Le Sommeil

 

Les éveils incomplets en cours de nuit sont l'occasion de troubles parfois impressionnants pour l'entourage. Très fréquents chez l'enfant ils diminuent à l'adolescence et sont rares chez l'adulte.

Ainsi chez l'enfant les terreurs nocturnes touchent 1 à 6% de la population, alors que le somnambulisme est beaucoup plus fréquent à 17%, avec une expression privilégiée entre 8 et 12 ans. Quand aux éveils confusionnels, ils  ont à peu près la même fréquence, de l'ordre de 17%.

Chez l'adolescent et chez l'adulte ces troubles sont nettement moins fréquents : 2.2% pour les terreurs nocturnes,  2% pour le somnambulisme, et 4.2%  pour les éveils confusionnels*.

  

 

 

  

Dangereux... Oui parfois!

Les somnambules ne sont pas toujours aussi adroits qu'on le dit!

(et toujours rien à voir avec les élections...)

 

* Selon une revue de la littérature réalisée avant le 6 mai 2007

Lundi 30 avril 2007 1 30 /04 /Avr /2007 23:46
- Par S.Royant-Parola - Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires

 Dimanche 25 mars, jour du changement d'heure!

Ce matin vous pouvez encore faire la grasse matinée, mais demain il faudra vous lever plus tôt! A 3  jours de la journée du sommeil dont le message sera qu'il faut dormir suffisament pour éviter fatigue et somnolence, nous sommes dans le paradoxe  complet en perdant une heure de sommeil ce week-end.

Histoire de vous délasser avant de vous réveiller complètement, laissez-vous aller à découvrir ce mur d'images sur le sommeil (cliquer sur chaque image pour voir la vidéo associée).

Bon dimanche, et mettez vos pendules à l'heure!

 

Dimanche 25 mars 2007 7 25 /03 /Mars /2007 08:59
- Par S.Royant-Parola - Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
 

 

Notre encore Ministre de la Santé et des Solidarités a vu juste en suivant les recommandations du rapport remis en décembre, et en annonçant une étude sur la sieste au travail afin de la promouvoir.

 

Une étude vient d'être publiée dans la revue Archives of Internal Medicine démontrant les effets bénéfiques de la sieste au travail. En effet, ceux qui ont la chance de pouvoir faire la sieste occasionnellement voient leur taux de mortalité résultant d'une maladie coronarienne chuter de 12%. Mieux encore, c'est de 37% que les individus faisant la sieste régulièrement, soit au moins trois fois par semaine, voient leur taux de mortalité baisser. Sont concernés par ces chiffres, les hommes actifs. En effet, l'étude n'a pas pu faire ressortir de résultats probants pour les femmes.

 

Les chercheurs de l'école de médecine de Harvard et de l'université de médecine d'Athènes, expliquent ces résultats par l'effet apaisant de la sieste. Celle-ci atténue le stress généré par le travail, une des causes principales de l'infarctus du myocarde. Stress qui entraîne également une baisse de l'activité physique et incite à manger et fumer plus.

 

À bon entendeur...

 

Mercredi 14 février 2007 3 14 /02 /Fév /2007 13:19
- Par Isabelle Hache - Ecrire un commentaire - Voir les 15 commentaires

Le sommeil du bébé est riche en sommeil paradoxal, le sommeil du rêve. Il occupe à la naissance 50% du temps de sommeil total. Le nom de « sommeil paradoxal » a été donné en 1959  par Michel Jouvet à ce drôle de sommeil qui ponctue nos nuits toutes les 90 minutes. Chez le nouveau-né  on parle de «sommeil agité » car il s’accompagne de mouvements : mimiques, secousses des bras ou des jambes.

 

En sommeil paradoxal, le cerveau du dormeur présente une activité neuronale aussi intense que le cerveau à l’éveil. Les muscles sont complètement relâchés, la respiration est irrégulière, les yeux sont animés de secousses rapides visibles sous les paupières. De petites secousses musculaires sont visibles sur le visage au niveau de la commissure des lèvres ou des sourcils. Les doigts présentent de petits tressautements. Quelque soit l’âge du dormeur il existe une érection des corps érectiles de la verge ou du clitoris.

