Mécanismes


Parents et enfants se reconnaîtront très facilement. Cette phrase que l’on prodigue ou entend très régulièrement devrait bientôt perdre son sens.

Une étude allemande a été menée auprès de 11 enfants d’âge scolaire pour mesurer l’impact des jeux vidéo et de la télévision sur le sommeil et l’apprentissage. Il leur a été permis, et même encouragé, de jouer et regarder la télévision chaque soir après les devoirs. Chaque nuit leur sommeil a été enregistré et étudié, et les enfants ont été soumis non pas à la question mais à des tests de mémoire et d’apprentissage.

jeuxTV.jpg Les résultats sont intéressants. Regarder la télévision affecte significativement l’efficacité du sommeil, mais ne modifie pas la structure de celui-ci. Quant aux jeux vidéo, c’est une autre histoire… Non seulement ils affectent l’efficacité du sommeil, mais ils réduisent le temps de sommeil lent aussi bien qu’ils baissent les performances mémorielles, en particulier verbales.

Les leçons, que nos petits monstres anges nous ont récitées, seront vite oubliées après une bonne partie de jeu vidéo. La conclusion de cette étude tend à suggérer que l’usage de la télévision et des jeux vidéo a une influence négative sur le sommeil, l’apprentissage et la mémoire des enfants.

Une étude que l’on devrait certainement mener auprès des parents également… En tout état de cause, faut-il alors les laisser jouer avant leurs devoirs ? Je sens quelques lecteurs applaudir à cette suggestion… Ou ne vaut-il pas mieux réserver ce loisir pour le week-end ? Bizarre, je sens tout d’un coup quelques lecteurs prêts à m’insulter…


Méfiez-vous quand même…



Hum !
Mardi 20 novembre 2007 2 20 /11 /Nov /2007 15:58
- Par Isabelle Hache - Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires
 

 

Les personnes prenant du Sildenafil – plus communément appelé Viagra – ne cherchent pas forcément à passer une bonne nuit de repos.

Or, il s’avère que « la petite pilule bleue » utilisée pour traiter les troubles de l’érection serait un bon allié pour se relever de certaines formes de Jet-lag.
 

Enfin… Du moins chez le hamster et uniquement pour les rongeurs qui partent vers l’Est (ça tombe bien c’est le décalage horaire le plus terrible).


Nous avons rencontré l'un de ces voyageurs, Neo, qui semblerait être à l’origine de cette découverte.

Neo a toujours rêvé de gloire. Il s’est donné les moyens de réussir en tissant un réseau de connaissances parmi les plus grands noms du show biz et de la science. Vous l’avez vu au cinéma, sur scène, dans de grandes soirées… Enfin si vous habitez New York.

New York est une petite ville pour un grand hamster comme Neo. Trop connu, il ne faisait confiance à aucune femelle et pourtant il aspirait fort à trouver l’amour… C’est pourquoi il brûlait, chaque soir, de rejoindre la capitale de la France. Aaaah Paris ! Ville des amoureux, du romantisme désuet, petite bourgade charmante où nulle ne le reconnaîtrait et où il pourra goûter l’ivresse du French Kiss.

Mais le temps lui sera compté. Tel un Cendrillon des temps modernes, il n’aura que très peu de temps pour assurer et convaincre la belle. C’est très important chez les hamsters d’assurer en toutes circonstances.

C’est pourquoi il fit appel à son ami Diego Golombek, de l’Université de Quilmes à Buenos Air, en Argentine. Celui-ci, compatissant, lui prescrivit du Viagra. Que Neo puisse montrer sa fermeté quant au choix de sa future compagne. De passage à New York et en vacances il décida d’accompagner notre jeune héros à la conquête de l’amour. Et puis Paris c’est aussi sympa comme ville.

Neo prit armes et bagages et parti rejoindre sa dulcinée qu’il ne manquerait pas de trouver. Ce fut chose faite ! Point de temps à perdre. Voyant que la petite pilule bleue n’était pas simple à avaler pour notre ami hamster, Diego décida de lui injecter la molécule. Et Ô merveille des merveilles, Neo avait une forme du tonnerre, aucun ou très peu d'effet secondaire dû au décalage horaire !


