moyenne 16-17 heures
-  Avec des cycles courts de 50-60 minutes, trés riches en sommeil agité
-  Contrairement à l’adulte le nouveau-né s’endort directement  en sommeil Agité
- Pas de différence dans la composition du sommeil entre première et seconde partie de nuit


Le sommeil du foetus avant la naissance


Le fœtus dort dans le ventre de sa maman. A partir de 5 mois ½ on voit tout d’abord apparaître le sommeil agité, puis le sommeil calme. Les états de sommeil du fœtus  sont independants de ceux de sa maman.


Principales étapes du développement du sommeil


- Alors qu’à la naissance l’endormissement se fait en sommeil agité, l’endormissement  se fait en sommeil lent entre 6 mois et 2 ans (le sommeil ressemble de plus en plus à celui de l'adulte)
- Le cycle s’allonge à partir de 6 mois, pour devenir proche de celui de l’adulte vers 6 ans. ( de 90à 120 mn)
- 3 à 10 ans le sommeil  lent profond devient très important ce qui explique l’apparition très fréquente des accès de somnambulisme et des terreurs nocturnes.
- Le sommeil de l’adolescent est  identique à celui de l’adulte

La plupart des nourrissons font leur nuit entre 3 et 6 mois (c'est-à-dire entre minuit et 5 h du matin, ce qui n’est déjà pas mal !!!)
Les bons dormeurs se réveillent autant que les mauvais dormeurs (pour les parents) mais se rendorment tout seul
Il existe une recrudescence normale des éveils nocturnes vers 9 mois, et il est important que l’enfant se rendorme seul  même s’ils babillent pendant une demi heure. Attention : S’ils ne se rendorment pas c’est que les parents sont intervenus trop vite

- Il faut savoir que la présence des parents au moment de l’endormissement favorise des éveils nocturnes

- Entre 6 et 10 ans, un  coucher tardif entraîne une diminution du temps de sommeil sans augmentation du sommeil diurne. Donc attention au week-end...

- Si vous couchez tard vos enfants , ils ne récupèreront pas et seront très fatigués le lundi.


Entre 20 et 40% des enfants de 1 à 2 ans réveillent leurs parents



Mise en place  des rythmes biologiques


Le rythme de sommeil de nuit du nourrisson évolue les 6 premiers mois avec un rythme dit ultradien (d’une période inférieure à 24h) les 4 premières semaines, puis un rythme en « libre-cours » entre 3 semaines et 4 mois pour un petit pourcentage d’enfant (7%). Pour finalement se stabiliser sur un rythme de 24h après le 4ième mois


Pendant toute cette période l’importance des donneurs de temps pour régulariser le rythme de l’enfant est fondamentale. Ce sont :
- Lors des premières semaines, les interactions mère enfant ou parents enfants
- L'alternance jour/nuit
- l' heure de lever précoce et réguliere
- Des repas à heures regulières, avec suppression progressive de  l’alimentations nocturne.


LES CONSEILS DU Dr CHALLAMEL:

- Pour l’allaitement au cours de la nuit, on n’éclaire pas, on ne parle pas ou très peu, on favorise le calme

- Le matin on a intérêt à ouvrir les volets et à laisser rentrer la lumière du jour


- Au fur et a mesure que l’enfant grandi on favorise une heure de lever précoce et régulière, par l’activité dans la maison pour qu’il se réveille

 


Durée de sommeil


- Grande variabilité inter indivduelle et éthnique
- Diminution du sommeil de jour avant 6 ans
- La durée de sommeil se réduit après 6 ans par un retard progressif du coucher.
- Il existe une grande variabilité d’un enfant à l’autre qui est d’autant plus grande que l’enfant est plus jeune



Durée moyenne du sommeil sur 24 heures:
- 6 mois: 14-15 h
- 3 ans: 12-13 h
- 6 ans: 11 h



Durée de sommeil et télévision !
(avec des variantes : jeux video game boy, ordinateur)


- Depuis 74, au fil des décades, il existe en particulier chez les plus jeunes enfants, une diminution du temps de sommeil qui est expliquée par un coucher de plus en plus tardif.
- Selon une étude américaine sur le temps passé devant la télévision, les chiffres sont impressionnants :  pour les enfant de moins de 12 mois = 0.9 heures par jour, pour les  1-2 ans = 1.6 heures par jour, pour les  2-3 ans = 2.3 heures par jour.
- Plus le temps de TV est important, plus les horaires de siestes et de coucher sont irréguliers


Importance de l’organisation des siestes


- 3 siestes à 6 mois : matin début d après-midi et fin d’après-midi
- 2 siestes entre 9 et 12 mois :: matin et début d’après-midi
- 1 sieste à partir de 15 18 mois début d’ après-midi
Se méfier des siestes qui se prolongent au delà de 16 heures, la plus longue période de veille est suivi de la plus longue période de sommeil. L’endormissement du soir pourra être reculer d’autant, car l’enfant n’est pas suffisamment fatigué pour pouvoir s’endormir. 

