Le Sommeil

Enfin notre société se penche sur le sommeil, ce tiers secret de notre vie qui nous occupe toutes les nuits. Hé oui! Le sommeil sert à quelque chose!

 Source d'équilibre psychique et physique, son rôle et ses fonctions sont à l'honneur grâce à notre Ministre de la Santé.

 

 

COMMUNIQUE DE PRESSE DU MINISTERE DE LA SANTE

 Remise du rapport du Docteur Jean-Pierre Giordanella
sur le thème du sommeil

  Le rapport dans son intégralité

Le 28 juillet dernier, Xavier Bertrand , Ministre de la santé et des Solidarités, a demandé au Dr Jean-Pierre Giordanella de dresser un état des lieux sur le sommeil et de faire des propositions pour en améliorer la prise en compte. A cet effet, un groupe de travail a été mis en place au mois de septembre dernier. Le Dr. Giordanella, qui a présidé aux travaux de ce groupe, a remis ce jour un rapport de conclusions à Xavier Bertrand.

Il en ressort les grands constats suivants :

Le sommeil est une activité aussi naturelle qu’indispensable pour le bon fonctionnement de l’organisme. Son altération peut engendrer de nombreux troubles, avec des répercussions parfois majeures sur la santé. Ce sujet est cependant peu connu, que ce soit de la population ou des professionnels de santé.

 1. Le sommeil est un déterminant de santé à part entière, étroitement lié aux modes de vie et au quotidien des gens.
L’accélération des rythmes liée aux contraintes sociales, l’environnement urbain et les habitudes de vie ne sont pas des conditions propices à un repos de qualité. L’écart entre les besoins réel de sommeil et le temps qui lui est effectivement consacré a tendance à se creuser. Ceci est particulièrement observable chez les enfants et les adolescents dont les besoins en sommeil sont plus importants que les adultes. La dette de sommeil observée dès l’enfance serait notamment préjudiciable aux performances et aux apprentissages scolaires.

2. La sous-estimation du sommeil et ses troubles a un impact sur la santé publique
En médecine générale, on note de nombreuses plaintes pour troubles du sommeil entraînant une grande consommation d’hypnotiques au dépend d’autres alternatives thérapeutiques. Outre le coût pour la collectivité, le risque est la dépendance, sans compter l’accidentologie induite (notamment les chutes).
Par ailleurs, près de 2,5 millions de français souffriraient d’apnées du sommeil mais seuls 10% auraient été diagnostiqués à ce jour. Ce retard est préjudiciable, notamment sur le risque d’infarctus ou d’hypertension artérielle qui serait beaucoup plus important. L’apnée du sommeil est également un facteur de somnolence diurne excessive, qui favorise la survenue d’accidents routiers, professionnels et domestiques

 3. L’hygiène et les troubles du sommeil méritent une prise en compte spécifique dans les domaines de l’éducation à la santé, de la formation et de la prise en charge médicales
La population ne dispose pas de suffisamment d’informations sur les fonctions et les bienfaits du sommeil ainsi que sur les conditions à réunir pour satisfaire à ses besoins. En cas de troubles du sommeil, les capacités d’alerte et de repérage par les professionnels de santé sont assez faibles et les éléments d’information, d’orientation ou de prise en charge qu’ils détiennent restent insuffisants. La prise en charge est rendue complexe par la multiplicité des intervenants et la diversité des structures. Il manque des référentiels communs pour organiser un parcours de soin cohérents allant du généraliste au centre spécialisé si besoin.
Pour être améliorée, la prise en charge du sommeil doit également s’appuyer sur des données plus documentées.

 

Le Ministre de la Santé et des solidarités tient à saluer la très grande qualité de ce rapport qui dresse un état des lieux unique sur le sommeil. Il remercie également ses auteurs pour la richesse des propositions concrètes qu’ils ont établi.

 

A l’issue de la remise du rapport, Xavier Bertrand a indiqué que, sur la base des préconisations du groupe de travail, il annoncera une série de mesures dans la deuxième quinzaine du mois de janvier 2007, afin que d’une part les connaissances sur le sommeil se développent et que d’autre part les troubles du sommeil soient mieux pris en charge.

