Les troubles du sommeil de l’enfant
D'après la conférence de Marie-Jo Challamel
(bonjour Marie-Jo, si tu passes par là!
)
La mort subite du nourrisson
Angoisse des parents, la mort subite du nourrisson est liée à un ensemble de facteurs qui contribuent à modifier la respiration et le niveau d’éveil du bébé au cours du sommeil
Entre 2 et 4 mois le sommeil devient plus profond, et il existe une diminution des capacités d’éveil.

On a mis en évidence des facteurs prédisposants : les infections (rhinopharyngite, otite, toute infection avec de la fièvre), le stress, les médications sédatives. Certains sont liés au stade de développement du bébé : la prématurité, la dysmaturité (c'est-à-dire des troubles de la maturité, en particulier du système nerveux neuro-végétatif), le fait qu’il s’agisse d'une grossesse multiple, le degré de maturation post natale...
Des facteurs de risque ont été identifiés :
- la position sur le ventre,
- le tabagisme maternel
- la température ambiante (plus la chambre est chaude plus le risque est augmenté)
- les drogues (les calmants tels que les somnifères sont interdits avant 1 an)
- la privation de sommeil
- les conditions de couchage tels que couverture sur la tête, matelas mou...
En revanche il existe des facteurs protecteurs
- Allaitement maternel
- Sucette (la déglutition empêche le reflux gastro-oesophagien) et qui aurait un intérêt jusqu’à 1 an
L’insomnie du petit enfant
Correspond comme chez l’adulte à un trouble de l’installation et du maintien du sommeil
Elle se traduit par
- Des difficultés d’endormissement avec opposition au coucher ou pleurs
- Des éveils nocturnes (souvent multiples mais brefs)
- Plus rarement par une nuit écourtée
| 25% des enfants de 6 à 12 mois réveillent leurs parents |
| 21 à 38 % des enfants de 2 à 3 ans |
| Chez les préadolescent il y a 14% de mauvais dormeurs |
Chez l’enfant de moins de 5 ans, ce qui est fondamental c’est le conditionnement à l’endormissement. Il y a des rituels qui permettent à l’enfant de s’endormir. Tout le problème est qu’il faut ajuster la réponse qu’on donne sans en faire « trop ». Ainsi lorsqu’un enfant pleure, il faut aller le voir mais il faut éviter de le sortir du lit, par exemple en mettant la main sur lui, tout en restant neutre pour lui permettre de se rendormir.
Conditionnement anormal à l’endormissement
- Excès de liquide nocturne : consommation de lait ou d’eau excessive (source de distension vésicale qui entraîne des éveils)
- Dysfonctionnement du cycle de la faim et de la soif favorisé par une mauvaise adéquation entre les besoins de l’enfant et la réponse des parents.
- Absence de limites : les parents ont du mal à « organiser » régulièrement le rythme de leur enfant.
- environnement peu structuré (il n’y a pas de règles, chacun fait un peu n’importe quoi)
Les troubles de l’installation du rythme jour/nuit
Ils sont fréquents et précoces

Le rythme de l’enfant est décalé par rapport aux rythmes du jour et de la nuit
Soit il survient trop tard (il s’agit d’un retard de phase – A)
Soit il survient trop tôt (on parle alors d’avance de phase –B)
Soit le rythme est plus long que 24h, (on parle alors de rythme hypernycthéméral –C)
Causes: environnement peu structuré, horaires irréguliers
- absence de donneurs de temps.
- retard de phase chez les parents.
- troubles du sommeil nocturnes avec levers tardifs.
- déficit mental, moteur, sensoriel.

Rôle des parents : ce sont les donneurs de temps, ceux qui permettent à l’enfant de se synchroniser.
Quelques évidences toujours bonnes à répéter :
- Le lit n’est pas un terrain de jeux
- Trop de stimulation nuit au sommeil
- Favoriser la lumière dans la journée
- Réveil à heure régulière pour les enfants plus grand !
- Réveiller l’enfant en faisant un peu de bruit, lumière. Il est important qu’ il déjeune et les activités le matin, sont très importantes pour la synchronisation.

Savoir trouver des aménagements :
- Lumière acceptée, faible, dans le couloir, ne pas l’éteindre
- Porte un peu ouverte
- Savoir être ferme et dire non, le coucher au bon moment (repérer le moment où l’enfant est toujours endormi, le coucher à ce moment là, puis décaler peu à peu si nécessaire)
Parfois les parents sont trop inquiets, ce qui entraine une anxiété de l'enfant. Il existe aussi des difficultés quand il y a une dépression de la mère.
Sur quels symptômes suspecter une cause organique ? (moins de 20 % des troubles du sommeil de l'enfant )
- éveils longs (supérieur à 15 mn), temps de sommeil diminué d’au moins 2 heures.
- Eveils de première partie de nuit, avec un sommeil agité entre les éveils
- Hyperactivité diurne anormale, trouble du comportement
- Fatigue diurne, siestes inopinées
- Ronflement anormal, hypersudation
- troubles alimentaires, régurgitations anormales
- Cassure de la courbe du poids et de la taille
Les causes organiques :
- Maladies chroniques asthme, eczéma, diabète
- Médications psychostimulantes
- Retard mental, déficits neuro-sensoriels, épilepsie
- Troubles psychiques et problèmes psychologiques
- Otite chronique, syndrome d’apnées du sommeil
Insomnies organiques et nutrition
Asthme
- Il existe une diminution significative du risque d’asthme à 6 ans chez le nourrisson ayant bénéficié d’un allaitement au sein complet pendant les 4 premiers mois de vie
- La prise d’un biberon de lait couché dans le lit avant de dormir dans la première année chez les enfants de parents allergiques favorise la survenue d’asthme à 5 ans
Reflux gastro-oesophagien, erreur diététique, Allergie au lait de vache
Donc attention, Il faut vraiment éviter le biberon au lit !!
Erreurs diététiques qui peuvent conduire à un mauvais sommeil:
- Allaitement maternel exclusif de très longue durée (supérieur 1 an)
- Volumes insuffisants : ce qui peut entraîner faim, soif ou constipation
- Volumes alimentaires excessifs supérieur à 5 biberons chez des enfants de moins de 6 mois
- Insuffisance de graisses (pas de lait demi-écrémé chez les enfants de moins de 3 ans)
- Excès de protéines (troubles urinaires)
Et les médicaments ?
Les somnifères ne sont pas la bonne réponse !
Il est important de ne pas banaliser « la prise d’un sirop pour dormir »
Ces produits peuvent avoir un effet paradoxal, l’enfant peut devenir très agité et lutter contre l’effet avec une hyperactivité et hyperexcitabilité
Leur efficacité est transitoire (pas plus de 15 jours, puis il faut diminuer très progressivement) avec un risque de cercle vicieux au sevrage
Et jamais avant 1 an
Derniers Commentaires