Et on dit merci à qui? punk percé

 

 

La suite sur les petits troubles du sommeil  de l'enfant dans un prochain article...

 

 

Dimanche 20 novembre 2005 7 20 /11 /Nov /2005 01:19
- Par Kant - Ecrire un commentaire - Voir les 11 commentaires

Suite de l'intervention du Dr Alain NICOLAS
Mauvais Sommeil : Attention à la Dépression !
Eurosom 2005

 

Nous pouvons parler d’insomnie lorsque :

  • • Le sommeil dure moins de 6 heures (attention quand même aux courts dormeurs) et/ou une durée d’endormissement supérieure à 30 mn
     
  • • Il y a une vraie plainte subjective :
    • o Sommeil ressenti comme difficile à obtenir, insuffisant, insatisfaisant ou non récupérateur
    • o Insomnie d’endormissement, éveils multiples ou réveil précoce
    • o Et surtout une diminution des performances diurnes : mémoire, concentration, fatigue…

 

L’insomnie est une pathologie des plus fréquentes, 40 à 50% des français ont connu au moins une fois un épisode d’insomnie, elle touche plus fréquemment les femmes.

 

L’insomnie chronique peut être secondaire, comme un « effet secondaire » d’une autre pathologie ou d’une mauvaise hygiène de vie telle que :

  • • Syndrome douloureux
  • • Reflux gastro-œsophagien
  • • Asthme
  • • Troubles endocriniens (hyperthyroïdie…)
  • • Médicaments éveillants : corticoïdes…
  • • Hypnotiques (somnifères) chroniques
  • • Alcool, caféine, toxiques (drogues)
  • • Syndrome des jambes sans repos
  • • Syndrome d’apnées obstructives du sommeil

 

L’insomnie peut être aussi « primaire » lorsque sa durée dépasse le mois et qu’elle est isolée, c'est-à-dire qu’elle ne résulte pas d’une mauvaise habitude ou d’une autre pathologie associée.

 

Insomnie Psychophysiologique
Elle représente environ 15% des consultations, et résulte souvent d’une tension corporelle et d’un conditionnement négatif.

 

Insomnie idiopathique
Elle est très rare, elle débute dans l’enfance et il se pose encore la question sur un éventuel rôle biologique. On ne connaît pas la cause de cette insomnie.

 

Mauvaise perception du sommeil
Le tracé du sommeil est normal dans ces cas, la plainte subjective est à mettre au premier plan. Souvent il s’agit d’un autre problème qui se reporte sur le sommeil.

 

Profil psychologique de l’insomniaque chronique
Il a un terrain anxieux et/ou émotif, un caractère pessimiste, une tendance à « rentrer » ses émotions, hyperactif et perfectionniste, il a un problème dans la gestion du stress…

 

Conséquences de l’insomnie

  • Les performances intellectuelles sont amoindries
  • Résultats professionnels (salaires) diminués
  • Hospitalisations plus fréquentes
  • Mortalité accrue
  • Accident d’automobile 2,5 fois plus nombreux.

 

Mécanisme de l’insomnie
Un stress aigu ou chronique entraîne la mobilisation des systèmes de défenses, qui entraînent à leur tour un hyper éveil où s’installent immanquablement des difficultés d’installation et de maintien du sommeil.

 


 

Lundi : La dépression : être ou ne pas être dépressif
(bah oui ! Demain c'est dimanche... langue.gif )

 

Samedi 19 novembre 2005 6 19 /11 /Nov /2005 11:23
- Par Morpheus - Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires

Résumé de l’intervention du Dr Alain NICOLAS
Unité d’Exploration Hypnologique – CNRS UMR 5167
Service Hospitalo-Universitaire de Psychiatrie (Pr Dalery) - CH le Vinatier – Bron (Lyon)
(Eurosom 2005)

 

C'est plutôt long, alors je vais mettre son intervention sur plusieurs articles dont voici les différentes parties, pour ne pas se perdre en chemin...