 

 

Dimanche 17 décembre 2006 7 17 /12 /Déc /2006 17:13
- Par S.Royant-Parola - Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires

 

Un titre évocateur pour cette conférence à succès lors du XXIe Congrès du sommeil à Albi. Rares, mais extrêmement perturbants, les troubles du comportement sexuel liés aux pathologies du sommeil peuvent faire sourire, mais avoir aussi des conséquences médico-légales et familiales graves. Du somnambulisme sexuel aux hallucinations à tonalité sexuelle, le Dr Isabelle Arnulf (Hôpital Pitié-Salpêtrière - Paris) nous expose les différents comportements identifiés à ce jour.

 

En dehors des « rêves humides » avec éjaculation pour les hommes et des rêves érotiques pour les femmes aboutissant à l'orgasme, aucune étude ne s'est réellement penchée sur les comportements sexuels anormaux pendant le sommeil. Une enquête anonyme sur Internet, en 2006, a permis d'identifier quelques comportements.

L'acte sexuel permettrait de nous endormir plus rapidement, nous dit la croyance populaire. Or chez 10 volontaires sains, la masturbation, accompagnée ou non d'un orgasme, ne diminue pas le temps d'endormissement et ne modifie pas le sommeil. Si visionner un film érotique ne le modifie pas non plus, ni la fréquence ni la durée des érections nocturnes ne le sont également, il diminue cependant le taux de rappel de rêves le lendemain. L'abstinence ne changerait pas non plus le nombre d'érections ou d'éjaculations nocturnes chez les hommes mariés.

 

Quant aux comportements sexuels anormaux liés à une pathologie du sommeil, l'enquête a fait ressortir que les plus touchés par de tels troubles étaient pour 69% des hommes d'une moyenne d'âge de 30 ans. Ces troubles se retrouvent lors de parasomnies, d'épilepsies nocturnes, du syndrome des jambes sans repos (SJSR), de narcolepsie et du syndrome de Kleine-Levin.

 

Les parasomnies sexuelles concernent quatre fois plus les hommes que les femmes. Des points communs avec les cas d'épilepsie nocturne avec automatisme sexuel sont mis en avant, comme la masturbation, la vocalisation sexuelle, les caresses, l'excitation sexuelle ou l'orgasme. Les parasomnies sexuelles peuvent aussi entraîner un somnambulisme sexuel, viol ou contact sexuel avec autrui accompagnées d'une amnésie des faits, contrairement aux crises d'épilepsie. Si quelques conjoints rapportent des effets agréables, pour 35% des cas de parasomnies sexuelles, il y eut des conséquences médico-légales, essentiellement sur mineur. Un traitement existe pour lutter efficacement contre les parasomnies sexuelles.

 

Pour le SJSR deux cas exceptionnels de « vagin sans repos » ont été rapportés. Seul l'acte sexuel calmait temporairement les sensations d'hyperexcitation, de lourdeur/chaleur vulvo-vaginales insupportables et parfaitement différentiables des désirs sexuels habituels.

Un homme, atteint d'un SJSR remontant jusqu'au pelvis, avait des mouvements rythmiques non seulement des jambes, mais également du bassin ressemblant au coït. La masturbation et l'acte sexuel sont parfois efficaces pour calmer la sensation désagréable et s'endormir, un traitement permet de faire régresser les symptômes.

 

Il existe des hallucinations hypnagogiques à tonalité sexuelle dans la narcolepsie, pouvant conduire à des accusations de viol. Des cataplexies peuvent être déclenchées par l'émotion sexuelle ou l'orgasme.

 

Une hypersexualité est rapportée pour 53% des cas de syndrome de Kleine-Levin, plus fréquente chez les garçons, dénotant un facteur de gravité doublant la durée de la maladie. Cette hypersexualité peut être à l'origine d'agressions sexuelles ou d'activités masturbatoires en public.

