Un vécu difficile…
Lutter contre le sommeil en permanence. Ne pas arriver à suivre le rythme des autres. Vivre des
expériences curieuses (parfois bizarres !). Être trop sensible aux émotions… Et mal dormir la nuit (c’est le
comble !). Voici le quotidien du narcoleptique !
Cette maladie est encore appelée maladie de Gélineau. Elle débute le plus souvent à l’adolescence mais existe aussi chez
le petit enfant. Son début est toujours déroutant, le plus souvent par la somnolence et les accès de sommeil. Déroutant car la personne ne comprend pas ce qui lui arrive. Pourquoi
cette torpeur, cette fatigue qui la met en marge et suscite des moqueries et un certain agacement chez les autres. Bien souvent la gêne est minimisée, non reconnue comme pathologique. Il faut 8
ans en moyenne pour que le diagnostic soit établi !
A l’école ou au travail, la réaction de l’entourage est en général négative. L’incompréhension est de mise. Le narcoleptique est vécu comme un paresseux et tire au flanc.
Lorsque des cataplexies existent (ce sont des chutes brutales du tonus musculaire déclenchées par les émotions et particulièrement par le rire, qui provoquent des chutes, ou des
maladresses), le diagnostic est plus évident et l’entourage est nettement plus inquiet. Parfois ces accès de cataplexie sont particulièrement invalidants lorsqu’ils se répètent plusieurs fois par
jour, ou se produisent dans la rue. Les erreurs diagnostiques sont alors fréquentes car la personne tombe par terre et ne peut plus bouger. On imagine alors les réactions. Appel du Samu,
arrivée aux urgences, examens pratiqués à la recherche d’une épilepsie, de troubles cardiaques, d’un diabète.. . Bref ! D’un bilan parfois pénible. Mais ce peut être l’inverse,
l’arrivée aux urgences est concomitante de la fin de l’accès, et le narcoleptique qui se sent alors très bien, se fait traiter de simulateur par le
médecin des urgences.
Dur, dur !
Des expériences très troublantes peuvent survenir au moment des fluctuations de la vigilance (au coucher, en cas d’éveil dans la nuit, ou parfois d’une baisse de vigilance dans la journée). Le
narcoleptique peut avoir des hallucinations hypnagogiques qui se traduisent par des hallucinations visuelles ou auditives, avec souvent des sensations corporelles désagréables, sur la peau (peau qui se cartonne ou se durcie…), de corps très lourd…Ces hallucinations sont très vivaces et dérangeantes, souvent désagréables. Le
narcoleptique hésite à en parler de peur de passer pour fou.
Parfois le narcoleptique fait l’expérience de paralysies du sommeil. Très angoissantes ces paralysies peuvent durer de
une à plusieurs minutes avec la sensation de ne pas pouvoir parler, ni bouger, alors que la personne se sent réveillée.
Les hallucinations hypnagogiques et les paralysies du sommeil correspondent en fait à l’irruption d’un épisode de sommeil
paradoxal en plein éveil (ou d’un éveil incomplet au cours d’un épisode de sommeil paradoxal) ce qui explique la présence d’un rêve (les hallucinations) et d’une paralysie (l’atonie musculaire du
sommeil paradoxal).
Ce ne sont donc pas des expériences qui ont un caractère alarmant, mais elles peuvent être très pénibles à
vivre!
Samedi 17 septembre 2005
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Par Kant
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