Michel Jouvet a montré que chez le chat il y a au cours du sommeil paradoxal  répétition de comportements fondamentaux. Ainsi dans certaines conditions expérimentales où on l’on inactive une petite zone du cerveau, le locus coeruleus qui contrôle l’abolition du tonus musculaire, les chercheurs  ont observé des comportements complexes où le chat court après une souris imaginaire, fait mine d’attaquer une proie, semble se défende contre un agresseur, tout son comportement traduisait la colère ou la peur…

Chez le nouveau-né qui dort le visage est très expressif. On peut y voir des expressions de satisfaction, de plaisir (sourire aux anges tel que vous le verrez sur la vidéo), de colère ou d’étonnement. Le Dr Marie-Jo Challamel a analysé  1469 mimiques faciales  chez un seul nouveau-né normal. Elle y retrouve au cours du sommeil agité les six mimiques émotionnelles dites universelles: joie, tristesse, peur, dégoût, surprise et colère. D’après elle le nouveau-né, comme les chats de Jouvet, répéterait "à blanc" au cours du sommeil paradoxal les séquences motrices de ces comportements instinctifs. Ce serait en quelque sorte une « répétition » servant à la mise en place des outils de la future communication humaine. Ces mimiques disparaîtront d'ailleurs du sommeil lorsque le petit nourrisson sera capable de les utiliser à l'éveil.

Lundi 12 février 2007 1 12 /02 /Fév /2007 13:55
- Par S.Royant-Parola - Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Alors que les déprimés ne rêvent que de dormir pour oublier leur souffrance, une technique thérapeutique tout à fait efficace fait tout le contraire.
 

Priver de sommeil un déprimé est thérapeutique !
 
 

De surcroit ça marche plus vite que les autres techniques:

- les antidépresseurs mettent 2 à 4 semaines pour commencer à agir

- la psychothérapie nécessite au moins 3 mois

- alors que la privation de sommeil marche au bout de 24h….

 

Mais… Ca ne tient pas…. Il y a une rechute dès que la personne redort.
 
 

D’où l’idée de répéter les privations de sommeil comme l’a fait le Dr Francesco Benedetti de l’Hôpital San Raffaële à Milan. Sur une semaine il propose aux patients bipolaires 3 cycles de 36 heures de privation complète entrecoupée par des nuits de récupération. La photothérapie est utilisée en complément pendant ½ heure à 3 heures du matin au cours des nuits de privation et le matin entre 7 et 8h lorsque la personne a dormi à ses horaires habituels.
 

60 % des personnes sont améliorées par ce traitement.

 
Nous sommes loin de connaître les mécanismes exacts de la privation de sommeil mais il existe des modifications qui touchent les neuromédiateurs en particulier la dopamine et la sérotonine.
 
 
La morale de cette histoire est que le sommeil n’est  pas
toujours un bienfait !

Pour en savoir plus

Vendredi 9 février 2007 5 09 /02 /Fév /2007 21:46
- Par S.Royant-Parola - Ecrire un commentaire - Voir les 7 commentaires
Compte-rendu de la conférence de presse

 

A défaut de PNSS (Plan National Sommeil Santé) ou de PNSV (Plan National Sommeil & Vigilance), c'est un PAS (Programme d'Actions sur le Sommeil) que nous propose Xavier Bertrand, Ministre de la Santé et des Solidarités. C'est avec appréhension que nous avons assisté à la conférence de presse, tout en la considérant d'ores et déjà comme une avancée majeure pour le sommeil. Outre les journalistes, des médecins spécialistes du sommeil se sont déplacés, de Paris et de Province, pour prendre connaissance de ces mesures qui, par leur existence même, marquent un tournant dans la reconnaissance de la médecine du sommeil et du sommeil à part entière.

 

Une priorité de santé publique

Parce que le sommeil ne doit plus être banalisé, Xavier Bertrand souhaite réveiller les consciences, développer la prévention, mobiliser et donner les moyens et outils nécessaires aux professionnels de santé et aux chercheurs.
« Sujet de santé publique à part entière », « enjeu majeur de santé publique », « une véritable priorité de santé publique »... Le sommeil et ses troubles acquièrent enfin une reconnaissance institutionnelle au sein de la société, il n'est plus question de bien-être mais de santé. Près de 10 millions de Français seraient concernés par les troubles du sommeil. Or les bonnes pratiques, les mauvaises habitudes, les conséquences du bien et du mal dormir leur sont encore méconnues, comme pour de nombreux professionnels de santé. C'est ainsi que 68 millions de boîtes de somnifères sont consommées par an.
Plus souvent considéré comme une perte de temps, le sommeil perd sa fonction de déterminant de santé et d'indicateur de la qualité de vie. Il est temps d'en parler, d'informer, d'éduquer et de sensibiliser l'ensemble de la population pour comprendre et admettre qu'il n'est pas normal de mal dormir. Si le sommeil a des conséquences sur la santé, il peut aussi mettre en danger la vie de ceux qui en souffrent ainsi que celle d'autrui.