 

Les comportements sexuels anormaux associés au sommeil peuvent avoir une incidence grave, osez en parler à votre médecin, en particulier lorsqu'il s'agit de somnambulisme, d'hallucinations ou d'hypersomnies notamment dans le cadre du syndrome de Kleine-Levin.

 

Mercredi 29 novembre 2006 3 29 /11 /Nov /2006 00:00
- Par Isabelle Hache - Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires

Le syndrome de la M.S.N est défini comme le décès soudain d'un jeune enfant, inattendu de part son histoire, demeurant inexpliqué malgré les examens réalisés après la mort. Ce syndrome survient avec un maximum  de fréquence entre 2 et 4 mois. Le garçon est plus touché que la fille. En 2005, sur les 523 décès enregistrés dans cette classe d’âge en France, 345 était attribués à la mort subite.


Les circonstances du décès sont assez stéréotypées : un nourrisson en parfaite santé, couché normalement quelques heures plut tôt, est retrouvé mort dans son berceau. La position couchée sur le ventre expose plus particulièrement à ce genre d’accident. Il y a parfois une petite régurgitation. La mort est toujours silencieuse : elle n'est précédée d'aucun cri, d'aucun pleur. Ce syndrome serait plus fréquemment rencontré en hiver et au printemps. Il est parfois retrouvé dans les jours précédents, la notion de privation de sommeil, de modification des rythmes de vie habituels, d'infection des voies respiratoires supérieures ou de la prise d'une médication sédative.


Pendant longtemps, on a pensé que des apnées du sommeil étaient responsables. En fait, la respiration d'un nouveau-né est presque toujours irrégulière et les spécialistes ne sont pas parvenus à donner un pronostic aux différents rythmes décelés.


On a ensuite évoqué un dysfonctionnement du système nerveux autonome et un reflux gastro-oesophagien. Ce dernier serait susceptible d'entraîner un décès soit par mécanisme respiratoire (fausse-route, spasme laryngé, apnée réflexe) ou cardiaque (réflexe vagal avec bradycardie à point de départ oesophagien).
On insiste actuellement sur l’ aspect plurifactoriel de l'accident mortel. En particulier de la fièvre, une infection, vont jouer aussi un rôle. Ainsi il n'existe pas une seule cause pour expliquer la M.S.N mais plusieurs facteurs isolés ou associés, qui peuvent survenir à un moment donné chez un enfant donné, pour entraîner la mort par des mécanismes variés. Une dimension familiale existe et on retrouve des familles à risques qui nécessitent une surveillance particulière.

Les travaux de l'équipe d' Hannah C. Kinney et ses collaborateurs de l’hôpital pour enfants de Boston (Etats-Unis) ont analysé les cerveaux de 31 bébés décédés de MSN et les ont comparé aux cerveaux de 10 bébés décédés d’autres causes. Les résultats publiés dans le Journal of the American Medical Association   montrent que dans les cerveaux du groupe d’enfants décédés de mort subite, il y a deux fois plus de neurones présentant des dysfonctionnement d’un neurotransmetteur appelé sérotonine. Ces neurones sont localisés dans une zone particulière du cerveau appelée tronc cérébral. Il semble que les enfants présentant un déséquilibre dans la façon dont le cerveau utilise la sérotonine sont plus susceptibles de mourir de MSN.

Cette étude contribuera sans doute à déculpabiliser un peu  les malheureux parents  qui ont été confronté à ce drame.


Dimanche 5 novembre 2006 7 05 /11 /Nov /2006 06:41
- Par Kant - Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Nuit sans sommeil... La lune est pleine
Une étude sur le sommeil et les phases lunaires a été menée en Suisse et publiée dans le "Journal of Sleep Research" en juin 2006, en parallèle à l'étude principale sur la téléphonie mobile.
 

La croyance populaire voudrait que les cycles de la lune aient un effet sur la physiologie, le comportement et la santé de l'homme. 31 volontaires (18 femmes et 13 hommes d'une moyenne d'âge de 50 ans) se sont prêtés au jeu durant 6 semaines, incluant 2 pleines lunes. La durée de sommeil subjective a été calculée selon un agenda du sommeil que chaque participant a rempli durant cette période.
 