Diego est un scientifique, de retour à Buenos Air et avec son équipe menée par Agostino, ils publièrent une étude sur l’effet du Viagra sur les hamsters contre le jet lag dans les Annales de l'Académie nationale des Sciences. Grâce à Neo, tous les hamsters du monde partant à 6 heures de vol vers l’Est, verront leur décalage horaire maîtrisé en un rien de temps ! Et pour ceux qui vont vers l'Ouest, si le Viagra ne pourra rien pour eux, ils trouveront toujours à s'occuper.

Le Viagra pourrait ainsi aider les petits hamsters souffrant de retards d'endormissement ainsi que les rongeurs travailleurs postés à retrouver des cycles de sommeil normaux. Plus facile à utiliser que la mélatonine nécessitant plusieurs doses pour avoir un effet significatif, le Viagra promet une seule dose ! Mais injectée. Si Neo avait avalé un comprimé, nul ne peut prédire si le Viagra aurait eu le même effet. Jusqu'à maintenant, tous les traitements pour recadrer son horloge biologique nécessitaient conjointement une exposition à la lumière, par luminothérapie par exemple, pour un effet optimal. Grâce à Neo, nous savons maintenant que les petits hamsters n'en auront plus besoin.


Et les humains dans tout ça ? Euh... ben… On ne sait pas ! Mais ce serait hyper cool si ça fonctionnait ! Des volontaires pour servir de cobaye ?
 
Mercredi 23 mai 2007 3 23 /05 /Mai /2007 15:20
- Par Isabelle Hache - Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
 

D’après un communiqué de presse de l’Institut Pasteur  dont une  équipe vient d'identifier un nouveau gène associé à l'autisme. Le rôle clé de ce gène dans la synthèse de la mélatonine apporte de nouvelles informations sur ce trouble du développement, atteignant les jeunes enfants, et dont l'origine demeure encore très mystérieuse.

« L'autisme est un syndrome complexe, classé parmi les troubles envahissants du développement, qui apparaît avant l'âge de 3 ans. Il est caractérisé par des déficits dans les interactions sociales et la communication, associés à un répertoire de comportements restreints, répétitifs et stéréotypés. Aujourd'hui, un enfant sur 200 serait atteint d'autisme, avec une fréquence quatre fois plus élevée chez les garçons.

Depuis plusieurs années, de nombreuses recherches ont été menées pour identifier les gènes associés à l'autisme. En 2003, puis en 2006, deux études menées par le groupe Génétique humaine et fonctions cognitives dirigé par Thomas Bourgeron à l'Institut Pasteur  avaient permis d'identifier, chez certaines personnes atteintes d'autisme ou du syndrome d'Asperger (forme moins sévère de l'autisme), des mutations altérant des gènes (NLGN3, NLGN4 et SHANK3) impliqués dans la formation des synapses, zones de communication entre les neurones.

Cette équipe de l'Institut Pasteur s'est depuis intéressée à une région particulière des chromosomes X et Y, appelée région pseudo-autosomique 1 (PAR1). Des altérations de cette région avaient été observées chez des personnes avec autisme, mais le ou les gènes en cause n'avaient pas été identifiés.

Le groupe de l'Institut Pasteur, en collaboration avec l'Inserm, des services de psychiatrie parisiens (CHU de Créteil et hôpital Robert Debré de l'AP-HP) et du département de psychiatrie de l'université de Göteborg (Suède), a étudié dans cette région PAR1 un gène, appelé ASMT. Ce gène code une protéine de la voie de synthèse de la mélatonine. La mélatonine est produite principalement la nuit par la glande pinéale et joue un rôle important dans la régulation des rythmes biologiques circadiens (nuit/jour), comme les rythmes veille-sommeil. Un taux bas de mélatonine chez les personnes avec autisme avait déjà été rapporté par trois équipes indépendantes, mais la cause du déficit n'était pas connue. Dans ce nouveau travail, les chercheurs ont observé que plus de la moitié des enfants atteints d'autisme avaient des taux bas de mélatonine (moins de la moitié du taux témoin) et que cette faible concentration était corrélée à un déficit de l'enzyme ASMT. De plus, des mutations du gène ASMT qui altèrent l'expression ou la séquence de la protéine ont été identifiées chez certains sujets, démontrant ainsi l'origine génétique du déficit enzymatique chez quelques familles. »