 


Le sommeil: une priorité de santé

 

Éducation et sensibilisation des jeunes dès la petite enfance

Au cours du premier semestre 2007, des affiches « Longues veillées, journées gâchées », des documents pédagogiques « Sommeil mon ami » et « Ouvrons l'œil sur le sommeil » vont être diffusés par l'intermédiaire des PMI, des CAF, des caisses d'assurance maladie et de l'UNAF afin de sensibiliser les parents mais aussi directement les jeunes sur l'importance du temps de sommeil adapté.
Dans la nouvelle convention cadre entre le Ministère de la Santé et le Ministère de l'Éducation Nationale, le sommeil est inscrit en bonne place afin que les médecins et infirmiers scolaires soient sensibilisés au sommeil de l'enfant. Des outils pédagogiques pour une sensibilisation des collégiens et lycéens aux effets du bruit sur le sommeil sont en cours d'élaboration avec la collaboration des ministères chargés de l'écologie et de la culture dans le cadre du plan national bruit.
A la rentrée 2008, les enseignants disposeront d'un Cdrom pédagogique portant sur le sommeil des enfants et des adolescents.
Dès la rentrée 2007/2008, les professionnels de l'éducation disposeront d'outils pédagogiques et d'une formation spécifique au sein des IUFM.
Une information sur le sommeil sera insérée dans les rubriques « conseils » du nouveau carnet de santé.

 


Pour le sommeil de l'enfant et de l'ado

 

Information et éducation de l'adulte

Dès aujourd'hui, il est possible de consulter le Passeport du sommeil et de tester sa somnolence avec le questionnaire d'Epworth sur le site du Ministère de la Santé.
L'assurance maladie va adresser, avant fin mars, à l'ensemble des assurés une documentation sur l'importance du sommeil et les règles du bien dormir.
Une grande campagne de communication débutera en juin, avec la mise à disposition d'un million d'exemplaires d'une documentation élaborée par l'INPES, disponibles dans les pharmacies et auprès des professionnels de santé. Des spots radios inciteront les Français à ne plus banaliser les troubles du sommeil et à en parler à leur médecin traitant.
De concert avec la délégation interministérielle à la sécurité routière, une campagne média sur le sommeil au volant sera lancée au même moment. Des actions en milieu scolaire et lors de l'apprentissage à la conduite seront également menées.
Ces démarches de prévention et de sensibilisation se poursuivront au premier semestre 2008 avec une nouvelle campagne de communication conduite par l'INPES.

 

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Somniferes et somnolence

 

Informer et former les professionnels de santé

En même temps que les assurés sociaux, les médecins généralistes recevront d'ici fin mars un courrier accompagné d'un document d'information sur le sommeil et la prise en charge de ses troubles.
Avant la fin de l'année 2007, les médecins généralistes, les pédiatres et les gériatres disposeront d'un document « Repère pour votre pratique » pour une aide au diagnostic des troubles du sommeil.
Dès cette année, le sommeil devient une priorité dans la FMC (Formation Médicale Continue) et sera intégré à la formation des étudiants en médecine.
300 000 exemplaires du « Guide de bonnes pratiques de soins » à l'usage des professionnels de santé intervenant en EPHAD et à domicile auprès des personnes âgées seront diffusés début mars 2007.
L'INPES réalisera 2 outils pédagogiques destinés aux médecins généralistes et aux pharmaciens qui s'adresseront aux femmes enceintes et aux adolescents avant la fin de l'année 2007.
La prise en charge des troubles du sommeil étant essentiellement pluridisciplinaire, le financement des réseaux ville-hôpital sur le sommeil sera prioritaire.

 

Ce sont près de 6 millions d'euros qui seront consacrés en 2007 et 2008
à l'information et à la formation sur le sommeil et ses troubles.