La durée moyenne de sommeil est de 6h49mn. Elle varie selon les cycles de la lune allant de 6h41mn lors de la pleine lune à 7h lors de la nouvelle lune.
 
Comparé aux week-ends, la durée de sommeil est raccourcie de 68 mn en semaine.
 
Les hommes dorment 17 mn de plus que les femmes, et la durée de sommeil diminue avec l'âge.
 
Il a aussi été mis en avant que l'intensité de la fatigue le matin était associée aux phases lunaires, avec plus de fatigue lors de la pleine lune.
 

Cette étude, sur uniquement 31 volontaires, avec une durée de sommeil subjective (qui n'est donc pas forcément objectif) et en parallèle à une étude portant sur un autre sujet, doit être évidemment confirmée. Ce que préconisent également les auteurs.


Le résumé en anglais c'est par ici

Lundi 23 octobre 2006 1 23 /10 /Oct /2006 00:00
- Par Morpheus - Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires

Comment diminuer le jet-lag ?

 

Un internaute voudrait en savoir plus... Pour répondre à Fouque et profiter à tous...

La stratégie est très différente selon que le déplacement sera de courte durée (3 à 4 jours) ou  pour un long séjour.
Si vous faîtes un voyage express, vous avez tout intérêt à rester calé sur votre rythme de départ.
Ceci est particulièrement vrai pour les hommes d’affaires qui doivent discuter des contrats compliqués, où chaque terme, chaque alinéa est important. Dans un temps aussi court il est impossible de s’adapter aux nouveaux horaires. L’attention et la concentration seront difficiles à maintenir à certains moments, et tout particulièrement aux horaires correspondants aux horaires de sommeil habituels dans son pays d’origine. Donc si vous devez signer un contrat,  arrangez-vous pour que les horaires de réunion correspondent avec des horaires où vous seriez réveillé en France. Si Ce n’est pas possible, organisez-vous une petite sieste suivie d’une bonne douche avant toute réunion importante, et surtout éviter l’alcool qui majore les troubles de la vigilance.

En revanche si vous partez en vacances essayez de vous recaler au plus vite sur les horaires du pays en vous aidant des moyens naturels que vous avez à votre disposition en suivant les conseils qui suivent.

Vous avez fait un voyage vers l’ouest :
- Mettez des lunettes noires le matin pour vous
protéger du soleil
- Profitez au contraire de la lumière l’après-midi et aussi tard que possible dans la soirée
- Évitez le sport le matin, en revanche faites en le soir
- Ne refusez aucune sortie, restaurant, boite de nuit le soir… (mais éviter l’abus d’alcool)

Vous avez fait un voyage vers l’est :
- Exposez-vous à la lumière le matin,
- Favorisez sport, sauna, sorties très tôt le matin,
- Portez des lunettes l’après-midi et en soirée,
- Profitez du soleil le matin, faites votre jogging dès le lever,
- Éviter les sorties tardives la première semaine.


Et la mélatonine ?


La mélatonine est une hormone qui règle nos horloges internes. Elle paraît toute indiquée pour nous aider à recaler nos rythmes déphasés par les voyages. Néanmoins son utilisation est loin d’être bien codifiée et les réponses individuelles ne sont pas prévisibles.

Si vous souhaitez néanmoins faire un essai quelques précautions s’imposent :
- Toujours se procurer une mélatonine de synthèse et non pas une mélatonine «naturelle» qui est extraite de cerveau de bovin.
- Ne  l’utiliser qu’occasionnellement et sur quelques jours (les résultats d’une prise sur de longues périodes ne sont pas connus)
- L’utiliser pour avancer vos rythmes (retour des USA ou voyage vers l’Asie) en prenant de 1 à 3 mg vers 19h ou 20h : il semble que la mélatonine a une action plus constante pour avancer nos rythmes que pour les retarder. Une prise sur 3 jours suffit pour se recaler.