 

Ces recherches sont particulièrement étonnantes car faire un lien entre l’autisme et la mélatonine soulève beaucoup de questions sur les rôles potentiels de la mélatonine. Tous les autistes n’ont pas des troubles du sommeil  et le fait d’avoir un taux bas de mélatonine ne signifie pas qu’il existe un autisme (ou des troubles autistiques associés). Donc ce travail ouvre un champ de recherche énorme sur les rapports entre la psychiatrie et la régulation des rythmes biologiques.

Mardi 15 mai 2007 2 15 /05 /Mai /2007 23:02
- Par S.Royant-Parola - Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
 

Notre sommeil est très lié à la température centrale de notre corps. Ainsi au cours des 24h on ne s’endort pas n’importe quand. Le meilleur moment se situe  lorsque la température commence  à baisser, c'est-à-dire en fin de soirée, avec des différences des quelques heures entre les gens du soir qui ont une courbe de température plus élevée plus longtemps,  et les gens du matin dont la température commence sa descente plus tôt. La température n’est donc pas toujours égale à 37° au cours des 24 heures. Elle varie selon une forme grossièrement sinusoïdale avec un maximum entre 16h et 20h et un minimum entre 3h et 6h du matin.

 
Autre subtilité on ne peut pas s’endormir si les extrémités de son corps (mains et pieds)  sont froides… Soyez attentif à ce détail ! Lorsque les extrémités sont froides, cela signifie que la température interne du corps est encore élevée, donc l'endormissement n'est pas possible. Vous pourrez vous endormir plus tôt tout simplement en chauffant votre lit avant le coucher (d’où l’intérêt des bouillottes de nos grands mère – je ne parlerai même pas des bassinoires – ou des couvertures électriques). La solution des chaussettes et des moufles est efficace aussi, mais vous l’avouerez, pas très sexy !
 
Et en cas d’éveil dans la nuit, si vous avez très chaud, ce n’est pas la peine d’essayer à tout prix de vous rendormir, il faut d’abord vous refroidir. La solution ? Sortir du lit, vous prendre une douche fraîche, ou marcher sur du carrelage froid,, tout en n’oubliant pas d’ouvrir les draps pour que , pendant ce temps là votre lit se refroidissent aussi.
 
Ces conseils sont particulièrement vrais pour les femmes ménopausées qui se réveillent et connaissent les fameuses « bouffées de chaleurs ».

 
 
Mardi 6 mars 2007 2 06 /03 /Mars /2007 10:41
- Par S.Royant-Parola - Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires
Les rêves avec un contenu visuel sont l'expression d'une imagerie visuelle. Si l'on imagine qu'un aveugle de naissance peut faire des rêves avec un contenu visuel, cela veut dire que l'imagerie visuelle est possible chez quelqu'un qui n'a jamais eu d'expérience visuelle auparavant. Autrement dit cela sous entend que l'imagerie visuelle ne dépend pas d'une perception visuelle spécifique mais peut se créer à partir d'une activation du cortex visuel.
 
Vous me suivez ?
 
Dans une étude de Helder Bertolo et de ses collaborateurs comparant 10 « non voyants » de naissance à 9 « voyants » il a été montré que les aveugles voyaient au cours de leurs rêves et qu'ils pouvaient en donner une représentation visuelle.
Les non-voyants de naissance ne sont pas capables de décrire verbalement ce qu'on peut appeler le contenu visuel de leurs rêves mais ils peuvent en fournir une représentation  via une production graphique avec des différences minimes entre voyants et non voyants.
Ci dessous un exemple de dessins recueillis au cours de l'expérience, les "voyants" ont dessiné leur souvenir de rêves les yeux fermés pour être dans les conditions les plus proches de celles des non-voyants.
 

