Par le Docteur Eric Mullens
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Bonne découverte, et attention! Pas d'abus ;o)
Les troubles du sommeil, même sans diagnostic psychiatrique associé, sont
prédictifs pour l'avenir de troubles de l'humeur.
Les jeunes adultes ayant eu des symptômes d'insomnie, d’hypersomnie, ou des deux, présentent au cours de leur vie un risque de développer une
dépression majeure multiplié par 10 ou par 20 par rapport à ceux qui n'ont pas eu de troubles du sommeil.
Dans une enquête réalisée auprès d’adolescents de 13 à 16 ans souffrant à la fois d'insomnie et de troubles psychiatriques, le début de l'insomnie a
habituellement précédé la dépression, alors que les troubles d'anxieux ont le plus souvent précédé l'insomnie, suggérant des associations distinctes. L'insomnie et
l'hypersomnie sont également associées au risque accru du début d’une dépression majeure ou d’un épisode maniaque.
Ce risque a été chiffré. Les sujets rapportant une insomnie à l’évaluation initiale sont 2 à 5,4 fois plus susceptibles que ceux sans insomnie à développer une dépression majeure au cours
de leur vie dans un suivi sur 3,5 à 34 ans. De la même façon, l’hypersomnie est associée à un risque accru multiplié par 3 dans le développement d’une dépression
majeure.
Ces études au long cours montrent également que la présence d’événements perturbateurs ou stressants dans les 4 mois précédents l’étude est également prédictif d’une augmentation du temps
d’éveil au cours du sommeil, mais seulement pour les sujets ayant des antécédents de dépression et non pas pour les contrôles en bonne
santé. Les femmes, qui ont un sommeil plus morcelé, ont également eu plus de dépressions autour du moment de l’accouchement.
L'insomnie et la fatigue sont les symptômes les plus fréquemment signalés avant un épisode de dépression récurrente. Dans environ la moitié
des nouveaux épisodes dépressifs et trois quart des épisodes maniaques (d’excitation), l'insomnie précède l'apparition des changements d'humeur. Chez un patient atteint de maladie bipolaire la
diminution ou l’augmentation de plus de 3 heures du temps de sommeil est fortement évocateur de l’apparition imminente d’un trouble de l’humeur.
Sleep and mood disorders
Sleep Medicine Reviews, Volume 1, Issue 1, November 1997, Pages 45-56
Ruth M. Benca, Masako Okawa, Makoto Uchiyama, Shigeru Ozaki, Toru Nakajima, Kayo Shibui, William H. Obermeyer
Parvenir à maintenir une température de 35,5°C sous la couette améliore très significativement le sommeil, pourvu que la température interne du corps
n'augmente pas et que celle de la chambre, c'est-à-dire celle de l'air qu'on respire, se situe entre 19 et 21°C.
Pendant le sommeil, la température à la surface de la peau (dans le lit) est d'environ 35°C, zone thermique de confort. Une expérience
réalisée aux Pays-Bas montre qu'il suffit d'augmenter cette température de seulement un demi degré pour que le sommeil soit de bien meilleure qualité,
pour tous mais surtout pour les personnes âgées, insomniaques ou pas. Ainsi, le sommeil lent est plus profond et sa
durée augmente (elle double chez les seniors) tandis que les éveils nocturnes diminuent, et que le réveil du matin est plus tardif.
Cette influence du "micro-climat" du lit sur le sommeil est très subtile. Sa température ne devrait en aucun cas descendre au-dessous de 33,5°C pour les jeunes adultes et 33,1°C pour les seniors. Les auteurs émettent d'ailleurs l'hypothèse que, chez ces derniers, la détérioration du sommeil serait souvent aggravée par une mauvaise perception des conditions thermiques optimales.
Intéressant, mais comment utiliser ces informations pour mieux dormir?
Dans l'expérience, les sujets portaient des combinaisons thermostatiques à circulation d'eau. En attendant les avancées technologiques qui
permettront de concevoir la couette ou le pyjama idéal, et sans se transformer en bibendum pour aller au lit, les auteurs proposent diverses solutions: un bain chaud avant le coucher, ou une
couverture chauffante qui prépare la température du lit… à débrancher absolument avant de s'endormir. En effet, pour les dispositifs électriques, attention aux bricolages, car hormis le réel
danger de surchauffe, le maintien d'une température cutanée au-dessus de 35,5°C produira un inconfort qui sera plutôt éveillant: effet inverse garanti !
Pour l'heure, les bouillottes de nos grand-mères peuvent être ressorties des placards !
Référence: Raymann RJ, Swaab DF, Van Someren EJ. Skin deep: enhanced sleep depth by cutaneous temperature manipulation. Brain 2008, 131: 500-513.
L’étude a évalué l’effet d’une exposition prolongée (3 heures) à des fréquences électromagnétiques de 884 Mz lors d’une communication par téléphone sans fil GSM.
On constate un effet de l'exposition réelle sur le sommeil qui débute une heure après l’exposition. Le temps mis pour atteindre le premier cycle de sommeil profond
(stade 3) est allongé. La quantité de stade 4 du sommeil profond est diminuée chez les sujets exposés. Les personnes qui
n’avaient pas comme symptôme initial des céphalées rapportent plus de maux de tête au cours de l'exposition réelle que les personnes soumises à la fausse exposition.
Les portables dangereux? Oui...
Et pas seulement pour le sommeil
Les résultats sont
intéressants. Regarder la télévision affecte significativement l’efficacité du sommeil, mais ne modifie pas la structure de celui-ci. Quant aux jeux vidéo, c’est une autre histoire… Non seulement
ils affectent l’efficacité du sommeil, mais ils réduisent le temps de sommeil lent aussi bien qu’ils baissent les performances mémorielles, en particulier verbales.
Les personnes prenant du Sildenafil – plus communément appelé Viagra – ne cherchent pas forcément à passer une bonne nuit de repos.
Nous avons rencontré l'un de ces voyageurs, Neo, qui semblerait être à l’origine de cette découverte.
Mais le temps lui sera compté. Tel un Cendrillon des temps modernes, il n’aura que très peu de temps pour assurer et convaincre la belle. C’est très important chez les hamsters d’assurer en toutes circonstances.
Diego est un scientifique, de retour à Buenos Air et avec son équipe menée par Agostino, ils publièrent une étude sur l’effet du Viagra sur les hamsters contre le jet lag dans les Annales de l'Académie nationale des Sciences. Grâce à Neo, tous les hamsters du monde partant à 6 heures de vol vers l’Est, verront leur décalage horaire maîtrisé en un rien de temps ! Et pour ceux qui vont vers l'Ouest, si le Viagra ne pourra rien pour eux, ils trouveront toujours à s'occuper.
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