 Source "Comment retrouver le sommeil par soi-même" du Dr Royant-Parola,

éditions Odile Jacob

Dimanche 1 octobre 2006 7 01 /10 /Oct /2006 19:34
- Par Kant - Ecrire un commentaire - Voir les 8 commentaires

A Munich la chronobiologie a toujours la côte. Depuis les premières études d'isolement temporel réalisées par Aschof et Wever en 1972 dans un bunker, les équipes de chercheurs sont toujours très actives! Actuellement une étude multicentrique européenne est coordonnée par Till Roenneberg sur le chronotype. Késako? Me direz-vous... Et bien il s'agit de la mesure de la dimension temporelle de l'organisme dont on peut penser qu'elle est fortement influencée par la génétique. Encore faut-il le prouver! Vous pouvez participer à cette étude tout simplement en allant remplir le questionnaire en ligne http://www.imp-muenchen.de/index.php?id=936, ce n'est pas douloureux, et pas trop long. La seule chose qui reste en suspend est de savoir si l'on aura un compte-rendu personnalisé...

Grâce à ce questionnaire on peut déterminer un "point" qui est le milieu du sommeil. Ce point varie selon les individus. Mais où Roenneberg devient trés fort c'est qu'il met en évidence des différences selon les situations.

Ainsi 40 000 personnes (de toute l'Europe) ont actuellement répondu.

On voit des différences énormes entre les jours de repos et les jours de vacances. En vacances (free-days) le milieu du sommeil (mid-sleep) survient plus tard, et d'autant plus tard que la population est jeune (les moins de 21 ans ici). En clair c'est ce que vous observez tous les week-ends en regardant dormir vos adolescents qui n'arrivent pas à se lever avant 11 heures dans les bons cas,  et parfois nettement plus tard.... C'est le jet- lag social du week-end (vol New-York/ Paris sans bouger de votre lit en quelque sorte!). Curieusement les fumeurs sont plus sujets à ce jet-lag social (allez savoir pourquoi?). Les hommes sont globalement plus décalés (tardivement) que les femmes, avec un retour à l'égalité après la ménopause (serait-ce les hormones?).

Autre point important le chronotype dépend du temps passé hors de la maison à la lumière extérieure. Plus l'exposition à la lumière extérieure est longue, plus les gens se couchent tôt.

En hiver le milieu du sommeil survient plus tard que celui de l'été

Ainsi ces éléments mettent bien en évidence que nous sommes privés de sommeil avec une tentative de récupérer le week-end et des conséquences évidentes sur la mémoire, l'apprentissage, la vigilance, les performances et la qualité de vie.

Samedi 16 septembre 2006 6 16 /09 /Sep /2006 01:07
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La rentrée scolaire signifie pour beaucoup de jeunes des changements importants aux habitudes de sommeil acquises au cours des vacances. S'il était possible de dormir tard le matin tout au long de l'été, les horaires des écoles mettent fin de façon radicale à cet agrément ! Dans ce contexte, le docteur Roger Godbout, directeur du Laboratoire du sommeil de l'Hôpital Rivière-des-Prairies (au Canada, cherchez pas ), invite les parents à la vigilance en leur rappelant qu'une bonne nuit de sommeil prédispose leurs enfants d'âge scolaire à l'apprentissage.
 
Si le sommeil paradoxal ne dure qu'environ cinq minutes au cours du premier cycle de sommeil, il durera de 40 à 50 minutes à la fin de la nuit. Les recherches menées par le docteur Godbout au laboratoire de l'Hôpital Rivière-des-Prairies démontrent justement que le sommeil paradoxal joue un rôle majeur dans la mise en mémoire des apprentissages du jour précédent et prédispose à la consolidation des apprentissages du jour à venir. On comprendra donc que l'enfant qui se lève plus tôt pour se rendre à l'école se voit privé du plus long stade de sommeil paradoxal.

On ne le dira jamais assez, le sommeil est impérieusement nécessaire au bon fonctionnement diurne, à la bonne humeur et à l'entrain !

Pfiou ! Voilà qui est dit !
 