              Voyant, les yeux fermés

Non-voyant

Néanmoins cette capacité n'est pas à la portée de tous les non-voyants. Deux d'entre eux ont été incapables de rapporter des rêves tout au long de l'expérience.
Le fait de créer des images sans expériences visuelles antérieures laisse penser que les non-voyants sont capables d'utiliser des influx auditifs, tactiles ou sensitifs pour les intégrer via le système visuel et produire ainsi une représentation visuelle.
 
 
 
Jeudi 7 décembre 2006 4 07 /12 /Déc /2006 23:17
- Par S.Royant-Parola - Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
La lumière, un médicament?
 

De retour du 21ème congrès de la Société française de Recherche de la Médecine du Sommeil qui s'est déroulé à Albi, nous vous proposons des infos sur le sommeil par les plus grands spécialistes de la question sous forme de podcast video. C'est un premier essai avec ses imperfections pour lequel nous demandons votre indulgence en particulier pour le son!L'image ?http://amatasia.phpnet.org/Amatasia/html/emoticons/oops.gif? ne peut être affichée car elle contient des erreurs.

Au programme aujourd'hui, un interview de Claude Gronfier sur les effets de la lumière.
Pour remettre les choses dans le contexte des rythmes de sommeil un petit clic vous permettra de vous rafraîchir les idées.

Bonne écoute! Allez avec un casque, ça va passer!


 

Docteur en Neuroscience, spécialiste des rythmes biologiques, le Docteur Claude GRONFIER est chercheur au sein du Département de Chronobiologie de l'Unité Inserm 371 à Bron (Lyon).
Ses activités de recherche à l'Inserm se consacrent à l'étude des effets du vieillissement et des pathologies oculaires sur le fonctionnement de l'horloge biologique, et au développement de nouvelles stratégies d'utilisation de la lumière pour le traitement des troubles chronobiologiques, le travail posté et le décalage horaire.

 
* Noyau suprachiasmatique : petite structure nerveuse située dans la profondeur du cerveau (au niveau de l'hypothalamus) qui est identifiée comme notre horloge interne.
** Cônes et batonnets : ce sont des cellules situées dans la rétine qui permettent la réception et la tranmission des information lumineuses
Mardi 21 novembre 2006 2 21 /11 /Nov /2006 01:12
- Par S.Royant-Parola et I. Hache - Ecrire un commentaire - Voir les 10 commentaires

Les heures avant minuit comptent doubles

Je vois déjà Morpheus qui panique !


Poncif maintes fois resservi !
Sûr ! Le sommeil n’est pas identique de l’endormissement jusqu’au réveil.  Certes, il y a une dimension chronobiologique qui fait que le sommeil n’a pas la même durée selon qu’on se couche à 23h ou à 5h du mat.  Mais, et oui !!! Il y a toujours un MAIS ! Tout dépend de la personne….

Le sommeil est finalement très personnel !

En fait ce ne sont pas les heures avant minuit qui comptent doubles. Mais les premières heures de la nuit !

Pourquoi ?

Tout bêtement car le début du sommeil est marqué par la prédominance du sommeil lent profond (stades 3 et 4). Celui qui est le plus récupérateur physiquement. C’est au cours de ce stade de sommeil qu’est secrété l’hormone de croissance (celle qui permet aux enfants de grandir et aux adultes de restaurer leur stock énergétique). Un chercheur anglais Jim Horne a même considéré que ce type de sommeil était le seul indispensable,  ce qui a fait l’objet de quelques prises de becs épiques lors de congrès spécialisés…Un peu d’ambiance, quoi !

 

 

 

 

 

Ce sommeil est cependant si indispensable qu’il est le premier à être récupéré en cas de privation de sommeil, le sommeil paradoxal ne montrant une récupération qu’au bout du 2ème ou 3ème jour de privation.