 

La prise en charge des maladies du sommeil

Une cartographie des structures de prise en charge des troubles du sommeil et un recensement de l'ensemble des équipes traitant ces troubles sera élaborée afin d'obtenir, d'ici la fin de l'année, un état des lieux précis du nombre et de la taille des structures à mettre en place pour répondre aux besoins.
À la fin de l'année 2007, chaque région devra disposer d'un centre de sommeil. 500 000 euros seront débloqués pour que la Champagne Ardennes et la Basse-Normandie aient chacune un centre de sommeil.
Eu égard au fort impact sur la croissance et le développement des plus jeunes, la priorité se posera sur la prise en charge de l'enfant avec une augmentation significative et la création de lits dédiés à l'exploration pédiatrique dans toutes les régions. Aujourd'hui, il existe seulement deux centres en France (Paris et Lyon) pour un total de 8 lits d'exploration pédiatrique dédiés.
Cette réorganisation géographique sur le territoire français impliquera une redéfinition des missions des centres d'exploration du sommeil et l'élaboration de référentiels communs.
Au cours du second semestre 2007, des recommandations sur la prescription de psychotropes chez les personnes âgées seront élaborées.

 

Des recommandations concernant ces mesures seront faites
par l'HAS (Haute Autorité de Santé) dès cette année.

 

La Carte de soins et d'urgence

Les personnes souffrant de SOAS (Syndrome Obstructif d'Apnée du Sommeil) disposeront dans les prochaines semaines d'une carte de soins et d'urgence à garder sur soi, informant les médecins qui pourraient avoir à les prendre en charge en cas d'urgence, des gestes conseillés et prohibés ainsi que des informations sur la maladie.
Afin d'améliorer le diagnostic et la prise en charge du SOAS, la recherche de ce syndrome figurera dans le bilan de santé de toute personne partant à la retraite et dans la consultation de prévention des personnes âgées.
Une plaquette d'information « Connaissez-vous le syndrome d'apnée du sommeil ? » sera adressée aux médecins généralistes et aux étudiants en médecine dans les mois qui viennent pour les inciter à un meilleur diagnostic de ce syndrome.
L'assurance maladie travaille sur une meilleure prise en charge financière des dispositifs d'avancée mandibulaire et de pression positive continue.
Concernant la narcolepsie, 5000 exemplaires d'une carte de soins et d'urgence, sur le même modèle que celle du SOAS, seront envoyés aux associations de patients, meilleurs relais auprès des malades.

 

Recherche et études

Dans le cadre de son Baromètre santé, l'INPES mènera cette année des études sur les comportements individuels face au sommeil. Les premiers résultats seront publiés au printemps 2007. Une autre étude est en cours et porte sur la représentation sociale des besoins de sommeil, sur la place donnée à celui-ci et à ses déterminants dans les habitudes de vie.
Afin de disposer de données chiffrées précises, l'InVS (Institut Veille Sommeil) mènera des enquêtes épidémiologiques sur les troubles du sommeil.
Des études cliniques seront menées sur la prise en charge de ces troubles et de leur conséquences sur la santé, sur les traitements médicamenteux prolongés ainsi que des essais cliniques sur les autres modalités de traitement.
Le thème du sommeil sera intégré en tant que prioritaire dans la circulaire du Programme Hospitalier de Recherche Clinique pour l'année 2007-2008. Environ 500 000 euros seront affectés à la recherche.

 

La sieste au travail

Des études scientifiques montrent qu'une sieste courte est bénéfique pour la vigilance et la sécurité au travail. Une expérimentation devrait être lancée avec des entreprises volontaires, afin d'obtenir des données sérieuses sur cette pratique, sur la manière dont elle est acceptée par les entreprises et perçue par les salariés, sur ses résultats concrets en terme de santé publique et d'organisation du travail. Des entreprises, notamment de transport, ont déjà instauré le système de la sieste en entreprise.

 

Parce que la question du sommeil ne peut être uniquement envisagée sous l'angle médical, mais qu'elle a aussi des causes sociales liées à l'évolution de nos modes de vie, la dynamique doit aussi être sociale et sociétale. Un comité de suivi sur le sommeil, chargé de rendre des avis, d'être force de proposition et de s'assurer que notre attention individuelle et collective ne décline plus, sera mis en place en cours d'année.