 
Et pour aide-mémoire... en dehors du sommeil paradoxal que vous avez pris soin de prendre en quantité (oui le sommeil ça se prend aussi ), quelques rappels sur les notions de base du sommeil : Les cycles du sommeil et les fonctions du sommeil
 
Lundi 11 septembre 2006 1 11 /09 /Sep /2006 03:27
- Par Morpheus - Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires

La rentrée arrive. Le plus dur est pour les ados. Ils ont une fâcheuse tendant en vacances à se décaler très tard dans la nuit (je sais y en a d’autre, hein Morpheus ;o) et donc ils émergent péniblement à midi dans le meilleur des cas.

Selon une enquête SOFRES- ISV de 2005 les jours de repos le WE sont l’occasion de décalage important des horaires du sommeil. En vacances c’est en quelque sorte un WE permanent  qui va demander beaucoup d’effort pour se recaler.

 

Pourtant l’adolescent  a besoin de beaucoup de sommeil, et comme on le voit sur ce graphique il a perdu entre 2 et 3h de sommeil en 30 ans !

 

En cette période de rentrée il est donc important pour l’ado de se recaler progressivement au moins une semaine avant la reprise des cours sinon les 3 premières semaines seront très douloureuses et parfois décourageantes. Or il ne faut pas que l’ado perde pied. Donc désolée  d’être un peu directive mais les vacances sont finies. Maintenant il faut vous coucher plus tôt, éliminer l’ordinateur au-delà de 23h, supprimer les émissions de télé tardives (vous pouvez les enregistrer ;o) et surtout vous lever plus tôt !

Dur ! Je sais ;o). Mais y a pas il faut ! Donc commencer par vous lever à 11 h maxi puis avancer d’une demi heure par jour pour arriver à 8h , trois jours avant la reprise des cours. De cette manière vous ne serez pas zombique en arrivant au lycéen ou en fac !

Samedi 26 août 2006 6 26 /08 /Août /2006 00:00
- Par Kant - Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires

Ou comment voyager en restant sur son lit (d’hôpital) ...

Vous avez tous (ou presque tous!) eu, un jour, une anesthésie. Souvenez-vous au réveil,  ce sentiment de décalage, d'être à côté de la plaque, vaguement béa (sauf si la douleur était là). Suivi souvent de troubles du sommeil bizarres: pas sommeil au bon moment, réveil trop tôt. Eh bien, les chercheurs strasbourgeois apportent des réponses... Il semblerait que les anesthésiques agissent sur nos horloges internes...

D’après un communiqué de l’INSERM du 8 juin :

(à propos de l’annonce d’un article à paraître : “Reciprocal Relationship between General (Propofol) Anesthesia and Circadian Time in Rats”- Etienne Challet, Sylvaine Gourmelen, Paul Pevet 1, Philippe Oberling et Laure Pain. Neuropsychopharmacology (sous presse)

9 millions d’anesthésies générales sont pratiquées chaque année en France. Bien que les produits utilisés soient aujourd’hui éliminés très rapidement, de nombreux patients se plaignent de troubles du sommeil et d’une grande fatigue pouvant persister jusqu’à cinq jours.

Grâce à une mise en commun de compétences en chronobiologie et en modélisation des problématiques de l’anesthésie, des chercheurs de l’Inserm et du CNRS à Strasbourg démontrent pour la première fois qu’une anesthésie par propofol perturbe l’horloge interne cérébrale et induit un effet de type décalage horaire. Ces travaux sont en cours de publication dans Neuropsychopharmacology.

Les progrès réalisés en matière d’anesthésie ont permis d’assurer un maximum de sécurité pour les patients au bloc opératoire. Les recherches actuelles s’intéressent désormais aux conséquences désagréables de l’anesthésie et visent essentiellement à l’amélioration de la qualité dans ce domaine.

Ainsi, l’élimination plus rapide des produits utilisés permet aux patients de limiter leur séjour à l’hôpital, voire pour quelque 30% d’entre eux de bénéficier d’anesthésies en ambulatoire, c’est-à-dire sans hospitalisation.