Donc pour schématiser, si vous êtes du matin, les premières heures de la nuit seront bien avant minuit.  Mais si vous êtes du soir, elles seront après minuit…. Et si vous vous se couchez occasionnellement plus tard votre sommeil commencera obligatoirement par du sommeil profond. Donc pas de panique, nous avons tous nos heures qui comptent doubles. Sauf sans doute les déprimés qui malheureusement accusent un fort déficit en sommeil lent profond.

Bonne nuit à tous ….

Samedi 4 février 2006 6 04 /02 /Fév /2006 23:24
- Par Kant et Morpheus - Ecrire un commentaire - Voir les 9 commentaires

J'ai testé votre vigilance...

J'ai dû confondre avec patience Dunno

 

Alors voici un résumé

 

Nous avons des horloges dans le cerveau

Des expériences ont démontré que le sommeil avait un rythme propre, indépendant de l'alternance jour/nuit. Ce qui a permis d'en conclure qu'il existe une horloge interne dans notre cerveau et que celle-ci a besoin de s'adapter à nos 24 heures grâce aux synchroniseurs.

Les synchroniseurs sont des signaux réguliers que nous adresse notre environnement.

La lumière et la mélatonine pour mesurer le temps

Notre rétine contient des cellules sensibles aux influx lumineux qui modulent nos rythmes essentiellement par le biais d'une hormone, la mélatonine dont la sécrétion est bloquée par la lumière.

Pour agir, la lumière doit avoir une intensité assez forte (± 2 500 lux). Elle décale la température interne du corps ainsi que le sommeil, si son intensité est forte lors d'une exposition le matin ou dans la soirée. De plus, une lumière forte augmente la vigilance et améliore les performances.

Les rythmes de la vie sociale

Plus nous sommes soumis à une activité régulière et en groupe, plus nos horloges internes sont synchronisées. Plus l'activité physique est importante, plus la synchronisation des rythmes l'est également.

Il faut cependant se méfier des activités très physiques le soir car elles ont alors le même effet qu'une lumière forte : elles retardent le sommeil.

Les portes du sommeil

La régulation de nos horloges internes fait que l'homme est programmé pour dormir de manière préférentielle à 2 moments particuliers.

La nuit, avec une zone particulièrement sensible autour de 3 ou 4 heures du matin, un moment de grande vulnérabilité de l'organisme où le corps fonctionne au ralenti car la température corporelle est à son minimum.

L'autre moment privilégié est l'heure de la sieste, vers 13 - 14 heures où l'envie de dormir n'est pas spécialement liée au repas, bien que celui-ci lourd et bien arrosé accentue ce creux de vigilance.

 

 

Pour ceux qui ont du mal à s'endormir, vous pouvez lire l'article dans son intégralité  

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Mardi 8 mars 2005 2 08 /03 /Mars /2005 00:00
- Par Morpheus - Ecrire un commentaire - Voir les 7 commentaires

 Aujourd'hui je vais tester votre vigilance... Lirez vous jusqu'au bout sans vous endormir ?

 

Les expériences d’isolement temporel, comme celle du spéléologue Michel Siffre, ont permis de montrer que le sommeil a un rythme propre, indépendant de l’alternance du jour et de la nuit. Nous avons des horloges dans le cerveau

 

Ce type d’expérience a permis de dégager 2 conclusions :

  • La première est qu’il existe une horloge interne dans notre cerveau qui commande le rythme de notre sommeil.
  •  
  • La seconde, que cette horloge a spontanément une période supérieure à 24 heures, ce qui nécessite une remise à l’heure journalière afin d’être correctement calée sur l’alternance du jour et de la nuit. Cette remise à l’heure se fait grâce aux synchroniseurs.

 

Les synchroniseurs sont des signaux réguliers que nous adresse notre environnement. L’alternance du jour et de la nuit est le signal rythmique extérieur le plus évident. Le second est le rythme de l’activité sociale.

                                                   

La lumière et la mélatonine pour mesurer le temps

La lumière solaire donne un éclairement dont l’intensité et la durée varient au cours de la journée et au fil des saisons. Notre rétine contient des cellules sensibles aux influx lumineux qui modulent nos rythmes essentiellement par le biais d’une hormone, la mélatonine.