 

Mardi 30 janvier 2007 2 30 /01 /Jan /2007 00:07
- Par Isabelle Hache & Sylvie Royant-Parola - Ecrire un commentaire - Voir les 14 commentaires
Par Isabelle Hache & Jean-François d'Argent

 

Il y a cent ans l’homme dormait en moyenne neuf heures par jour. Aujourd’hui, il ne passerait plus que six à sept heures sur l’oreiller.
Essentiel à la qualité de la vie, le sommeil semble poser problème dans une société vouée à la productivité et à la performance et au sein de laquelle les révolutions technologiques modifient notre rapport au monde et à nous-mêmes.

 

Bien dormir c’est souvent pouvoir récupérer physiquement et psychiquement : le sommeil est essentiel au bon fonctionnement de l’organisme, permettant au système cérébral et au corps de se régénérer. Il est de plus en plus montré du doigt, considéré comme une perte de temps ou un acte de paresse...
 

On a estimé, il y a quelques années, qu’un être normalement constitué devait bénéficier en moyenne de huit heures et quart de sommeil chaque nuit pour être en forme. Mais la durée idéale de sommeil est celle qui permet à chacun de se sentir reposé et d’avoir un bon fonctionnement la journée. Elle varie, en fait, d’un individu à l’autre, la tendance étant tout de même à un raccourcissement du temps de sommeil quotidien. Selon les dernières études, le quart de la population française dort tout au plus six heures par jour. Aux Etats-Unis, la durée moyenne du sommeil serait en chute libre avec moins de six heures par jour.


 

 

Il est clair que les obligations professionnelles (3x8, horaires décalés, service 24h/24), le développement des nouvelles technologies, la consommation constante des mass media et les appels du pied quotidiens de la société des loisirs influent négativement sur notre rythme de sommeil, et du coup, sur notre équilibre biologique. Combien sommes-nous à sentir monter le coup de pompe durant une journée de travail classique ? Manque de vigilance, baisse des performances, manque de concentration, somnolence excessive… Près de 70 % des travailleurs postés disent avoir des problèmes de sommeil et souffrir de phénomènes proches du décalage horaire. L’absentéisme lié au manque de sommeil concernerait 8% des actifs en France.


L’enquête SOFRES-ISV de 2004 révèle que sept personnes sur dix ressentent des périodes de somnolence dans la journée, 6 % disent qu’il leur arrive de somnoler au volant. Presque du quart de la population française serait sujet aux endormissements involontaires pathologiques ; le tiers de ces individus pouvant être considéré comme atteint de somnolence sévère.

 

Une société qui souffre de son manque de sommeil

 

Outre la fatigue, le manque ou la privation de sommeil entrainent souvent la somnolence excessive responsable, par exemple, de 20 % des accidents de la route. Sur les 2,5 millions de personnes concernées - soit 8 % des Français, tous les âges se retrouvent. Les jeunes semblent cependant plus fragiles face à la privation de sommeil : en 30 ans, ils ont perdu deux heures de sommeil par jour.



Les méfaits d’un manque de sommeil peuvent se traduire par la dépression, l’irritabilité accrue, l’instabilité psychomotrice ou la perte d’attention et de concentration. Certains jeunes éprouveraient même du mal à assumer leurs actes. Une étude menée en 2005 auprès de 520 collégiens en classe de Sixième a montré que l’altération des résultats scolaires pouvant conduire à l’échec scolaire était souvent liée au manque de sommeil.


Des répercussions graves


Les chiffres récents qui figurent dans le rapport remis en 2006 à Xavier Bertrand, ministre de la Santé, sont inquiétants... 50 % des Français se plaignent de leur sommeil. Un tiers souffrirait d’insomnies liées à un état de stress et d’anxiété fort. 10 % des personnes souffrant de troubles du sommeil prendraient des médicaments pour dormir. L’étude TNS Healthcare révèle que plus du quart de la population française souffre de troubles du sommeil, 45 % des actifs français disent manquer d’énergie et de dynamisme au travail et que 29 % ont des problèmes de concentration dans leurs activités professionnelles.

Lire la suite de l'article >>

Ces chiffres ne surprennent guère si nous considérons le fait que 25 % des Français dorment moins de six heures par jour.