  • - L'hypnologie sans peine
  • - L'insomnie : sa vie, son oeuvre
  • - La dépression : être ou ne pas être dépressif
  • - Les relations coupables : insomnie - dépression
  • - Petit guide de survie à l'usage des insomniaques

 

L’hypnologie sans peine
(Petit rappel sur le sommeil)

Le sommeil normal est la survenue de périodes répétées, spontanées et réversibles d’une diminution de :

  • - L’activité motrice
  • - De la réponse aux stimulations
  • - De la mémorisation
  • - De la continuité mentale

dont la survenue augmente avec la privation. Son efficacité est effective lorsque le temps dormi est supérieur à 85% du temps passé au lit.

 

La pression de sommeil évolue selon un processus (Processus S) qui montre que plus on est éveillé plus on a besoin de sommeil…

Notre cycle circadien nous indique les moments propices pour dormir, en augmentant également la pression de sommeil. C’est une porte du sommeil à ne pas rater pour s’endormir sans difficulté.

 

Même s’il est difficile d’en faire de réelles études, le sommeil a plusieurs fonctions qui diffèrent selon les stades de sommeil.

Le sommeil profond aide à la récupération physique, à la synthèse protéique, la réparation tissulaire et le renforcement du système immunitaire. Tandis que le sommeil paradoxal (SP) aide à la récupération psychique, la consolidation mnésique, l’apprentissage ainsi que la maturation du système nerveux central. En fait, il y a une interaction des deux états dans la plupart des processus fondamentaux.

 

Enfin il existe différentes typologies du dormeur :
Le court (<6h) et le long (>10h) dormeur, le type vespéral ou du soir (couche tard – lève tard) et le type matinal (couche tôt – lève tôt)

 

Un petit rappel pour nous remettre dans le bain du sommeil...
Demain : L'insomnie : sa vie, son oeuvre...

Vendredi 18 novembre 2005 5 18 /11 /Nov /2005 01:10
- Par Morpheus - Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires

Différents chercheurs ont découvert que la privation totale de sommeil chez le rat conduit inévitablement à la mort, soulevant par la même la question de ce qui est si fondamental dans le sommeil pour maintenir la vie. Chez l'homme on connaît une forme d'insomnie liée à des lésions du thalamus (structure du système nerveux central) "l'insomnie fatale familiale" qui se traduit par une insomnie quasi totale évoluant pendant quelques mois à un an et se terminant par la mort.

Néanmoins cette association manque de sommeil-mort, est loin d'être prouvée. Elle est sans doute variable selon les espèces, les conditions dans laquelle la privation est menée, en particulier du stress de la situation (chez l'animal toutes les expériences rapportées ont été réalisées dans des conditions particulièrement stressantes).

La privation totale de sommeil dans le plaisir aurait-elle les mêmes conséquences?
 

Pour des raisons évidentes, il est impossible d'envisager de conduire des expériences de longue durée de privation chez l'homme. La plupart des études contrôlées n'ont duré que 5 jours ou moins de privation totale. L’expérience la plus longue n'a concerné qu'un seul sujet (R. Gardner). En revanche des privations partielles de sommeil ont été réalisées sur 16 jours sans conséquence physiologique évidentes. Depuis 1955, on sait que la privation partielle ou totale de sommeil a un effet sur l'humeur. Les différentes expériences réalisées chez les déprimés montrent un effet antidépresseur chez au moins 60% des patients.

A chaque privation de sommeil conduite chez l'homme ou chez l'animal on a observé une augmentation de l'appétit. Il existe des troubles de la régulation de la température, et de probables altérations du système immunitaire.

Des travaux récents (entre 2005 et 2010) montrent que les effets de la privation "chronique" d'une heure par jour a des effets subtils: sur les défenses immunitaires (moins bonne résistance), sur le régulation du métabolisme avec notamment des prises de poids (surtout chez l'enfant). Quand aux effets sur l'humeur la privation chronique a été démontrée comme dépressogène chez la souris 

Donc prudence, pas d'excès, dormez ce que votre corps vous demande et éviter la privation de sommeil.



Ps: article revu le 15/01/2010  

Dimanche 23 octobre 2005 7 23 /10 /Oct /2005 00:00
- Par S.Royant-Parola - Ecrire un commentaire - Voir les 10 commentaires
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