 

La lumière bloque la sécrétion de la mélatonine, il n’y a donc pas ou peu de sécrétion de mélatonine le jour. A l’inverse, la sécrétion de cette hormone est maximale la nuit, avec un pic vers 3 heures du matin.

 

Pour agir, la lumière doit avoir une intensité assez forte ( ± 2 500 lux), largement supérieure à celle obtenue dans un appartement ou un bureau. L’éclairage d’une pièce est rarement supérieur à 250 lux, tandis que la luminosité extérieure en plein jour varie de 2 000 à 100 000 lux.

 

Lorsqu’un individu est soumis à une lumière suffisamment forte dans la matinée ou dans la soirée, on observe un décalage de sa température interne et de son sommeil. Ainsi, une lumière forte le matin entraîne une avance des horaires de sommeil, on s’endort plus tôt et on se réveille également plus tôt la nuit suivante. A l’inverse, une lumière forte le soir retarde les horaires d’endormissement et de réveil.

 

Cet effet de la lumière est directement lié à une action sur la mélatonine qui suit les variations de la lumière avec une sécrétion qui avance ou retarde l’endormissement selon le moment d’éclairage.

 

La lumière et la mélatonine permettent donc à l’organisme d’ajuster le rythme veille-sommeil aux variations cycliques du jour et de la nuit.

 

 

La lumière a un autre effet sur la qualité de l’éveil et qui n’est pas lié à la mélatonine, une lumière forte augmente la vigilance et améliore les performances. Cet effet est souvent utilisé dans les usines de fabrication pour améliorer les performances et diminuer les accidents.

Le rythme de la vie sociale

 

La vie sociale, rythmée par les horaires de cours ou de travail, des repas, des activités en groupes est l’autre synchroniseur déterminant chez l’homme. Plus nous sommes soumis à une activité régulière et en groupe, plus nos horloges internes sont synchronisées. Des rythmes particuliers peuvent être complètement induits par la vie en groupe.

 Dans la vie de tous les jours cette situation peut se voir en différentes circonstances. C’est le cas chez certains couples dont l’un est très décalé, se couchant et se levant très tard. Au bout de quelques semaines de vie commune, celui qui est décalé a entraîné l’autre…

 

La cohésion du groupe joue un rôle déterminant sur l’entraînement des rythmes : on peut le voir dans les milieux militaires, sportifs, certains groupes d’étudiants…

 

Plus l’activité physique est importante, plus la synchronisation  des rythmes l’est également. Il faut cependant se méfier des activités très physiques le soir (sport, boîte de nuit…) car elles ont alors le même effet qu’une lumière forte : elles retardent le sommeil.

 

 

  

 

                      

  

 

Les portes du sommeil

La régulation de nos horloges internes fait que l’homme est programmé pour dormir de manière préférentielle à 2 moments particuliers : la nuit et en milieu d’après-midi. Peretz Lavie, un chercheur israélien, a utilisé une image fort judicieuse pour les décrire, les « portes du sommeil ».

 

 Celles-ci sont ouvertes dans la soirée et vers 13 ou 14 heures. Une zone est particulièrement sensible, elle se situe autour de 3 ou 4 heures du matin. Il s’agit d’un moment de grande vulnérabilité de l’organisme où le sommeil est quasi obligatoire.

 A cet horaire particulier, on peut lutter pour rester éveillé mais cela demande un effort pour passer le cap. Même si le cerveau est éveillé, le corps fonctionne au ralenti car la température corporelle est à son minimum.

 

C’est un moment difficile où les risques d’accidents sont augmentés car la vigilance est diminuée. Sur la route, les statistiques en témoignent. Les accidents mortels sont plus fréquents dans cette tranche horaire. L’autre creux de vigilance est bien connu. C’est l’heure de la sieste. L ’envie de dormir qui vous prend en début d’après-midi n’est pas spécialement liée au repas, bien qu’elle soit accentuée par un repas lourd ou arrosé.