 

La privation de sommeil est grandissante en France. Elle trouve son explication dans nos modes de vie et de travail. Les conséquences sur la santé peuvent être dramatiques, sans pour autant nous inciter à changer notre rythme quotidien. Le manque de sommeil constitue un risque accru dans le développement de pathologies lourdes comme l’infarctus, l’hypertension artérielle, la prise de poids, l’obésité, la dépression et même le diabète.



Une cause majeure de santé publique


Le Dr Eve Van Cauter a réalisé une étude sur le diabète en 2001 à Philadelphie, aux Etats-Unis. Elle a pu établir que le manque, les troubles du sommeil et l’insomnie limiteraient de 30 % la capacité de l’organisme à métaboliser le sucre dans le sang entraînant une baisse de la sécrétion d’insuline. Cela aurait également des répercussions sur la prise de poids excessive et l’obésité, problèmes de santé majeure pour les Américains.


Le manque de sommeil engendrerait un vieillissement prématuré. En dormant seulement quatre heures par nuit pendant six nuits consécutives, un jeune de 20 ans présenterait les mêmes caractéristiques physiologiques qu’un individu de 60 ans. Le Dr Eve Van Cauter a montré notamment que la production de cortisol, hormones du stress, grimpait rapidement, causant hypertension et perte de mémoire.

 

Un impact économique exorbitant

 

Le rapport remis à Xavier Bertrand souligne encore l’absence ou le manque de formation des médecins sur les problématiques du sommeil ; des délais de prise en charge très ou trop longs (il faut un délai de 11 ans entre le premier symptôme et le diagnostic d'une narcolepsie !), le manque d’information du grand public sur le sommeil et ses troubles. Il met aussi en lumière la non-reconnaissance de la part de la santé publique du caractère indispensable du sommeil. Ce qui tendrait à expliquer en partie qu’en France : 77 % des personnes souffrant de troubles du sommeil ne sont pas prises en charge ; 85 % des troubles ne sont jamais diagnostiqués ; et 75 % des narcoleptiques ne sont pas médicalement pris en charge.

 

Le déficit de sommeil représente un coût global considérable pour l’économie d’un état. Il avoisinerait les 100 milliards de dollars chaque année aux Etats-Unis dont presque la moitié est directement imputable à des accidents liés aux troubles du sommeil. En France, seule une personne sur cinq est traitée pour troubles du sommeil. Entre absentéisme (5 semaines d’arrêts de travail supplémentaires pour un individu souffrant du syndrome d’apnées du sommeil), chute de la productivité et de la performance, baisse de la vigilance engendrant des accidents au travail et sur la route, augmentation du nombre de personnes souffrant de troubles du sommeil (plus de 80 maladies s’y rattachent), la France est en train d’emprunter le même chemin que les Etats-Unis. On sait, par exemple, que le coût direct imputé à l’insomnie chronique représentait 1,55 milliards d’euros en 1999. Il faut savoir, aussi, que les personnes souffrant d’insomnie sévère consultent deux fois plus leur médecin, sont plus souvent hospitalisées et consomment 2,6 fois plus de médicaments. Les maladies du sommeil non-prises en charge peuvent engendrer des coûts sociétaux très lourds avec notamment des accidents vasculaires cérébraux, de l’hypertension et des dépressions quelles que soient les tranches d’âges. Les troubles du sommeil sont l’une des causes principales de l’institutionnalisation des personnes âgées.


Il est évident que l’homme moderne dort peu et dormira sans doute encore moins dans les années à venir. Le sommeil est désormais un enjeu et mérite qu’on lui accorde une attention toute particulière. Il nous semble important de l’inscrire comme une cause majeure de santé publique.

 

Un grand merci à Jean-François (Jef) d'Argent !
Jef est concepteur rédacteur indépendant, la passion de l'écriture l'a mené en d'autres temps vers le journalisme, poète à ses heures, il pose un regard critique sur le monde qui nous entoure et sur tout ce qui le passionne...

Découvrez son site : Moklé
http://www.mokle.net

 

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Mardi 23 janvier 2007 2 23 /01 /Jan /2007 16:30
- Par Isabelle Hache - Ecrire un commentaire - Voir les 16 commentaires
Par le Docteur Claude Gronfier

 

 

 Marrant... Ce nom m'évoque aussi quelque chose...

Le jeudi 7 décembre 2006 s'est déroulée à Paris une conférence sur « Bien gérer son sommeil - Sommeil et luminothérapie » organisée par Philips et Kiria.