Pourtant, un grand nombre de patients se plaignent encore d’une mauvaise qualité de sommeil, de troubles de l’attention, d’épisodes de somnolence et d’une fatigue inexpliquée les jours suivant une anesthésie générale. Des symptômes qui surviennent même lorsque l’anesthésie est de courte durée (20 à 30 minutes) et ne s’accompagne pas de geste chirurgical (coloscopie par exemple). Ces perturbations qui persistent jusqu’à 5 jours après l’anesthésie limitent une reprise rapide des activités familiales et/ou professionnelles et peuvent provoquer des incidents du fait de troubles de l’attention.

 


Dès 2001, l’équipe de Laure Pain (unité Inserm 666/Hôpitaux universitaires de Strasbourg), suggérait un éventuel effet perturbateur de l’anesthésie sur les rythmes circadiens (qui régulent sur 24 heures l’alternance veille-sommeil), voire une action directe de l’anesthésie sur l’horloge biologique interne cérébrale (structure cérébrale qui régule ces rythmes). Après quelques études expérimentales pilotes menées chez le rat, avec le soutien de l’Institut Fédératif des Neurosciences à Strasbourg et du département de Neurobiologie des Rythmes de l’Institut des Neurosciences Cellulaires et Intégratives (CNRS/Université Louis Pasteur), les premiers résultats ont confirmé une perturbation des rythmes circadiens après une anesthésie de courte durée (30 minutes) chez le rat. Ce qui a permis à l’équipe d’obtenir en 2004 un financement de l’European Society of Anesthesiologists afin de répondre à la question suivante : l’anesthésie a-t-elle un effet direct en soi sur l’horloge interne cérébrale?


Pour cela, les chercheurs ont mis en commun leurs compétences en modélisation animale des problématiques cliniques de l’anesthésie (Laure Pain/Inserm) et en chronobiologie (Etienne Challet/CNRS) grâce à la mise à disposition d’un nouvel équipement spécifique, le Chronobiotron (Unité d’expérimentation du CNRS destinée à l’étude des rythmes biologiques et à la manipulation des cycles lumineux et autres facteurs environnementaux. (Dirigé par Paul Pevet)

Les résultats sous presse dans Neuropsychopharmacology, montrent pour la première fois un effet direct sur le rythme circadien d’une anesthésie générale par le propofol. Cet anesthésique, utilisé en pratique courante chez les patients, induit une perturbation du rythme circadien chez le rat en décalant son horloge interne cérébrale. Une perturbation qui équivaut chez l’homme à un effet de type « jet-lag », par exemple décalage horaire engendré par un vol Paris-New-York.


"Chronobiotron",  c’est beau comme nom !

Il y a un petit côté Professeur Tournesol que j’aime bien

Mercredi 14 juin 2006 3 14 /06 /Juin /2006 23:35
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Véronique, Sophie et Françoise se relayent auprès de leur mère agonisante. Ces derniers jours sont particulièrement pénibles. Sous médicament il n'y a plus de souffrance, mais plus d'échange non plus. La mère s'en va doucement. Plus de temps pour la révolte. Il est temps qu'elle parte. Les filles se préparent à l'inéluctable. Et la mère meurt.  

Après les deniers préparatifs du corps, les filles tristes et fatiguées discutent sur l'organisation de la cérémonie. Un sanglot par moment s'étouffe entre deux silences. Il est tard. Il faudrait se coucher. Aucune d'entre elles n'a envie de mettre fin à cette journée. Ce matin leur mère était encore vivante. Ce soir elle est partie. Demain, elle sera définitivement morte.

 - Tu as sommeil? Dit Véronique.

 -Non,  répond Sophie.

 - Il nous faut dormir, ajoute Françoise.

 - On n’y arrivera jamais!

 Françoise, l'aînée, se souvient que leur mère prenait du Rohypnol.

 - Et si on prenait un des comprimés de Maman?

 -Très bonne idée! Répondent en coeur les deux autres.

 

Depuis... On ne l'a plus quitté(e?)...

  

Quinze ans plus tard, Françoise prend encore du Rohypnol, Sophie et Véronique prennent un autre somnifère...

Et pensent toujours à leur mère au moment du coucher.

 

 

 

Dimanche 21 mai 2006 7 21 /05 /Mai /2006 15:08
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