                                                                  

Mardi 8 mars 2005 2 08 /03 /Mars /2005 00:00
- Par Morpheus - Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires

Les cycles du sommeil

De l’endormissement au réveil, on distingue 5 stades de sommeil qui s’organisent dans une succession de 4 à 6 cycles par nuit, selon la durée du sommeil.

 

Lorsque l’on s’endort le sommeil débute par du sommeil lent léger (stade 1 et stade 2)

Le stade 1 est la transition entre l’éveil et le sommeil.

Le stade 2 est un stade où le sommeil est confirmé, pourtant 50% des bons dormeurs et 80% des « mauvais » dormeurs ont l’impression de ne pas dormir.

 

Durant cette phase de sommeil léger, le cerveau ralentit, la respiration devient régulière mais nous percevons encore vaguement les bruits extérieurs.

 

Le sommeil lent léger représente environ 50% du temps de sommeil total.

 

Puis viennent les stades 3 et 4 qui représentent le sommeil lent profond.

Il occupe 20 à 30% du temps de sommeil et sa durée est pratiquement constante (autour de 100 minutes) quelle que soit la durée du sommeil.

C’est un sommeil dont on émerge difficilement et qui est très récupérateur, particulièrement sur le plan physique.

 

 

Le cinquième stade  correspond au sommeil paradoxal.

Il représente environ 20% du temps de sommeil. 

 

 

Depuis les travaux de Michel Jouvet, il est intimement rattaché aux rêves et sa fonction est surtout évoquée dans le maintien de l’équilibre psychique et dans les processus de mémorisation. C'est le moment où l'on récupère de la fatigue nerveuse.

 

 Néanmoins, on sait maintenant que les rêves surviennent également au cours des autres stades de sommeil.

 

Ces différents stades constituent le premier cycle de sommeil.

 

 

 SP=Sommeil Paradoxal

 

Le sommeil lent profond

  

 

Il doit son nom à l’existence d’ondes cérébrales très lentes et très amples recueillies sur le cuir chevelu grâce à des électrodes. Un éveil brutal peut provoquer un comportement confusionnel ou automatique identique au comportement du somnambule. C’est le moment privilégié de la sécrétion de l’hormone de croissance, une hormone qui sert à grandir chez l’enfant et à reconstruire les réserves énergétiques chez l’adulte.

 

Le sommeil paradoxal

 

 

 

 Il a été décrit par Michel Jouvet sur le chat et par William Dement chez l’homme. Il est appelé « paradoxal » car le cerveau est alors le siège d’une activité électrique proche de celle de l’éveil, alors que le corps est complètement paralysé. Les yeux sont agités par des saccades oculaires très rapides, le visage s'anime. Il y a une érection des organes sexuels chez l’homme comme chez la femme. C ’est un moment où l’activité onirique (rêves) est très marquée.

                                                                              

La structure du sommeil n’est pas identique du coucher au lever. Le début du sommeil est riche en sommeil profond, alors que la fin de nuit est occupée essentiellement par du sommeil léger et du sommeil paradoxal. Cette asymétrie du sommeil explique la qualité des éveils provoqués en cours de nuit. Ainsi, si la sonnerie du téléphone retentit en début de nuit vous aurez l’impression d’émerger du fond de l’abîme et d’avoir du mal à rassembler vos idées. Alors qu’en fin de nuit vous serez plus facilement présent et attentif.

 

Chaque cycle de sommeil comprend du sommeil lent et du sommeil paradoxal. Les cycles se succèdent toutes les 90 minutes en moyenne. A la fin de chaque cycle, un éveil est fréquent qui est plus ou moins perçu par le dormeur.

 

 

Chaque personne a son rythme propre de sommeil avec ses besoins, ses horaires, ses habitudes. Chacun peut trouver un compromis entre son rythme de sommeil et l'organisation de sa vie. Mais il est très important de bien se connaître pour ne pas malmener son sommeil.

 

Samedi 26 février 2005 6 26 /02 /Fév /2005 00:00
- Par Morpheus - Ecrire un commentaire - Voir les 23 commentaires
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