 

Le Docteur Claude Gronfier, Chercheur à l’INSERM et Chronobiologiste, est intervenu sur le thème « Sommeil et luminothérapie ».

 

Intervention du Dr Claude Gronfier

 

 

Jeudi 18 janvier 2007 4 18 /01 /Jan /2007 10:41
- Par Isabelle Hache - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Par le Docteur Sylvie Royant-Parola

 

 

 Marrant... Ce nom m'évoque quelque chose...

Le jeudi 7 décembre 2006 s'est déroulée à Paris une conférence sur « Bien gérer son sommeil - Sommeil et luminothérapie » organisée par Philips et Kiria.

 

Notre maîtresse des lieux était présente et vous livre ici le contenu de son intervention.

 

Intervention du Dr Sylvie Royant-Parola

 

Le Docteur Claude Gronfier est également intervenu sur le thème « sommeil et luminothérapie », mais ce sera pour un prochain article. Quelques interviews d'Albi sont encore dans les tiroirs...

 

Mercredi 10 janvier 2007 3 10 /01 /Jan /2007 00:00
- Par Isabelle Hache - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Qui ne s'est jamais réveillé tout juste endormi, ou en plein sommeil avec la sensation d'étouffer au moins une fois dans sa vie ? Trop mangé, trop bu, rhume asphyxiant, bronchite aigüe, allergie? Les causes occasionnelles en sont multiples. Mais quid de la sensation répétée régulièrement toutes les nuits ou presque toutes les nuits ? C'est souvent ressenti par la personne, mais parfois c'est l'entourage qui s'inquiète : « réveille-toi, tu es en train de t'étouffer ! ».
 
Plusieurs causes peuvent être responsables :
 
- les apnées du sommeil, c'est celle qu'on évoque (à tort !) en premier, celle qui fait peur avec le fantasme de s'arrêter tout d'un coup de respirer pour toujours ! Rarissime ! Les apnées sont exceptionnellement ressenties par la personne, au contraire, elle a le plus souvent le sentiment de dormir, et c'est l'autre, celui ou celle qui est à côté qui s'inquiète ! En effet la respiration est ponctuée de blocages respiratoires de 10 secondes ou plus (parfois 45 secondes ou une minute) ce qui est toujours très impressionnant. L'alcool, certains médicaments sédatifs comme les somnifères, un repas trop copieux, une prise de poids rapide sont connus pour favoriser les apnées au cours de la nuit. Le ronflement est en général toujours présent. La personne est fatiguée ou somnolente dans la journée.
 
- Le reflux gastro-oesophagien, terme barbare pour désigner la remontée acide de liquide gastrique dans la bouche, ce qui est très désagréable à la fois en raison du goût et de la sensation pénible de se noyer en cas de régurgitation importante. Une toux vient généralement ponctuer l'arrivée impromptue du liquide dans la gorge. La personne se réveille et a parfois du mal à se rendormir. Parfois les personnes qui ont ce problème ne comprennent pas pourquoi elles toussent toutes les nuits. Leur voix est souvent modifiée car le liquide gastrique irrite en passant les cordes vocales. La cause du reflux est très mécanique : à l'origine il y a souvent une hernie hiatale, c'est-à-dire que la partie haute de l'estomac remonte dans le thorax, au dessus du muscle du diaphragme qui sépare la cage thoracique, de l'abdomen. De ce fait, le contenu liquide de l'estomac n'est plus correctement contenu et a tendance à remonter vers la bouche si la personne se penche vers l'avant (pour lacer ses chaussures par exemple) ou se couche, d'où les problèmes lors du sommeil.
 
- les équivalents d'angoisse. En fait se sont des éveils brutaux accompagnés par la sensation de ne plus respirer et de ne pas pouvoir respirer (pendant quelques secondes et alors qu'on est réveillé !), terriblement angoissant. Il y a généralement un contexte de stress, professionnel, personnel ou de traumatisme psychologique grave (un accident, un décès, un viol). Ce sont de véritables attaques de panique nocturne.
 
Dans tous les cas il faudra une consultation et le plus souvent des examens pour comprendre ce qui se passe. Et des traitements existent, donc parlez-en à votre médecin!
 
Dimanche 7 janvier 2007 7 07 /01 /Jan /2007 10:18
- Par S.Royant-Parola - Ecrire un commentaire - Voir les 7 commentaires
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